Episode 17 : Icy le destructeur - Par Olivia14

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Episode 17 – Icy le destructeur

Par Olivia14

Théo passa devant le garde, qui abattit sa hache massive devant lui. Il para de son bouclier, mais le coup était trop puissant. Ses jambes fléchirent, il tomba à genoux devant son adversaire. Grunlek intervint. Il bondit, lança son poing... directement sur la hache que le garde lui avait opposée.

Un partout.

La lame passa à côté de Théo qui fit un bond en arrière, fonça vers Grunlek qui n'eut que le temps de baisser un peu la tête. Elle s'encastra dans le mur avec un bruit sec. Théo entrevit une ouverture et frappa du plat de son épée qui rebondit sur l'armure du garde. Celui-ci se retourna vers le paladin avec un sourire mauvais.

De leur côté, Balthazar et Shinddha attendaient une occasion pour intervenir, mais un mouvement attira leur attention. Le troubadour effrayé tentait apparemment de s'enfuir par une trappe.

"Shin, chope-le. Je ne voudrais pas qu'il s'enfuie et qu'il prévienne d'autres personnes. De nous deux, c'est toi qui court le plus vite, enjoignit le mage à son ami."

Shin abandonna son idée (certes fort douce mais un poil risquée) de lancer un couteau entre les deux forces de la nature qui s'affrontaient et brandit une de ces armes ouvragées que Bob lui avait confiées. Il hésita un instant, visa les jambes du bouffon et... manqua son coup. La dague alla se ficher quelque part dans le mur.

L'expression d'inquiétude s'intensifia sur le visage du jongleur qui se précipita contre le mur.

"Halte-là ! La prochaine, c'est dans l'oeil ! Parce que j'ai fait exprès de rater ! Hein !"

Shin n'était pas convaincu de la pertinence de son intervention. Mais dans tous les cas, son tir avait eu l'effet escompté : le troubadour s'était arrêté.

Derrière lui, Balthazar décida de se rendre utile (du moins le pensait-il). Il s'approcha de la jeune femme qui n'avait toujours pas bougé de son siège, s'accouda sur le fauteuil d'à côté et lui jeta un coup d'oeil. Tournée sur sa droite, elle semblait trafiquer quelque chose, mais impossible de savoir quoi. Le pyromage prit la parole :

"Ce que je constate, c'est qu'avec le bruit que nous avons fait dans la pièce précédente, personne n'est venu donc vous saviez pertinemment que nous étions ici. J'aimerais savoir ce que vous avez à nous proposer... et qu'est-ce que vous trafiquez."

Elle se retourna. Sans répondre, elle lui tendit un verre de liqueur agrémenté d'une olive piquée sur un cure-dent.

"Je vous en prie. Mettez-vous à l'aise."

Balthazar se tint coi pendant une seconde complète, ce qui constituait un exploit de sa part, puis il prit son air le plus urbain et s'installa dans le fauteuil libre. Essayant de ne pas penser à ce qu'eut dit Théo en le voyant boire tranquillement pendant que lui, le paladin de la Sainte Eglise de la Lumière, se battait (il l'imaginait très bien : "Mais vas-y, putain hé, franchement le verre j'te l'fait avaler, l'olive j'te la mets dans l'cul !"), il accepta le verre et répondit d'une voix suave :

"Ecoutez, j'avais autre chose en tête, mais... pourquoi pas !"

Après tout, il avait confiance en ses amis. Ils pouvaient bien gérer une montagne de muscles, un clown et un scribe. De toute façon, lui-même n'avait pas de magie.

Alors.

Hein, bon.

Autant profiter.

*********

Dans la mêlée que Balthazar avait esquivée, Grunlek réitérait son action. Il donna un violent coup de poing, quoique tempéré sur le flanc du garde. Celui-ci retira sa hache stoïquement et dit :

"Bien. A moi."

Sans plus de cérémonie, il abattit à nouveau son arme sur Grunlek qui para. Théo voulait s'en prendre à la jeune femme. Il s'écarta brusquement pour éviter la hache et se retourna dans le même mouvement, juste assez pour entrevoir le troubadour entrouvrir la trappe d'où s'échappaient des grognements... En bondirent trois molosses qui se jetèrent dans la mêlée. Le premier se prit un coup de Théo qui s'était élancé et s'effondra. Le deuxième ouvrit la gueule pour saisir le paladin aux mollets, mais ses mâchoires se refermèrent sur le vide. Plus que deux pas avant d'atteindre la jeune femme. Elle paraissait de moins en moins rassurée.

"C'est fini les conneries ! hurla le paladin."

Le voyant approcher et se débattre avec les chiens, Bob tendit son bâton (en espérant que son ami s'arrête) et glissa à la demoiselle :

"Vous voyez bien que mon ami est un peu tendu, si vous avez des choses à nous dire, ce serait maintenant qu'il faudrait vous rendre utile.

- Arrêtez-le, alors, répondit-elle d'une voix étranglée.

- Arrêtez-le, vous."

Elle tendit la main devant elle et s'écria :

"Bon, c'est bon, on va discuter, ne me chargez pas, ne me chargez pas !"

Théo s'arrêta. Derrière eux, Shin avait invoqué Icy pour le jeter, en désespoir de cause, au visage de leur adversaire. Etrangement, son plan avait fonctionné.

"On va discuter ! Très bien, écoutez, je ne suis pas votre ennemie, je ne suis que messagère, je ne suis pas votre ennemie ! S'il-vous-plaît !"

Elle siffla les chiens, qui reculèrent, encore agressifs. Le garde, le visage dégoulinant de neige (Shin n'avait eu aucune pitié du regard énamouré d'Icy. Celui-ci avait fondu sur leur ennemi, aux deux sens du terme... Pauvre petit.) s'arrêta et se retourna vers la femme.

Pendant quelques secondes, le temps sembla se figer. Les adversaires se regardaient en chiens de faïences... Bob brisa le silence en se levant. Il finit son verre, le jeta dans un coin de la pièce ("C'est stylé, ça !", se dit-il) et s'adressa à nouveau à la jeune femme qui essayait de garder une contenance :

"Maintenant que vous avez rappelé vos molosses et que mes amis ont décidé pendant une seconde de faire une trêve avec... (il jeta un coup d'oeil derrière lui) votre gargantuesque garde du corps, vous allez nous dire ce que vous avez à nous proposer pour nous sortir de cette situation. Ou devrais-je dire, pour vous sortir de cette situation."

Théo était proche du visage apeuré de la jeune femme. Trop proche. Elle le recula doucement et prononça :

"D'accord... On va discuter... On va prendre quelques instants pour discuter... Je vous prie de ranger votre arme déjà, dans un premier temps... Je vous rappelle que c'est vous qui êtes chez moi, et pas l'inverse. C'est vous qui êtes les agresseurs. Je veux bien qu'on discuter, mais donnez-moi au moins l'illusion que vous allez me laisser en vie."

Elle faisait mine d'avoir repris un peu d'assurance, mais elle se renfonça dans son siège dès qu'elle eut fini de parler, serrant son verre de liqueur contre elle.

Bob lui répondit avec un petit sourire :

"Croyez-moi, il ne vous a pas tuée sur le coup, c'est beaucoup plus qu'il n'en a accordé à d'autres. Vraiment, là, dans l'état où il est, il est prêt à discuter.

- Très bien."

Elle fit un signe au garde derrière, qui tenait toujours Grunlek à l'oeil. Il posa sa hache sous son regard approbateur.

"Très bien. Ce que j'ai à vous proposer, c'est quelque chose qui pourrait changer vos vies, tout comme elle pourrait changer la nôtre."

Aventures Saison 3 - La FanfictionOù les histoires vivent. Découvrez maintenant