▶️ RÉÉCRITURE DE LA SÉRIE 1/4
Milah travaille dans une agence immobilière depuis quelques années et enchaîne les ventes sans soucis. Le seul hic, le boss. Jérémie Duval, la trentaine, plutôt sexy, et surtout marié, qui lui fait du rentre dedans sans...
Il était une fois... Une belle princesse qui se prénommait Milah. Elle était belle comme un rayon de soleil et sentait bon la rose. Sa vie était parfaite. Elle avait un beau prince qui l'attendait chaque jour dans son palais et blablabla...
Sérieusement ? Où ça existe ça ? À part chez Disney ? Ah ils sont beaux nos contes de fées ! On nous ment depuis le début. Tout ça, ce n'est que du vent. La vraie vie est loin d'être ainsi.
Une semaine ! J'ai une putain de semaine avant de partir pour sept putains de jours avec le boss, la connasse de Vanessa, Tristan le gentil et Patrice le lèche-bottes. Oui, je sais, ça fait beaucoup trop de gros mots dans une seule phrase. Je n'y peux rien, ça sort comme ça me vient. Surtout quand je stresse et que la panique me gagne si fort que les seules paroles qui me viennent sont interdites aux enfants de moins de dix ans. Heureusement, je sais me tenir en public. Quoique, ce n'est pas toujours une certitude. Et on ne juge pas ! On range son sourire moqueur, hein ! Qui n'a jamais dit un mot de travers devant un public inapproprié ? Qui n'a jamais gaffé au point de vouloir mourir jusqu'à la saison prochaine ? Hein, alors ?
Bref, je m'égare. Revenons-en à nos brebis...
Quelle idée géniale de faire cette saleté de semaine de vacances pour souder l'équipe. Notez l'ironie. On est en perpétuelle concurrence ! Pourquoi vouloir nous rapprocher, hein ? Franchement, à part dépenser du fric dans le vent, je ne vois vraiment pas à quoi ça sert. Ce cher Duval a réservé un hôtel dans un club de vacances à Carqueiranne, dans le Var, pour cinq jours. Activités de merde en groupe et compagnie sont de la partie, repas "entre amis" et tout le tralala. Super ! J'en gerbe d'avance ! Pitié, j'veux crever !
Vous pensez sûrement que j'ai un ou deux soucis en maths et que j'ai foiré dans mes comptes. Non, je ne me rallonge pas la torture par plaisir ! Oui cinq jours à Carqueiranne et deux fois quatre heures de train en plus du transport jusqu'à l'hôtel, je compte sept jours de pur bonheur. Les chiffres, ça me connaît bien. Je suis la reine de la vente immobilière. Si Vanessa ne me tirait pas sans arrêt dans les pattes, j'aurais déjà été à la tête de notre agence de Créteil. Elle est jalouse comme ce n'est pas permis, aguicheuse à mort et elle a ce don inné pour te faire hérisser les poils à chaque fois qu'elle ouvre la bouche. Bonjouranhhh ! Tout sauf gracieuse et vulgaire par-dessus le marché !
Je pense que c'est aussi pour voir laquelle de nous deux va le mieux lécher le cul de Duval durant le séjour qui déterminera laquelle sera en mesure de prendre les rênes. Il adore nous mettre l'une contre l'autre. Il pense sans doute que c'est la jalousie qui nous anime. Pour Vanessa, c'est évident, tandis que pour moi, c'est simplement cette désillusion infernale. J'ai naïvement pensé qu'il voulait récompenser notre travail, alors qu'en réalité, on le sait tous, il veut simplement statuer sur laquelle ouvre le mieux ses cuisses. Qu'il est malin ce pervers. Avec ses vacances offertes, il va pouvoir me mater à l'œil dans mon bikini. Et tenter de me sauter aussi par la même occasion. Je me demande si je ne devrais pas adopter la combinaison de plongée ? Nan, pas sûr que ça le freine en fait... Les vicieux comme lui, rien ne les arrête !
Et le pompon sur la pomponnette, les conjoints sont invités ! Re-génial ! Comment me mettre mal à l'aise en trois secondes ? Vanessa elle a son Cédric, Tristan sa Sofia et Patrice son Hélène. Et moi ? Bah moi je n'ai personne pour m'accompagner ! Une fois de plus, je vais passer pour une pauvre fille, comme lors de nos repas de fin d'année. C'est comme si on avait marqué au fer rouge sur mon front : "proie facile". Il va s'en donner à coeur joie l'autre couillon, je le vois arriver comme un poids lourd en pleine descente !
Sauf qu'il ne le sait pas, mais j'ai un plan infaillible pour régler mon problème. LE plan du siècle qui va me sauver la vie : letempsdunsoir.com.
Ce truc a fonctionné pour plusieurs personnes que je connais de près ou de loin. Que ce soit pour tirer un coup discrètement, être accompagné le temps d'une soirée, un week-end ou je ne sais quoi d'autre, apparemment, c'est le must. Alors bon, j'ai largement les moyens de me payer un pur canon une semaine. Je vis seule, sans chat, sans chien, sans même un pauvre petit poisson rouge, même pas rouge. D'ailleurs, en parlant de ça... Je me suis toujours posée la question : Pourquoi un poisson rouge ? Orangé, jaune, blanc translucide, d'accord. Mais vous avez déjà vu un poisson rouge vraiment de cette couleur ?
Je m'égare encore là, non ?
Bref, je gagne merveilleusement bien ma vie et économise depuis des années dans le vent. Autant utiliser tout ce fric pour la bonne cause, c'est-à-dire : sauver mon cul des griffes de Duval et avoir ma promotion quand même. J'aurais pu demander à un ami de jouer le jeu pour moi, mon banquier tirerait moins la gueule. Le problème ? Je n'ai pas d'amis hommes, et tout cas pas assez proches pour une tâche pareille. Mais bon là, ce n'est pas l'heure de penser à ça, j'ai du boulot et ma mission "réservation" va devoir attendre. J'ai hâte d'être à ce soir pour passer ma commande ! Trop bizarre ! Je me sens tout à coup comme une vieille fille, pour de vrai. Je suis tombée tellement bas bordel !
Le téléphone de l'agence se met à sonner, me sortant de mon cauchemar mental.
— Come Home, agence de Créteil, bonjour ! Milah à votre écoute...
Je raccroche dix minutes plus tard, satisfaite de ce coup de téléphone, sous l'œil curieux de Vanessa la pouffiasse.
— C'était Monsieur Van Buren, dis-je fièrement à ma collègue adorée.
Elle voit rouge immédiatement. Je pourrais presque voir la fumée sortir de ses grandes oreilles et de ses trous de nez. Jouissif !
— Un problème ? demandé-je, l'air faussement innocent.
— Non, marmonne-t-elle.
— C'est bizarre, continué-je, ce n'était pas ton client ?
— Bah faut croire que non, lâche-t-elle mauvaise.
Elle place ses cheveux derrière ses oreilles, ronchonnant quelque chose d'incompréhensible. Son stylo maintenant sa bouche, elle le mâchouille comme si ça allait enterrer son malaise.
— C'est ça, faut croire que non, dis-je sournoisement en attendant qu'elle tombe les yeux sur ses dossiers.
On pourrait croire que la connasse en vrai, c'est moi, mais je vous jure que c'est elle qui a commencé. #maternelle ! Au début, j'étais toute gentille, je l'ai accueillie avec plaisir comme les autres, je suis loin d'être mauvaise, tant que l'on me respecte. Mais elle, cette grande et belle pétasse, elle m'a méprisé dès la première seconde, m'a volé certains clients pervers en écartant les cuisses entre deux visites, m'a dénigré auprès du boss et j'en passe. Je pourrai écrire tout un bouquin sur elle et toutes ses frasques. Alors bon franchement, pourquoi je me gênerais ? Et je n'ai ni dû me taper les clients, ni même le boss pour arriver là où je suis maintenant ! Oui, je la soupçonne aussi de passer sous le bureau à l'occasion. Pétasse ! Mais attention, elle aime son Cédric "jusqu'à la Lune" ! Pauvre conne ! Pauvre lui tiens ! S'il savait son Cédric...
Oh, c'est une idée ça... Nan ça va je blague ! Chacun sa merde comme on dit ! Moi, j'ai assez à faire avec mon escort boy !
Roh... pourquoi le soir est si loin ? Il faut que je me bouge les fesses et vite. Il m'en faut un super canon en plus. Je veux faire baver Vanessa et écraser ce guignol de Jérémie Duval au passage, tout en me rinçant l'œil, ça coule de source. Il n'y a pas de mal à se faire du bien cinq minutes !
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