11. Vanessa en chaleur

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Je reviens  d'une visite en ville en fin d'après-midi. J'ai à peine le temps de poser un talon dans l'agence que Vanessa me bondit dessus telle une sauterelle sur un brin d'herbe. Merde, j’ai pas la foi de me la farcir là !

— Y'a un mec qui t'a appelé tout à l'heure ! dit-elle curieuse et prenant mon bras.

Bat les pattes ! Vade retro satanas ! Fuyez devant cette ignoble créature !!!!!

Ok, j’abuse un peu…

— Et ? La clientèle n'est pas exclusivement féminine que je sache, balancé-je en virant sa main de mon bras et allant vers mon bureau.

— Il a dit que c'était ton mec, affirme-t-elle en posant son gros cul moulé sur mon bureau.

Merde !

Je regarde mon portable qui s'est encore foutu en mode avion tout seul. Putain, ce que ça me saoule ! 13 appels manqués d’Eliott. Fait chier ! Pourquoi il a appelé là lui aussi ? Peut-être qu'il a un problème… Roh, merde, j'espère que tout va bien ! Qu’il ne doit pas annuler notre contrat ! Qu’il n’a pas eu le coup de foudre et décidé de tout plaquer !

Stoooop ! On s'arrête, on respire…

— Il t'a dit ce qu'il voulait ? demandé-je en tentant de masquer mon embarras.

— Il était inquiet que tu ne décroches pas ton portable. Je lui ai dit que tu étais en rendez-vous. Il a une voix trop sexy ! s’extasie la pétasse.

Mouais… pas fait gaffe… j'aime surtout ses fossettes à vrai dire. #mytho.

— Merci, je suis au courant, affirmé-je fièrement.

— Je lui ai dit de réessayer plus tard, que tu serais rentrée dans l'heure. 

Je regarde sa tête de bouffonne en chaleur et j’ai une furieuse envie de la tarter. Ce n'est pas mon genre, mais c'est devenu physique, je ne peux plus me la voir ! Le son de sa voix me hérisse les poils, sa démarche m’horripile, ses réflexions me déconcertent. Bref, je-ne-peux-plus.

— C'est trop aimable. Excuse-moi, j'ai un coup de fil à passer, dis-je en m’échappant.

La connasse, elle bave déjà alors qu'elle ne l'a même pas vu. Les vacances s’annoncent bien… Je crois que je vais avoir plus de soucis à me faire que prévu.
Je sors de l'agence avec mon portable et appelle Eliott. Il répond presque immédiatement alors que j'entame des va et vient devant la vitrine de Come Home.

Qui ne fait pas des tours sur lui-même lorsqu'il est au téléphone ?

Tel un poisson dans son bocal, j’avance en rond comme une couillonne.

— Tu sais que t'es flippante comme meuf ? dit-il en décrochant.

— Bonjour à toi aussi. Désolée, j'étais en rendez-vous. Mais t'as eu le plaisir de faire la connaissance de Vanessa, me moqué-je.

— Tu parles ! Elle pue la chatte en chaleur cette fille !

Je pouffe de rire toute seule sur mon trottoir. Il a tellement raison. Elle a dû envoyer la sauce pour qu'il déballe ainsi.

— Tu veux faire comment pour dimanche ? On doit être à la gare à 10h. Mais il faudrait qu'on arrive ensemble.

— Bah attends j'arrive, on en parle après.

— T'arrives où ? Qu'est-ce que tu dis ? Eliott ?

— Là…

Je sursaute alors que mon corps est brutalement retourné. Je me retrouve alors dans les bras musclés de mon futur faux mec qui me roule une méga pelle devant les baies vitrées de Come Home.  J'hésite un instant à le repousser. Mais je vais me faire griller avant même que le contrat ait commencé. Et puis, faut se l'avouer, c'est qu'il se débrouille bien le petit Eliott. Oh allez, il n’y a pas de mal a profiter deux minutes ! Allez go, go, goooooo !!!

— Je vois qu'on est sur la même longueur d’onde, murmure-t-il contre mes lèvres encore sensibles. J'avais peur que tu me jettes devant les autres.

— Bah en fait… j'ai un peu hésité quand même, ris-je. J'ai rangé la coincée sous le bureau.

— À la bonne heure. Tu sais que tu peux raccrocher ton téléphone Princesse…

— La ferme, chuchoté-je contre sa bouche.  Rendez-vous dimanche à 9h00 chez moi. On partira ensemble. Et je ne m'appelle toujours pas Princesse.

— Tu préfères Coincée ?

— Ta gueule. Allez dégage, dis-je en souriant. Va travailler Escort Boy.

Il dépose rapidement ses lèvres sur les miennes et me tape gentiment les fesses avant de se barrer. Mais quel couillon !

Je retourne à l'intérieur et surprends Vanessa en flagrant délit d'espionnage.

— Un problème ? dis-je. Tu mates ton reflet dans la caisse d'en face ou quoi ?

— C'est lui ton mec ? demande-t-elle ahurie.

— Oh lui ? Naaan ! C'était juste un mec sur le trottoir ! J'adore galocher les inconnus, ça m'excite ! lui balancé-je au visage, retenant mon sourire.

Mon Dieu ce qu'elle est conne ! Cette fille me fait d'ailleurs penser à une chanson qui est passée en boucle à une époque : 

“ Poto j’déconne, ouais j’déconne
Oh la la qu’est-c’qu’elle est bonne
Mais qu’est-c’quelle est conne
Qu’est-c’qu’elle est coooonne “.

Merci Marwa Loud pour cette belle description de la pétasse de service. Vanessa reste bouche bée face à ma réplique et repart vexée à son bureau. Bouffe ça connasse !

C'est assez satisfaisant de la mettre en pétard d'ailleurs. J'ai si hâte de voir la tronche de Jérémie… Je jubile d'avance !

 J'ai si hâte de voir la tronche de Jérémie… Je jubile d'avance !

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Ah Marwa Loud et toute sa poésie me manquent 😅
A très vite 😘

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