▶️ RÉÉCRITURE DE LA SÉRIE 1/4
Milah travaille dans une agence immobilière depuis quelques années et enchaîne les ventes sans soucis. Le seul hic, le boss. Jérémie Duval, la trentaine, plutôt sexy, et surtout marié, qui lui fait du rentre dedans sans...
— Salut Princesse, dit-il en passant sa main sur ma hanche et déposant un baiser sur ma joue.
Ah bah faut pas se gêner...
— T'es toujours aussi... tactile ? Et m'appelle plus Princesse.
— Va falloir t'habituer à ce que je te touche si tu veux que nous soyons crédibles, chérie. Un minimum quoi.
Ses yeux pétillants de malice laissent parfaitement voir les films qu'il se fait dans la tête. Décidément, ce sont bien tous les mêmes !
— Comme tu m'as si bien dit hier, tu n'es pas encore à moi. Alors garde tes mains dans tes poches s'il te plaît. Allez viens.
Faut pas pousser le bouchon Marcel ! Maurice ? Bernard ? OK, on s'en fout !
— Rohh c'que t'es coincée, peste-t-il.
— Oh ça va ! T'auras tout le temps de te rattraper la semaine prochaine, dis-je en tapant le code de l'entrée.
— J'y compte bien, se marre-t-il.
Je ne me retiens pas et lève les yeux au ciel, exaspérée.
— Eliott, dis-je en me retournant, ça suffit. On est là pour bosser.
Ouais chelou comme travail, hein !
— Coincée, me nargue-t-il en me volant un baiser furtif.
— Ta gueule !
Je peste et me retourne en entamant la montée des escaliers. L'ascenseur étant en panne depuis trois semaines, j'en profite donc pour muscler mon postérieur. Aux chiottes les squattes !
— Et n'en profite pas pour mater mon cul !
— Moi ? Jamais ! affirme Eliott, ironique.
Et on note bien mon nouveau lever de yeux au ciel s'il vous plaît. Ce qu'il est chiant bordel !
Une fois chez moi, je retiens mon lancer de jambe à la perpendiculaire, me rappelant que je ne suis pas seule et que je ne suis pas douée pour ces conneries. Il va me prendre pour une barge et se barrer à la japonaise.
Filer à l'anglaise bordel ! C'est pourtant pas compliqué !
— Tu bois un truc ? demandé-je en allant vers la cuisine.
— Je vais prendre comme toi, dit-il charmeur, comme je l'avais fait la veille, le charme en moins.
Je me dirige donc vers la machine à café et fais couler deux tasses. Le café, il n'y a que ça de vrai !
— Bonne idée. J'ai un rendez-vous Platine juste après, déclare-t-il en posant son cul sur le tabouret face à moi. Le café ne sera pas de trop, rit-il.
— T'es débordé dis-moi ? Rappelle-moi, c'est quoi Platine ? Du sucre ? demandé-je en posant sa tasse près de sa grande main.
— Soirée/nuit. Merci, dit-il en regardant la tasse. Et je suis très demandé chère Madame, se vante Eliott.
Tu m'étonnes, t'as vu comme t'es gaulé ?
Je retire vite fait cette pensée de ma tête. Oui, il est canon, et il le sait. Pas besoin de baver devant lui.
— Ça te plait de faire ça ? Je veux dire vraiment ? dis-je curieuse. Comment on peut avoir l'idée de faire un truc pareil ? C'est dégradant un peu quand même...
— En quoi rendre une femme heureuse est dégradant Princesse ?
— Milah ! râlé-je. Tu te vends quand même. T'es une pute de luxe en quelque sorte.
Ouais, un peu maladroit, mais après tout, c'est la vérité.
— Et toi, une cliente de pute de luxe, Princesse Milah, dit-il fièrement. Ta situation n'est pas mieux que la mienne ma jolie. T'as besoin de moi, j'te signale.
Touché ! Bordel, ça pique !
— Merci de me rappeler à quel point ma vie est génialement à chier Escort Boy ! Pour ça, je n'ai pas besoin de toi !
Je me vexe et quitte la cuisine. Il a raison, je le sais bien, mais l'entendre de sa bouche, ça me blesse. Je n'ai jamais dit que j'étais fière de faire appelle à lui pour gérer mon problème. Je n'ai même pas un pauvre mec dans mon entourage pour me rendre ce service. Je dois être un monstre sorti de je ne sais quel monde imaginaire. À croire que je fais fuire tout le monde. Mais m'allonger sur le bureau de Duval pour qu'il me foute la paix n'est pas une solution envisageable. Je préfère de loin me délester de dix mille cinq cent balles et garder ma dignité. Je ne serai pas obligée de faire quoique ce soit que je ne veuille pas avec Eliott. C'est moi qui paie. C'est moi qui décide.
— Je suis désolé, dit-il dans mon dos.
Je n'ose pas me retourner car mes yeux sont bizarrement mouillés. Pas sûr que le coup de l'allergie passe comme une lettre à la poste. Et le délire de l'épluchage d'oignon aussi. Putain, je suis une vraie chialeuse ! J'veux pas être la drama queen de service. Je renifle un coup, dans la grâce évidemment, et tente de reprends mes esprits.
— C'est bon ça va, lâché-je la voix tremblante toujours en lui tournant le dos.
— Tu pleures Princesse ?
Super ! Je le vois d'ici se marrer comme un âne et se foutre de ma gueule jusqu'à la fin de notre contrat. Il doit me rester de la mort aux rats au fond d'un placard, je pourrai peut-être en foutre dans mon thé ce soir avant d'aller dormir ! Hein quelle bonne idée ?!
— T'en fais pas ma belle, dit-il en passant ses bras autour de ma taille et posant sa tête au-dessus de la mienne. On va gérer. Ça sera le meilleur contrat de ma vie, j'te promets.
Je regarde ses mains nouées sur mon ventre et j'arrive à me détendre. J'inspire un bon coup et ferme les yeux un instant. Franchement, les bras d'un mec, ça ne fait pas de mal cinq minutes. Merde, j'avais oublié comme c'était bon !
— Salut c'est moi ! gueule une voix que je connais bien. Oups ! Je dérange ?
Je m'écarte d'Eliott et essuie vite fait mes larmes presque sèches. Putain mais qu'est-ce qu'elle fout là ?
— Non maman, tu ne déranges absolument pas, dis-je en essayant d'être la plus sereine possible. Eliott allait partir de toute façon.
— Ah bon ? dit-il choqué. Déjà ? Mais on a pas fi-
— Je t'appelle tout à l'heure, le coupé-je avant qu'il ne fasse une boulette devant ma mère, en le poussant vers la sortie.
— Euh ok... Mais j'ai un rendez-vous Plati-
Dans l'urgence, je plaque ma bouche sur la sienne pour étouffer son "Platine" avant qu'il ne sorte. Il reste stoïque et se laisse faire. Ah enfin ! J'arrive à lui clouer le bec à celui-là ! J'avais presque oublié aussi la sensation des lèvres d'un mec sur les miennes. Rien de passionnel, ni sensuel, juste simple, et finalement assez satisfaisant.
— Au revoir Princesse, murmure-t-il encore sous le choc. Recommence quand tu veux, fait-il souriant
— Allez bouge Mancini, dis-je en levant les yeux au ciel.
— Au revoir Madame, lance-t-il ensuite en direction de ma mère.
Bon maintenant, va falloir convaincre la vieille ! Autant dire que la tâche s'annonce rude.
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