Chapitre 15

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Cette fois-ci je suis dehors, je suis totalement libre. Plus de nuit où je suis attachée contre mon lit, plus de vaccin tranquillisant, plus de médecins et d'infirmières qui me tiennent comme un chien, plus rien de tout cela. Je n'avais récupéré que mon vieux téléphone et les clés de mon petit appartement délaissé depuis bien longtemps. Je traversais les rues en vitesse, j'étais un peu apeurée et je commençais à tarir. Je marchais assez vite et atteignis la gare où je pris le dernier train. Une fois dedans je m'assieds à un siège solitaire entouré de personne et pris mon téléphone pour l'allumer. À mon grand étonnement la batterie était pleine, je fouillais dans ma poche et en sortis un petit papier quadrillé sur lequel était indiqué un numéro.

" Si vous avez besoin de quoi que ce soit appelez-moi, je suis presque sûr qu'après 5 ans d'enfermement ici vos anciens contacts ne sont plus aussi présents qu'avant, d'autant plus certains vous croient morte, les convaincre de vous aider à appréhender un psychopathe ne sera pas tâche aisée."

J'avais du mal à l'admettre mais il avait raison, je n'ai personne près de moi actuellement, il est même ma dernière référence quoi que je veuille faire. Mais après l'histoire qui m'est arrivée précédemment, je n'arrive pas vraiment à faire confiance, j'ai du mal à croire environ à tout. J'enregistrai malgré tout le numéro et descendis à mon arrêt me dirigeant vers chez moi. Deux-trois rues passées, un escalier emprunté, une porte ouverte et j'étais chez moi. Je m'enfermais à double tour et allumais une une petite lumière, comme si j'avais peur de me faire voir. Je retirais mes chaussures et entrai dans mon petit salon où se trouvait mon bureau. Rien n'avait bougé, et bien heureusement d'ailleurs. Je n'avais pas le temps de m'attarder sur le décor autour de moi, je m'assieds simplement à mon bureau et fis des recherches avec mon ordinateur. Je cherchais des infos sur Harrins, mais en trouvant certaines choses je constatais que tout ce qu'il m'avait dit à propos de lui était vrai. Ces informations ne me servent à rien pour le dénoncer, il n'y a que ma parole et mes cinq ans d'internement pour témoigner, et tel que je connais Harrins à présent, il sera assez rusé pour tout détourner à son avantage. Je me ressaisis et réfléchis, tant qu'à faire je ne pouvais que me rendre au commissariat le plus proche et en parler aux flics.

Le lendemain j'attrapai un train de bon matin et me rendis où j'avais entrepris d'aller. Malheureusement mon idée se retourna comme une barque sur l'eau. Je n'eu presque pas le temps de m'expliquer au policiers qu'ils m'arrêtèrent et me dirent presque moqueurs :

- Mais mademoiselle ! Vous avez dû rêver ! Le Docteur Harrins est un homme remarquable, il s'occupe des enfants dans les centres d'adoptions de manière bénévole, il est psychologue dans plusieurs institutions, il est amical et souriant, c'est un homme à marier je vous le jure, votre histoire ne tient absolument pas debout.

- J'ai le témoignage des médecins qui m'ont...

Je m'arrêtais soudainement de parler. Si je leurs apprends que j'étais une de ses patientes et qu'il m'a diagnostiqué de folle, alors la parole du médecin qui m'a soigné leur importera peu, suite à quoi Harrins me retrouvera et me fera remettre dans cette institution, en d'autres mots c'est le retour au point de départ et peut-être que cette fois je ne m'en sortirai pas. Me voyant perdue dans mes pensées les deux flics qui m'écoutaient m'interpellèrent :

- Eh, vous vouliez ajouter quelque chose ?

- Oh, euh non rien, j'étais entrain d'y repenser et vous avez raison, ce n'est pas le Docteur Harrins qui aurait pu faire ça, ça ne tient absolument pas debout, merci de votre aide je vous recontacterai si jamais je m'en souviens, au revoir.

Avant même qu'ils ne puissent me répondre, je partis à toute vitesse prendre mon train pour rentrer. Je suis à présent perdue, je ne vois pas ce que je pourrai faire. Par réflexe, je sortis mon téléphone de ma poche. En le regardant de plus près je constatais qu'il y avait du sang sur les bords, comme si on avait essayé d'effacer cela avec quelque chose qui n'était pas prévu à cet effet. Je secouai la tête et allais dans mes contact essayant d'ignorer mon constat. J'avais beaucoup de numéro mais le seul que je pensais envisageable d'appeler était le Docteur Hermann. Je m'empêchais d'appuyer sur le bouton d'appel, je ne dois pas faire ça, tout serait trop compliqué si je le fais et travailler avec quelqu'un en qui je n'ai pas confiance ne va pas aboutir à une bonne solution.

Je rangeais mon téléphone et mis mes mains dans mes poches continuant ma route. Il commençait à faire nuit et je pressais le pas. Il n'y avait plus personne dans les rues, tout semblait désert et presque inhabité, les magasins étaient tous fermés. Je relevais la tête vers une grande horloge qui se trouvait au centre du village, elle indiquait 20h30. Il n'était pas très tard mais l'heure d'hiver faisait en sorte que le soleil se couche tôt et le manque de présence dans les rues était sûrement dû au fait que le village était très petit et que ses habitants n'étaient pas des gens friands de sorties tardives. Je me sentais en grande insécurité et je pressais le pas pour rentrer au plus vite chez moi. J'avançais de plus en plus vite quand soudain j'entendis des pas résonner derrière moi. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine mais je continuais d'avancer accélérant mon pas du mieux que je pouvais. Les pas qui me poursuivaient s'accéléraient en même temps que moi et ma panique augmentait de manière indolente. Mon agresseur me rattrapait, je courrais à présent pour essayer de lui échapper, je m'en fuyais aussi vite que je pouvais, les yeux terrifiés, les muscles tendus. J'avais presque cru me sauver dans soudain, une autre personne sorti d'une des ruelles et m'attrapa le visage. Il me mit un mouchoir sur la bouche, je tentais de me débattre mais le chloroforme faisait déjà son effet, et peu à peu mes muscles se décontractaient, et peu à peu mes yeux se fermaient.

Cher DocOù les histoires vivent. Découvrez maintenant