▶️ RÉÉCRITURE DE LA SÉRIE 1/4
Milah travaille dans une agence immobilière depuis quelques années et enchaîne les ventes sans soucis. Le seul hic, le boss. Jérémie Duval, la trentaine, plutôt sexy, et surtout marié, qui lui fait du rentre dedans sans...
Je hais mes copines ! Je les déteste ! Je les renie putain ! À cause d'elles et de leur brillante idée d'aller en boîte la veille de mon départ, j'ai une tête tout droit sortie d'un film de science fiction. Franchement, je passe crème pour la cousine de E.T., avec une nuisette évidemment. J'ai dormi à peine trois putains d'heures. Il est 7h30, je dois prendre une douche, dégager ma face d'extraterrestre et… faire ma valise !
Quelle conne ! Pourquoi je ne l'ai pas faite avant aussi ? Y'a vraiment que moi pour emballer mes affaires à la dernière minute. “E.T. dégage nuisette” et file sous la douche. Tellement pressée, je ne prends même pas la peine de régler l'eau chaude et me tape une douche glaciale. Au moins, ça va me réveiller…
Toujours en mode “speed", je ne fais pas non plus gaffe au shampoing qui dégouline sur mon front pour venir me piquer les yeux. Bordel ça commence mal quand même ! Je mets donc ma tête sous le jet d'eau glacé et gigote de droite à gauche en me frottant les mains sur les paupières. Merde c’que ça brûle ! On le sait, pour moi : vite et bien, ça va rarement ensemble.
Je suis en train d’enrouler une serviette sur mes cheveux quand on sonne à l'interphone. Merdum ! C'est qui ?! Il n'est pas encore 9h00 !
Je me jette dans ma chambre et fais un vol plané à plat ventre sur mon lit, à la Superman pour chopper mon portable et contrôler l'heure. 7h50… Ça sonne de nouveau, je remets alors correctement la serviette qui entoure mon corps mouillé en descendant du lit sans la moindre grâce, comme toujours quoi. Toute façon, qui a déjà vu E.T. gracieux hein ?
J'appuie ensuite sur le bouton de l'interphone après m’être éclairci la gorge.
— Oui ?
— C'est ton fiancé, Princesse.
Bordel de putain de chiotte de merde !
— Mais c'est pas encore l'heure, Eliott, râlé-je.
— J'ai le petit déj’ ma belle. Tu ne vas quand même pas me laisser dehors ? fait-il enjoué.
— Mais il n'est même pas 8h00 !
Il abuse franchement !
— T'es à poil ?
— Non !
— En pyjama licorne ?
Il en a de ces questions !
— Mais non !
— Alors ouvre ! rit-il.
Je souffle longuement et appuie sur le bouton qui déverrouille le hall d'entrée. Mais merde ! Si ! Je suis presque à poil en fait ! J’ai juste deux serviettes sur moi ! Bon, t'as trois secondes pour enfiler un truc !
Je vole jusqu'à ma chambre, enfile des sous-vêtements, un jean délavé et un t-shirt prune que Morgane m'avait ramené de son voyage aux States avec “Route 66” écrit dessus. Franchement, pour quatre heures de train, je ne vais pas me faire chier à ressembler à une pouffe de défilé. Je veux être à l'aise. Je suis éclatée, j’ai pas envie, va pas falloir me faire chier pour la présentation.
La serviette sur ma tête s'est barrée lorsque j'ai mis mon t-shirt. J'ai les cheveux dans les yeux, en vrac et tout emmêlés. On poursuit avec E.T et sa perruque, hein ! Et Eliott qui frappe à la porte putain de merde ! Je me check dans le miroir de l'entrée et tente de lisser mes cheveux avec mes doigts, les coinçant dans mes nœuds, puis ouvre.
— Wow ! lâche-t-il les mains chargées.
— Ouais ça va je sais ! J'ai une sale tête merci ! dis-je en lui arrachant des mains un café à emporter du Starbuck.
— Nan j'adore ! affirme-t-il en pénétrant chez moi. Ça te donne un côté sauvage, fait-il avant de rugir.
— T'es grave, sérieux, déclaré-je avant de porter le café à ma bouche.
— C'est le mien. Ça, c'est le tien, ajoute-t-il en me tendant le café qu'il a dans la main, où trône “Princesse” écrit dessus. Je lève les yeux au ciel, déjà gavée à cause de ce surnom débile, et m'empare de la boisson caféinée.
Ah… enfin…
— Pourquoi t'es là si tôt au fait ? Il est loin d'être 9h00.
— Je sors à peine du Kitten. J'ai récupéré ma valise chez moi, pris le petit déj’, et me voilà ! fait-il souriant en écartant les bras.
On pourrait presque voir le “tadaaa” s'allumer sur son front à cette andouille.
— Je confirme : t'es vraiment grave.
Putain, c'est dégueulasse ! Il n'a pas dormi et il est toujours à tomber. Alors que moi, j'ai quand même pioncé trois heures et je ressemble à Cruella bordel ! La vie est injuste ! À croire que ma cigogne s'est tapée un bus dans le bec avant de me déposer chez les parents !
J'avale en vitesse un croissant et termine mon café avant d'aller boucler ma valise. Je fourre tout et n'importe quoi, sans oublier mes bikinis, on va à la mer tout de même. Je prends robes de soirées, shorts, pantalons, débardeurs, tongs et talons. Un peu de tout et rien en fait. Je cours ensuite à la salle de bain pour un relooking extrême de ma gueule et envoie ensuite maquillage, lisseur, brosse à dents, parfum et surtout, crème solaire dans ma valise après ça. Bon, normalement, on est bon. Je mets un petit gilet sur mes épaules et sors enfin. Je suis essoufflée bordel !
Je retrouve Eliott affalé dans mon canapé devant les clips. Il fredonne la chanson qui passe, toujours le sourire aux lèvres, du croissant plein la bouche.
— T'es dégueu, tu vas en mettre partout, balancé-je.
— Roh, t'as pas fini de râler ? Mets tes chaussures avant de me gronder. On va être à la bourre Princesse.
Je regarde mon portable après l'avoir chopé dans ma poche arrière.
Effectivement, faut qu'on se taille !
Je m'exécute en vitesse et enfile des baskets, attrape mon sac à main et… Merde, ma valise ! Je retourne jusque dans ma chambre, saisit la poignée de mon bagage et manque de tomber lorsque je tire ce truc qui pèse une tonne. Et bah, quand je disais que ça commençait mal, ça n’a pas l'air de s’arranger.
Eliott a foutu un cadavre dedans pendant que j'avais le dos tourné ou bien ? Elle est plus lourde que moi la valise !
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