24. L'orage après la tempête

5.6K 639 92
                                        

Je suis brusquement réveillée par la vilaine truie d'à côté. Et oui ! Encore !!! Un vrai lapin ce Duval, c'est incroyable ! Mais ils ne dorment jamais bordel ?! Je regarde mon téléphone pour voir l'heure qu'il est : 5h48 ! Nan mais merde quoi ! Ils pourraient au moins attendre que le jour soit complètement levé ! Comment passer une bonne journée maintenant après un réveil en fanfare pareil ?! Déjà qu'ils ont dû cesser leur vacarme il y a moins de trois heures, franchement, ça fait chier là !

Et non, ce n'est toujours pas de la jalousie !

— Merde, ils sont sérieux ? demande Eliott la tête sous la couette, la voix endormie.

— Apparemment, dis-je en soufflant de désespoir. Faut croire que le mot "dormir" leur est inconnu.

— Va falloir qu'on les calme Princesse. Je ne vais pas tenir une semaine comme ça, affirme-t-il en sortant de sa cachette.

— Ah toi aussi ça t'agace ? Heureuse de l'entendre !

— Agacer n'est pas le mot. Frustrer oui. Tu sais depuis combien de temps j'ai pas bai-

— Stop ! Je vois qu'on ne se comprend pas une fois de plus, dis-je avant qu'il ne parte en vrille.

— Désolé d'être honnête ma belle, mais tu ne sais pas à quel point c'est... dur... d'essayer de dormir à côté de toi, fait-il l'air séducteur.

— Oh t'es dégueulasse ! râlé-je en me levant brusquement du lit. Ce soir, tu dors par terre !

Je commence à en avoir ras le berret de ses allusions à celui-là ! Je me contiens avec du mal pour ne pas lui sauter dessus. Oui j'avoue, il y a des moments où ça me traverse l'esprit ! A ma place, vous feriez quoi vous ? J'ai dit que je n'étais pas là pour ça !!!

— Ne bouge surtout pas, fait-il d'un coup.

Je me mets à regarder partout autour de moi tout en le questionnant, un brin paniquée :

— Quoi ? Quoi ? Quoi ?! J'ai quoi putain ? Merde Eliott réponds ! Une araignée ? Je déteste les araignées ! m'excité-je.

Par pitié non ! Pas une araignée...

— Oh non t'as rien, dit-il serein les bras croisés derrière la tête. C'est juste que ton débardeur est blanc et t'es pile poil dans la bonne lumière pour que je vois tout, lance-t-il avec un clin d'oeil. T'as pas fermé le volet, s'amuse-t-il.

J'ai le réflexe de croiser mes bras sur ma poitrine et de filer tout droit la salle de bain.

— T'es vraiment qu'un pervers Mancini ! Faut te faire soigner !

Nan mais qu'est-ce qu'il peut être lourd à la fin ! Il va m'avoir à l'usure l'escort boy ! Je refuse de céder !!!

— Oh oui Princesse Milah ! Viens me faire une ordonnance !

Mais ce qu'il est con ! Il est con, il est con, il est con ! Mais bon, enfermée dans la salle de bain, j'arrive quand même à en rire. C'est un con gentil, alors ça va. J'enfile mon gilet accroché au porte manteau derrière la porte et ressors une fois couverte. Voilà qui devrait calmer les ardeurs de Monsieur.

— Alors ? T'as un plan pour les calmer ou non ? demandé-je.

— Peut-être bien, fait-il charmeur. Mais pas sûr qu'il te plaise. Et je doute de ta capacité à exécuter ce que j'ai en tête, me nargue-t-il.

Putain, le truc qu'il ne fallait pas dire !

J'avance jusqu'à lui en le fusillant du regard, déterminée.

— Ne doute, jamais, de mes, capacités, Escort Boy, dis-je strictement en pointant mon doigt sur sa poitrine à chacun de mes mots.

— Parfait, c'est tout à fait ce que je voulais entendre.

Le petit con !

— Alors ? Je t'écoute...

— Bien, le seul moyen de les calmer et de leur faire comprendre qu'ils font profiter tout le monde de leurs activités, c'est de faire plus de bruit qu'eux... en les imitant.

C'est fier comme un coq qu'il me sort sa réponse, amusé par la tronche que je dois faire.

— Pardon ? Tu veux que je glousse comme une vieille pintade ? C'est hors de question ! affirmé-je.

— Oh tout de suite ! Pourquoi tu te braques ?

— Je ne vais pas me rabaisser comme ça c'est tout.

— Bon OK, tant pis. Moi qui croyais que tu étais une femme forte, déterminée, prête à tout...Je suis déçu.

Je réitère : petit con !

Il fait son air boudeur tout à fait charmant. Merde, je vais céder...

— Bon d'accord ça va ! Je vais le faire, t'es content ?! pesté-je.

— Ravi est plus juste, déclare Eliott en me faisant profiter de son large et beau sourire. Prête ? demande-t-il en se dirigeant vers le mur mitoyen de nos deux chambres.

— Tu vas où ? fais-je surprise.

— Ah bah j'ai dit : encore plus de bruit qu'eux. Je vais taper dans le mur pendant que tu hurles de bonheur, annonce-t-il comme s'il me parlait du dernier film qu'il venait de voir.

— Oh mon Dieu, la honte, dis-je en secouant la tête entre mes mains.

Ça ne va pas être possible ça ! Il a raison, je suis totalement coincée ! En même temps, il n'a pas tout à fait tort. Si ça peut les calmer... #mitigée.

Bon allez ! Je peux le faire ! Je sais "hurler de bonheur" bordel ! Bon j'avoue, avec mon dernier mec, je savais très bien faire semblant. Mais là, je trouve ça trop bizarre de faire ça avec lui. Bon d'accord, c'est pour de faux, je reste habillée et je n'ai même pas besoin de le toucher, mais quand même. C'est assez intime, personnel quoi. Et tellement malaisant. J'vais mourir !

J'avais pas dit que la honte ne tuait pas ?

Et merde !

— Et surjoue à mort Princesse, chuchote-t-il prêt à bombarder le mur avec ses

poings.

Tout pour m'encourager dit donc ! J'te remercie pas Escort Boy !

Bon, quand faut y aller, faut y aller...

J'avais parlé d'Oscar aussi, non ? 

J'avais parlé d'Oscar aussi, non ? 

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

Pdv d'Eliott juste après 😉

L'IMPOSTUREDes histoires addictives. Découvrez maintenant