38. Rando, moustiques et coups de soleil

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Le réveil sonne et j'ai franchement du mal à ouvrir les yeux pour lui faire fermer son clapet. Je sais qu'il faut qu'on se lève mais avec la journée d'hier, sans parler de la nuit, je ne suis plus bonne à rien aujourd'hui. Mais il va falloir que je me bouge le cul et éteigne ce putain de réveil ou ça va chier. Duval a bien insisté hier soir : zéro retard, ou le bateau partira sans nous. Aujourd'hui, c'est Porquerolles ! Départ de Giens à 9h00 pétante et retour à 18h00. Le temps de se préparer, d'aller prendre le petit déjeuner et d'aller jusqu'à Giens, autant dire que j'ai plutôt intérêt à lever mes fesses de ce lit et vite ! Allez ! GO !!!

Je fais rapidement un "état des lieux" de l'organisation dans ma tête :

7h00 : on éteint le réveil.

7h00/7h30 : on se prépare.

7h45 : petit déj'.

8h20 : on se casse.

— Eliott, réveille-toi, dis-je doucement.

— Hum... Vas-y, dis leur qu'on est malade ou autre chose... Je suis mort, annonce-t-il les yeux fermés.

— J'aimerais bien, mais Duval va nous chier une horloge si on ne vient pas...

— Putain, lâche-t-il la tête sous la couette.

Lors du petit déj', il y a clairement deux ambiances bien distinctes. Jérémie qui boude et Vanessa qui tente de lui lécher le cul sans succès, et d'un autre côté, nous six. Ce séjour nous aura rapproché, c'était le but finalement. Je ne pensais pas que j'allais autant apprécier tout le monde en dehors du travail. Je dois bien l'avouer, je les aime bien. Même Hélène et ses cours sur les champignons trois fois par jour. Sofia aussi je l'aime bien, elle est tellement loin d'être comme Vanessa. Je pense sincèrement garder contact avec elle lorsque nous serons rentrés.

***

Enfin descendu du bateau, nos sacs sur le dos, je remercie Vanessa de ne pas avoir vomi ce coup-ci. Bon, tout comme le train, le bateau, elle n'a pas trop kiffé. C'est dingue ce que cette fille à l'estomac fragile. Manque de bol pour elle, en plus il y a du vent aujourd'hui et ça a tangué sévère pour arriver sur l'île. Même si on ne parle pas de "vagues" en Méditerranée, la mer bouge pas mal quand même en cas de Mistral.

Enfin bref, Jérémie voulait louer des vélos pour la randonnée, alors que la majorité a préféré rester à pied. Pédaler là tout de suite, non merci. Il paraît que ce n'est pas trop plat comme rando en plus alors bon... Du coup, c'est parti pour une journée de balade en plein soleil.

Le coin est vraiment sympa d'ailleurs. Enfoncée dans la forêt sur un sentier, j'admire la vue. C'est clair que ça n'a rien à voir avec Créteil et ça fait tellement de bien. Sentir la chaleur sur la peau, une chaleur différente de celle qu'on connaît en région parisienne, ça me donne l'impression de voyager.

Ça fait maintenant des heures que nous marchons et je suis au bout du rouleau. À ce stade, par cette chaleur étouffante, ça devient de la torture, rien de moins. Les premières minutes, j'étais heureuse de profiter du soleil et du paysage. Mais là, après des heures, je n'éprouve plus aucun plaisir à être là. Je dégouline, je crame et en plus, je me suis faite bouffer par les moustiques. Résultat, je dois être rouge comme une tomate farcie, en sueur et pleine de piqûres. La grande classe ! Mais toujours plus classe que Pouffiassa qui se met à brailler comme un vieux corbeau dès qu'elle croise une bestiole. Et le meilleur, c'est qu'en même temps de crier, elle court la folle.

Enfin elle court, c'est vite dit. Je dirai plus : elle bat des jambes et ondule des bras. Si seulement elle pouvait se jeter de la falaise et tenter un : "I believe I can fly". Mais non, elle est toujours là. Sans cesse à nous coller comme un chewing-gum sous les godasses.

L'IMPOSTUREDes histoires addictives. Découvrez maintenant