Chapitre 3 : d'une visite et d'une pizzeria

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J'étais profondément endormi. Les filets de lumière se propageaient sur mon visage. Ça ne me dérangeait pas, je sentais cette chaleur d'été et je ça me faisait du bien. Il fallait que je me réveil, mais c'était impossible.
Je me motivai et ouvris les yeux. Je tournai la tête vers mon réveille et je sursautai.
« Dix heures » ! « Foutu décalage horaire... »
Je bondis de mon lit et sursautai encore une fois. Il était là. Sur mon fauteuil, rigolant de m'avoir fait peur.

— Désolé de t'avoir fait peur, me fit-il en rigolant encore.
— C'est pas grave mais qu'est-ce que tu fais ici ? J'étais encore étonné de ma trouvaille.
— Je suis passé comme prévu à neuf heures, je suis monté et je t'ai trouvé encore en train de dormir. Comme je sais que le décalage horaire est compliqué, je t'ai laissé dormir encore.
— Il fallait me réveiller...

J'étais mal à l'aise en sachant qu'il m'avait observé pendant tout ce temps. Bon maintenant que je suis réveillé, attend quelques minutes le temps que je me prépare.

— Tu peux prendre ton temps si tu veux hein. On n'est pas pressé !
— On a déjà perdu assez de temps !

Je filais alors m'habiller, me coiffer, me laver les dents. J'étais prêt, je ne pris pas de petit- déjeuner.
Généralement, le matin je n'ai pas très faim. Je fis une bise à ma belle-mère et un vague regard à mon père.

*******

Il décida alors de me faire découvrir Hollywood. La capitale du rêve américain. L'icône mondiale du cinéma.
Walk Of Fame. C'est ici qu'il m'emmena commencer notre balade, au boulevard mythique d'Hollywood et Vine Street. Ce fameux trottoir situé entre Gower Street et la Brea Avenue éveillait en moi des pétillements. Je voyais le regard de Sean porter sur moi, fier de m'avoir apporté ce sentiment. Je marchais sur les étoiles dédiées aux stars du « show business ». Sur ces hommages consacrés aux personnalités illustres du cinéma, de la musique, de la télévision, de la radio ou du théâtre.
Il y en avait tellement, je n'en connaissais sûrement que le tiers. Mais l'industrie musicale m'était un peu plus familière. Sur les 2500 étoiles, je devais en connaître 200 grand maximum.
Sean se moquait de moi, je le poussais et me il rendait son geste. Je voyais tous ces symboles à mes pieds, ça me faisait rire que l'on puisse marcher dessus sans gêne.

*******

Trois heures à marcher, ça creuse. On s'arrêta alors à une pizzeria. La California Pizza Kitchen. Elle avait bonne réputation, d'après Sean c'était la meilleure. Et puis elle n'était pas loin du boulevard. Nous nous installons à l'intérieur, la chaleur nous tuait. La clim du restaurant nous faisait du bien.
Je scrutais le visage de Sean, je détaillais pour la millième fois, chaque geste, chaque expression. Il se concentrait à lire le menu, ses perles grises se focalisaient sur les lettres, le choix des nombreuses pizzas savoureuses. Il ne prit pas longtemps pour choisir.
Il était beau. Vraiment beau.
Pendant ce temps, moi, j'étais à la traîne. Tout ce temps passé à le contempler... Nous discutions de tout et de rien. Je le remerciais sans cesse de cette visite. Il me parlait de ce qu'il voulait me montrer plus tard. Quand il me parlait, même si j'étais bon en anglais, je n'arrivais pas toujours à déchiffrer ce qu'il me disait. Mais il faisait des efforts et était patient.

— Il faudra que je te fasse visiter Paris un jour.
— Vraiment ? J'aimerais beaucoup !
— Tant mieux, parce que c'est prévu !
— Merci, ça me ferait tellement plaisir !

Ces yeux reflétaient son excitation. Il avait des rêves plein la tête et il était obstiné à les accomplir. On discutait encore et encore sans arrêter. Il me demandait lui aussi, si j'avais des frères et sœurs, mais je continuais à mentir.
La seule chose qui ne pouvait passer, c'était bien le regard de pitié des autres.

— Et ton père il est où ? demandai-je.

Assez indiscret, je le reconnais.

— Il est en prison, me répond-il naturellement.
— Oh... Pardon.
— C'est pas grave, c'est un connard.
— Ha d'accord. Pourquoi tu dis ça ?
— Il frappait ma mère, ma petite sœur et moi au passage. Et un jour, ma mère a failli mourir. Un coup sur la tête, une chute dans les escaliers, et une hémorragie cérébrale. Elle s'en est sorti, en tout cas elle n'a aucune séquelle et heureusement. Si je l'avais perdu à cause de lui, je sais pas si j'aurais tenu... Et lui, il est maintenant en prison à vie. À Men's Central Jail. C'est un grand soulagement !
— Quel connard en effet...
— Bon c'est du passé, maintenant on est heureux ! me répondit-il d'une voix allègre. Et toi ? Vous n'avez pas l'air de bien vous entendre avec ton père.
— Non pas du tout. On s'est jamais entendu. Il ne m'aime pas, moi non plus d'ailleurs. Il s'occupe de moi car il est obligé, sinon je pense qu'il m'aurait vite abandonné. Mais bon j'ai l'habitude maintenant. Et puis, il me frappe pas au moins !

Sean rigola, rassuré sûrement de ne pas être le seul à subir le poids d'un paternel raté.

*******

Les pizzas enfin dans notre ventre, l'addition payée pour chacun, retour dans l'agglomération. Il nous restait encore pas mal d'endroits à visiter. Le Hollywood Heritage Museum et le French Village Movie Set. Pour finir, l'inscription géante « Hollywood » surplombant la route 65.

Et pour finir en beauté, une marche au bord de la plage de Los Angeles au coucher du soleil. Sean me promit d'aller faire du surf un jour. De toute façon, nous avons tout notre temps.
On s'installa alors au bord de l'eau, essayant de pas se faire tremper par les vagues. Les pieds déchaussés dans le sable encore chaud de cette journée ardente on observait l'océan. Mon regard se tourna quelques fois sur Sean. Ses yeux... Même l'océan était moins profond qu'eux. Je m'y noyais encore et encore. Son sourire fermé par l'admiration des vagues.

J'étais heureux de pouvoir le compter dans mes amis. J'en étais fou même. Est-ce que j'en espérerai plus un jour ? Je n'avais pas envie de me lancer dans une aventure incontrôlable. Mais c'était la première fois que je ressentais ça. J'étais sortis avec beaucoup de filles, mais jamais une ne m'avait fait apprécier autant une présence. Oui, ça faisait que deux jours que je le connaissais, mais j'avais envie de faire mon parcourt avec lui. Je le voulais dans mon destin, je nous voulais.

Je le contemplais sans arrêt, jusqu'à qu'il me remarque et me fit un merveilleux sourire qui me faisait fondre.

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