Ce chapitre est, comment dire... Dark. Âmes sensibles s'abstenir ^^
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Je suis dans ce cachot depuis déjà plusieurs semaines. Il est difficile de compter les jours lorsqu'il n'y a pas de fenêtres. Je ne peux pas voir l'éclat de la Lune, je ne peux pas contempler le Soleil gouverner mes journées, ni les étoiles veiller sur mes rêves. Je ne suis pas seule dans ce cachot. Dean insiste pour tenir un décompte en se basant sur la régularité de nos repas, mais je ne suis pas persuadée que nos geôliers veillent à nous nourrir correctement. Il est très clair que nous ne sommes pas leur priorité, et s'ils n'avaient pas besoin de moi pour faire chanter mon père, je serais probablement morte depuis longtemps.
Il m'est difficile d'analyser cette pensée. Que m'inspire-t-elle, au juste ? Pas grand-chose. La perspective de ma mort ne m'a jamais effrayée : la mort, je la connais depuis l'enfance. Nous sommes de vieilles amies, elle et moi. La mort m'a pris Maman, et si elle doit venir me prendre bientôt, alors je lui sourirai et je l'embrasserai. La plupart des gens ont peur de l'inconnu, ils ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas, de ce qui ne leur ressemble pas. Je crois que c'est pour cela que je n'ai jamais eu beaucoup d'amis. Mais ce n'est pas grave. J'ai des amis maintenant, et je penserai à eux si je dois mourir.
- Lovegood ! me crie Dean depuis le fond de la cave. Tu parles encore toute seule.
- Désolée ! je lui réponds. Je ne m'en rends pas toujours compte.
Dean ne répond rien. Agenouillé dans le noir, il laisse sa nervosité s'emparer de lui : je la vois qui agite tous ses membres, qui fait de lui son esclave, qui le contraint à se relever toutes les cinq minutes pour explorer à nouveau la configuration de la pièce, comme s'il n'en avait pas déjà fait le tour des centaines de fois.
Je dois avouer que j'ai été surprise lorsque je me suis rendue compte que j'allais devoir partager ma cellule avec Dean Thomas. De tous mes anciens camarades de Poudlard, il est peut-être le seul sur lequel j'ai du mal à poser mon regard. Il y a quelque chose en lui. Un instinct indéfinissable, une ombre, un souffle, qui me brûle tout au fond de mon cerveau, juste derrière mes yeux. Lorsque je le regarde, quelque chose me crie : « Sauve-toi, Luna ! ». C'est le vieil instinct de la proie face au prédateur. Mais pourquoi Dean serait-il un prédateur ?
Comme tout le monde, je connais le Dean Thomas souriant de Poudlard. J'ai entendu parler de ses malheurs avec Ginny Weasley, et je connais sa bonne humeur et sa fidélité légendaire à Seamus Finnigan. Pourtant, quelque chose dans le tableau ne colle pas. Une silhouette, un frisson, comme un noyau d'obscur dissimulé très loin sous la surface de ce joli visage.
Lorsque je regarde Dean, je vois un costume. Je vois une enveloppe vide, parfaitement ajustée, parfaitement maitrisée, mais qui me renvoie mon reflet, parce qu'il n'y a rien d'autre derrière.
Dean Thomas sent que je l'observe et sourit. La captivité est en train de rogner son costume aussi sûrement que des mites. J'ai l'impression de voir son masque glisser sur son visage pour révéler sa vraie nature. Quelle est-elle ? Je n'ai pas du tout envie de le savoir. La peur n'est pas une émotion familière pour moi : je suis ouverte à l'étrangeté sous toutes ses formes, et même cette cave au fin fond du Manoir Malefoy, même les terribles habitants qui l'occupent, ne peuvent entamer la sérénité que je ressens pour moi-même. Pourtant, face à Dean, mes poils se hérissent. A la façon dont il me dévisage, je sais qu'il se méfie de moi : il sent ma différence comme je sens la sienne. Nous nous tournons autour, telles deux créatures de l'absurde cherchant à jauger le danger de l'autre. Je ne suis pas de nature belliqueuse, pourtant, quelque chose en moi me dit que Dean Thomas devrait être détruit... Il fait planer dans l'air autour de lui une menace bien plus insidieuse que la perspective de la guerre au-dessus de nos têtes. Je me demande si les Malefoy s'en sont rendus compte. Le Seigneur des Ténèbres a-t-il la moindre idée de ce qu'il a emprisonné dans cette cave ?
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Les Jeux du Sort
أدب الهواةTarot divinatoire : 22 cartes, 22 destins, 22 personnages. Une réécriture du tome 7 au prisme de la guerre, de la beauté, des triomphes et de la mort, de la fatalité... et de l'amour, peut-être ? (Suite de "Zodiaque").
