▶️ RÉÉCRITURE DE LA SÉRIE 1/4
Milah travaille dans une agence immobilière depuis quelques années et enchaîne les ventes sans soucis. Le seul hic, le boss. Jérémie Duval, la trentaine, plutôt sexy, et surtout marié, qui lui fait du rentre dedans sans...
Je suis brutalement réveillée par des bruits atroces provenant tout droit du couloir. J'entends des "boom", "aïe", "arrête" ainsi que des rires. Nan mais c'est pas un peu fini ce bordel ?! Parmis les ricanements incessants, je reconnais le doux son nasillard du rire de bouffonne de l'autre pimbêche. Bah voilà qu'il n'attendent même plus d'être dans leur chambre ces deux obsédés ! Je jette la couette jusqu'à mes pieds d'un geste franc et saute du lit pour aller engueuler les deux furies nocturnes. J'ouvre la porte sans aucune discrétion et commence à râler :
— Vous pouvez pas faire moins de bruit sans déconner ? Vous avez vu l'heure ?
La tignasse brune aux reflets dorés de Vanessa se dégage pour laisser apparaître le visage d'Eliott. Bah voyons ! Je le regarde, stupéfaite, alors qu'il est en train d'ouvrir la porte de l'autre aguicheuse. Il me fait un signe de la main pour me dire d'attendre et s'engouffre dans la chambre avec Vanessa. Ah carrément ?! Je l'entends geindre et rire de plus belle et franchement, j'ai juste envie d'y aller et de les baffer tous les deux !
Nan mais sérieux ?! C'est moi paye et c'est elle qui profite ! Faudrait envisager de ne pas se foutre de ma tronche trop longtemps ! #lerespectestmort.
Eliott ressort quelques instants plus tard et se dépêche de fermer la porte de Pouffiassa, puis se rue vers moi pour me faire un plaquage afin de me faire entrer dans notre chambre et de me ventouser au mur. Il pousse un soupir de soulagement en claquant la porte et ferme les yeux une ou deux secondes alors qu'il est toujours adossé à cette dernière.
— Tu m'expliques ? dis-je en colère alors qu'il avance dans la pièce.
— Pas sûr que ça soit une bonne idée, lâche-t-il en se laissant tomber sur le lit ensuite.
— Oh mais si j'en suis sûre !
Je suis certaine que c'est hyper intéressant comme histoire !
Les mains sur les hanches, j'attends qu'il daigne enfin me raconter sa folle aventure avec Vanessa. Voyant qu'il ne se décide pas, je m'énerve. Faut pas pousser tonton dans les rosiers !
— Si tu crois que c'est en fricotant avec elle que tu vas nous rendre crédibles, t'as tout faux Escort Boy.
— Hé c'est pas de ma faute là. Elle a picolé comme un trou et m'a demandé de la raccompagner jusqu'à sa chambre, affirme-t-il en se redressant sur ses coudes.
Comme c'est original ! Je l'ai déjà entendu quelque part celle-là...
— Et Duval, il ne pouvait s'en charger de sa grognasse ? demandé-je loin d'être satisfaite de sa réponse.
— Il n'était pas avec nous.
— Oh... Ouais bah même ! Tu foutais quoi la tête dans ses nichons, hein ? questionné-je fièrement.
Attention Eliott, me pousse pas trop, j'ai mes bonbecs qui remontent !
— J'avais pas la tête dans ses nichons, j'essayais d'ouvrir sa porte alors QU'ELLE me mettait ses boobs en pleine face, nuance, se justifie-t-il.
— Tu m'énerves ! pesté-je avant de me diriger vers mon coin du lit.
— T'es jalouse, j'en étais sûr, annonce-t-il en se tournant vers moi.
Nan mais ce qu'il ne faut pas entendre !
— N'importe quoi ! Dors au lieu de dire des conneries. Et sois content que je te laisse une place dans le lit. J'aurais pu exiger que tu dormes par terre.
Je me retourne histoire qu'il ne voit que mon dos et non qu'il tente de zieuter à travers mon débardeur blanc affreusement transparent. Je n'ai pas fait attention en foutant ça dans ma valise. Et l'habitude de vivre seule n'arrange rien. Et puis franchement, on ne va pas essayer de s'endormir en se regardant dans le blanc des yeux non plus !
— Oh, alors tu comptes vraiment dormir ? demande-t-il surpris.
— Bah non, tu vois bien que je suis prête pour un Sudoku là, lâché-je. Tu croyais quoi ? C'est pas pour me sauter que je te paie. Bonne nuit Eliott, dis-je autoritaire.
— Pourtant, t'en aurais bien besoin, se moque-t-il. Frigide... Coincée... lance-t-il à mon oreille.
— Ta gueule Mancini, ou je vais finir par venir t'étouffer avec ton oreiller.
Il est sérieux lui ? S'il croit que son histoire de porte avec Vanessa m'a pleinement convaincu, il a tout faux ! Je suis furax à mort, fatiguée, saoulée. Il ne va pas falloir me chauffer trop longtemps avant que j'explose.
Il rit et je pense ensuite qu'il s'est calmé. Il se glisse sous la couette après quelques minutes et sa présence réchauffe l'atmosphère sous les draps. Des mois que je n'ai pas non plus dormi avec un mec, ça fait bizarre. J'espère qu'il n'est pas du genre à ronfler comme Pumba ou à piquer toute la couette, sinon c'est sûr, je le balance par terre !
— Bonne nuit Princesse...
Les yeux clos, le sommeil s'empare de moi à nouveau et je me sens doucement partir. Je vais enfin pouvoir dormir tranquillement, enfin j'espère. Cette journée m'a épuisé. J'espère que tous les jours de la semaine ne vont pas ressembler à aujourd'hui.
Le répit est de courte durée. La folle du concerto est de retour. Je souffle un bon coup et me fous la tête sous l'oreiller. Putain de merde ! C'est ELLE qu'il faudrait étouffer !
Elle pourrait pas aller voir Ursula un coup ? Qu'on lui coupe les cordes vocales à cette nympho !
— Toujours pas changé d'avis ? demande Eliott sûrement motivé par les bruits d'animaux en rute d'à côté.
— Nan !
— Dommage...
Ouais bah, dommage pour toi escort boy ! J'en ai plein le cul de ces conneries !!!
Comment je vais réussir à dormir moi maintenant ? Des mois que je n'ai pas partagé mon lit avec un homme et j'ai un Dieu grec qui réchauffe ma couette juste là. Des mois que je ne fais plus de "gym" et j'ai un pro de la galipette qui me souffle dans la nuque et une chaudasse qui braille dans la chambre d'à côté. Personne ne serait capable de fermer l'œil dans cette situation ! Personne !
Si ? Ou c'est moi qui vrille ?
La nuit s'annonce longue et difficile. J'aurais préféré chopper une chiasse foudroyante avant le départ. Au moins, j'aurais pu esquiver ce séjour vers l'Enfer. Mais non, il a fallu que je sois une bonne fille et que je me traîne dans le train avec les autres. Mon compte en banque m'aurait remercié aussi d'ailleurs. Je me fais la promesse que si un jour, Jérémie a le malheur de retenter cette expérience à chier, je prétexte une maladie contagieuse. Il est hors de question que je reparticipe à ses expériences !
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