17. Le concerto

5.5K 631 88
                                        


Eh bah putain, si on m’avait dit que ça serait la carnage à peine dans la chambre…

Bordel ! Ça doit faire dix minutes que je dois supporter les gémissements disproportionnés de l'autre dinde dans la chambre d'à côté. Vanessa est prête pour les nouveaux épisodes “D'une saison au zoo". Putain je suis en train de vriller toute seule dans la chambre, en écoutant les “ Jérémie !  “ qui jaillissent de derrière la cloison.

Et ça n'est toujours pas de la jalousie ! Juste l’agacement du non respect des autres !

Bon, tout problème a sa solution comme on dit. Problème : la bête enragée, la solution : faire encore plus de bruit pour masquer tout son bordel.

Musique ! Il faut de la musique !

Je chope la télécommande posée sur la commode et allume la télé. Je me fous sûr sur une chaîne avec des clips et monte le volume à mort jusqu'à m’en faire exploser les oreilles.

“Moi, je veux une Parisienne, Parisienne
Qui traverse au feu vert, qui s'en fout d'la tour Eiffel”
(Gims)


Qui traverse au feu vert, qui s'en fout d'la tour Eiffel !

Je me déhanche, les yeux fermés et couvre les voix de la télévision ainsi que les bruits d'animaux d'à côté. Oh putain ça fait du bien de ne plus les entendre !

Parisienneuh ! continué-je.

Avec bonheur, je me rends compte à la fin de la chanson que le silence est revenu. J'inspire un grand coup et affiche un sourire satisfait, sauf qu'un affreux miaulement résonne à nouveau juste à côté. Putain ! J’expire bruyamment et rouvre les yeux, trouvant Eliott debout face à moi, son sourire bien affiché, avec une serviette autour de la taille, le torse mouillé et les cheveux qui dégoulinent sur son visage.

— Pourquoi tu te marres ? dis-je agacée par l'autre bouffonne de palier qui entame un nouveau concerto.

— C'était très intéressant ta façon de danser, se moque-t-il. Très... sensuel, finit-il par ajouter.

C'est ça ouais… Fous toi bien de ma tronche…

— Je t'emmerde, tu sais ça ? T'as pas fini de te foutre de ma gueule ? Vous m'avez tous gonflée ! râlé-je en me jetant sur le lit.

— Ce sont les bruitages de films porno qui te mettent dans cet état Princesse ? demande Eliott en venant doucement vers moi.

Il grimpe sur le lit et se glisse sur moi, presque à poil. Ouh… Son corps parallèle au mien et collé comme jamais, je suffoque. Fait chaud là…

— Bah ouais ça me gave, peiné-je à dire. Ils ne sont pas tout seuls ici…

— T'es jalouse ma belle ? fait-il en murmurant contre ma joue.

— N'importe quoi ! Jalouse d’elle ? Et puis quoi encore ? dis-je outrée en plaquant mes mains sur son torse humide. Et va t’habiller au lieu de t’exhiber comme ça, pesté-je.

— Va falloir que tu te détendes un peu Milah, déclare-t-il en posant une de ses mains sur la mienne. T'es vraiment, beaucoup, trop, stressée, chuchote-t-il en fixant ma bouche.

Je sens ma poitrine frôler son torse mouillé à nouveau, car sans faire attention, j’ai relâché la pression. Mon cœur tambourine violemment. Son souffle chaud caresse mon visage alors que de sa main quitte la mienne pour venir contre ma joue. Il fige ensuite ses yeux dans les miens et je me sens soudain haletante, terriblement perturbée par l'homme qui se tient juste là.  Il est très fort… Très, très fort ! Hormis l'excitation flagrante qu'il est en train de faire naître en moi, je parviens à faire abstraction du maestro de la petite culotte et de sa truie. Super fort…

— Avoue, t'en meurs d'envie...

— Envie de quoi ? parviens-je à dire, comme hypnotisée.

— Que je t'embrasse… déclare-t-il en passant son pouce sur mes lèvres. Que je te touche… fait-il maintenant en ramenant nos mains liées sur sa poitrine. Que je te fasse frissonner, dit-il en baladant ma main sur son torse musclé et mouillé. Que je te fasse vibrer, planer, vivre…

Je suis en hyperventilation et ça ne va pas aller en s’arrangeant s'il continue comme ça. Mais il a raison. Là, j'en ai terriblement envie. J’ai dit noooon ! Ça n'arrivera pas !

Deux portes claquent dans le couloir alors que ses lèvres sont presque collées aux miennes.

— Je crois que c'est l'heure du mini-golf Princesse…

Il s’écarte de moi et part vers nos bagages. Le petit con ! Me tournant le dos, il retire la serviette qu'il avait autour de sa taille. Oh merdum ! Il se penche pour enfiler le boxer qu'il vient de prendre dans sa valise en me narguant. Oh putain ce fessier de dingue !

— Et n'en profite pas pour mater mon cul, lance-t-il et tournant la tête vers moi.
Re-merdum ! À en juger par son sourire, il m'a prise en flagrant délit de matage de postérieur.

— N'importe quoi ! Je mate que dalle, dis-je en croisant les bras sur ma poitrine. Ça va hein ! T'es pas Channing Tatum non plus, dis-je pour me défendre.

Oh bah, presque hein quand même !

Il se retourne tout en enfilant un tee-shirt et… Putain ! C'est encore mieux de face ! Je dois être clairement en manque pour baver comme une dangereuse limace nymphomane devant lui.

— Tu restes fringuée comme ça ?

— Elles ont quoi mes fringues au juste ? dis-je vexée.

— Rien… t'en as trop sur toi c'est tout, déclare-t-il en me mettant une claque sur les fesses.

— Petit con ! T'auras jamais l'occasion de me les enlever, le nargué-je.

— Je suis sûr que t'aurais pas dit ça y'a cinq minutes, affirme-t-il en faisant un clin d'œil.

Je réitère : petit con !

C’est qu’à part moi, personne d’autre ne me déshabille. Des fois ça me manque. Mais quand je repense à tout ce que j'ai vécu et enduré ces dernières années, surtout à cause des hommes, l’envie de galipettes me passe très vite. Eliott va devoir avoir le cœur bien accroché, je ne céderai pas !

 Eliott va devoir avoir le cœur bien accroché, je ne céderai pas !

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.


Ça se réchauffe à Carqueiranne 😏


L'IMPOSTUREDes histoires addictives. Découvrez maintenant