▶️ RÉÉCRITURE DE LA SÉRIE 1/4
Milah travaille dans une agence immobilière depuis quelques années et enchaîne les ventes sans soucis. Le seul hic, le boss. Jérémie Duval, la trentaine, plutôt sexy, et surtout marié, qui lui fait du rentre dedans sans...
Étrangement, mes nuits semblent de plus en plus courtes. On se demande bien à cause de qui hein ? Résultat, je suis loin d'être fraîche au petit déjeuner ce matin. Eliott lui, comme toujours, c'est une bombe. Mais pas le petit pétard tout pourri. Nan ! La bonne grosse dose de C4 quoi ! Ce mec n'est pas humain. Mi-homme mi-dieu le gars !
Il est 9h00 pétantes quand nous sommes tous réunis à l'entrée du club et attendons le minibus qui va nous conduire à l'activité de la journée. Aujourd'hui, c'est canoë ! Je n'en ai encore jamais fait. Pas évident à Créteil quoi. J'y ai vécu toute ma vie et nous ne partions pas vraiment en vacances quand j'étais petite. J'ai parlé à Eliott de ma peur des profondeurs, il m'a juré de nous tenir bien au sec. Me baigner n'est pas le problème, tant que je vois ce qu'il y a autour de moi, tout va bien. Mais une fois que je n'ai plus pied, c'est la panique mondiale ! Je ne lui ai pas parlé de la famille de requins baleines quand même, il me prendrait pour une folle furieuse fan de Spielberg à me faire autant de films. On va dire que sur ce coup-là, je compte sur mon Escort pour assurer mes arrières. Bah oui, on ne va pas faire du canoë-kayak sur un lac pépère tranquille. Non, nous partons de la plage de La Madrague à Saint-Cyr-sur-Mer. Heureusement qu'il n'y a pas de vagues en Méditerranée moi je vous le dis ! Sinon c'était niet aussi ! On pourrait me prendre pour une bonne rabat joie coincée comme Eliott, quoique pas sûr qu'il me voit toujours comme ça, mais tout le monde a peur de quelque chose, non ?
J'aimerais bien les voir les phobiques des bêtes à huit pattes si je leur mettais la tête dans une boîte qui grouille de bestioles ! Ah, ils feraient moins les malins hein ?! Bon j'avoue, sur ce coup-là, moi aussi je préférerais qu'on m'achève avec un gros coup de batte dans la tronche. Je suis persuadée que Negan* s'en donnerait à cœur joie d'ailleurs. Les bébêtes, ce n'est pas mon dada non plus.
(*Personnage de The Walking Dead qui raffole mettre des coups de battes dans la tronche de ses victimes.)
Le trajet jusqu'à Saint-Cyr se fait dans le calme. Jérémie, égal à lui-même, boude comme un gosse, tandis que Vanessa fait les yeux doux à mon escort boy. Les autres discutent de tout et de rien. Bon, on a quand même eu le droit au refrain du champignon part Hélène. On s'y habitue...
Arrivés devant le mec qui loue les canoës, Jérémie n'en réserve que trois. Apparemment, il ne souhaite pas se retrouver coincé avec Vanessa sur un de ces machins. On se demande bien pourquoi... Mais du coup, Duval s'incruste avec Tristan et Sofia, tandis qu'il nous refile le boulet de service.
Génial ! Neagan peut venir s'occuper de son cas aussi ?
Non ? Pfff, faut tout faire soi-même !
Et nous voilà partis tous les un derrière les autres, rames en mains avec nos beaux gilets de sauvetage sur le dos. Si c'est pas sexy tout ça !
Et comme si le simple fait de ramer comme des chiens avec le vent de face n'était pas suffisant, il faut aussi esquiver les bateaux qui se baladent. Si on s'en mange un, ça se passe comment ? Enfin, si on survit quoi... On fait un constat ou bien ?
Prions les Dieux du canoë pour que je n'ai pas à réellement me poser cette question...
Ça fait maintenant une bonne heure que nous ramons Eliott et moi, alors que Pouffiassa ne fait aucun effort pour nous aider. Ça me démange depuis tout à l'heure de lui dire et il va bien falloir que ça sorte.
— Ça va ? Pas trop fatiguée ? dis-je en tournant la tête vers elle qui se trouve juste derrière moi à moitié couchée, ses Ray Ban sur le pif.
— Oh si m'en parle pas ! C'est dur de supporter autant de soleil. Fait chaud dans ce pays ! geint-elle.
— Tu te fous de moi ? Franchement, t'abuses ! Tu fous rien depuis qu'on est partis ! râlé-je.
— Je peaufine mon bronzage, se justifie-t-elle. Tu devrais t'y mettre aussi d'ailleurs, je te trouve palotte.
Nan mais la meuf elle a le teint hâlé naturellement et elle me sort ça ? Connasse va ! Bouffonne ! POU-FFIA-SSAAAA !
Sentant une rage folle monter en moi, encore une fois à cause d'elle, je regarde ma rame et j'ai franchement une envie irrésistible de lui faire bouffer. Elle ferait moins la fière sans dents la foldingue !
"Frop fecfy fans hé dents".
Je tourne la tête et l'avance ensuite vers Eliott qui est devant dans le canoë.
— Eliott ? dis-je tout près de son oreille en laissant Vanessa reprendre son activité.
— Oui Princesse ?
— Faut qu'on se retourne, affirmé-je.
— Bah non, faut les suivre. On va se perdre sinon, fait-il en me regardant. Enfin, me perdre avec toi, oui, mais avec elle... tu m'excuseras mais je passe mon tour.
Il me fait un clin d'œil ravageur et m'observe. Il cesse de ramer lorsqu'il remarque que j'ai arrêté aussi.
— Non, qu'on se retourne, répété-je en louchant sur l'eau.
— Mais si on se retourne, toi aussi tu vas tomber.
— Je m'en tape. Je veux lui ruiner son brushing à Miss Bronzette. Juste... me laisse pas couler jusqu'au Roi Triton s'il te plait...
— Ok, se marre-t-il.
Sans que je n'ai eu le temps de le voir venir, on est déjà tous les trois dans la flotte. Le couillon, il aurait pu prévenir quand même. Je ne pensais pas qu'il agirait si vite. Il a à peine remué le mini bateau de gauche à droite qu'on était déjà dans l'eau. Il remonte vite fait dedans et me tend sa main pour m'aider à faire comme lui.
— Tu vois Princesse, je ne t'ai pas laissé couler.
— Hé ! Et moi ?! hurle Vanessa, les cheveux en vrac et le mascara étalé sur le visage.
— C'est bon ! On la prend ! nous crie Patrice juste derrière nous.
Oh super ! Je crois qu'il a eu pitié de nous. Bon courage à nos deux amoureux. J'espère qu'ils n'ont pas mal aux bras pour ramer encore un peu. Parce que ce n'est pas Pouffiassa qui va être efficace. Et en plus, elle boude maintenant. Bah oui, brushing bousillé, maquillage ruiné ! Même Barbie ne ferait pas la gueule pour si peu. Remarque, quand on pense aux coiffures inimaginables et aux maquillages pourris que je faisais aux miennes quand j'étais petite, je me dis qu'heureusement, elles n'avaient pas la parole. Sûr qu'elles m'auraient toutes collé un procès au cul avec les horreurs que je leur faisais.
— Ah... enfin seuls, soupir Eliott en me regardant l'air malicieux.
— Enlève-toi ça de la tête Mancini, c'est mort.
— Tu sais que tu me brises le cœur Princesse ? fait-il triste.
— Oh ça va... Rame au lieu de chouiner, me moqué-je.
— Oui maman !
Ah non ! J'avais dit quoi à ce sujet ?
Pas question de rester ici des heures encore. Je tiens à rentrer au plus vite. Après, il pourra bien faire ce qu'il veut de moi. Mais là, tout de suite, pas possible !
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Alors ? Que réserve la suite de cette journée ? 😘😘😘