Le génie du groupe avait fini par s'assoupir sur le clavier. Il avait tellement parlé avec moi qu'il était débordé d'informations et d'idées, mais cela était avant que XANA arrive pour une petite visite et que je pouvais lui donner une bonne correction... Seulement il était simplement contrôlé, et j'avais fini par tuer un innocent. Je me maudissais, car au fond, je savais que mon temps était compté, auquel cas on me retrouverait et l'on me mettrait en prison. De plus, je n'avais aucunement flanché devant le cadavre, contrairement à Jérémie. J'avais vraiment changé. Et c'était maintenant que je le remarquais.
L'écran de l'ordinateur affichait huit heures.
J'étais allongée au sol, tant l'intelligence artificielle m'avait fait mentalement du mal. J'étais complètement épuisée. Et pourtant je n'arrivais pas du tout à m'endormir.
Le souvenir de ma mère me hanta un petit moment. Je voulais la retrouver. Lui dire que je l'aimais. Lui demander mon pardon pour n'avoir rien fait. Mais bien évidemment, cela n'était que des phrases bateau et cela semblerait long. Très long. Je n'étais qu'ici, dans le second monde. Il y en avait huit. Et maintenant, XANA me barrait ma route. Qui avait raison ? Je ne le savais pas.
Les portes du monte-charge s'ouvrirent. J'ouvris mes yeux pour tomber sur Yumi, qui semblait ne pas m'accorder un regard. Elle passa le bonjour à Jérémie, qui visiblement était en train de dormir. Je me levai d'un bond, et me dirigea vers le génie du groupe.
- Eh Einstein ! Debout ! Fit Yumi en le secouant.
Il gémit et ouvrit les yeux doucement. Il y passa ses mains avant d'apercevoir la jeune femme. Il fit un geste de la main. Je fis de même, après que celui-ci se soit retourné vers moi. Yumi expliqua alors que les autres prenaient leur petit déjeuner, et qu'ils allaient bientôt pointer leur nez au labo. On hocha la tête en signe de compréhension.
- Sinon, ce programme donne quoi ? Demanda-t-elle.
- J'ai l'essentiel en soi, commença Jérémie, seulement j'ai pas envie de faire un faux pas, cela semble plus compliqué que prévu.
- Il se peut que le programme ne fonctionne pas comme le cœur du problème est chez XANA, renchéris-je.
Je sentais quelque chose me fouiller dans mon esprit, je devais faire attention.
- Il te surveille. Fait attention, me fit la voix de l'hologramme.
Jérémie éleva la voix pour prononcer son idée, mais je lui fis signe de se taire.
- Il se passe quelque chose ? Demanda le concerné.
- Oui, et si tu le dis, c'est ta parole contre toi. Répondis-je d'un ton sec.
XANA comprit mon petit jeu, et s'en alla, partiellement. Il continuait, je pense, de m'écouter avec une petite oreille. Yumi observa l'heure sur son téléphone. Il était huit heures quatorze. L'ascenseur s'actionna, monta et descendit avant de montrer le reste du groupe. D'un ton enjoué, ils répètent tous en cœur un bonjour agréable à entendre.
- Alors Einstein a encore dormi dans son labo ! Dit Odd d'un ton humoristique.
- Et pour une fois, il était accompagné d'une jolie fille ! Renchérit Ulrich.
- Eh ça va pas ! Firent Yumi et Aelita sur le même moment.
Tout le monde rigolait, sauf William. Il me dévisageait. D'un ton noir. Il dit d'une manière que je ne pouvais pas entendre, comme une invitation a mettre tout au clair, comme je l'avais demandé hier soir. Je m'approchais de lui et le mit a l'écart en ma compagnie.
- Dis moi une bonne raison de rester, car je suis pas du tout d'avis avec le reste du groupe, commença William en mettant cartes sur table.
- Je n'ai plus rien à voir avec eux. Je me suis enfuie, affirmais-je.
- Mais tu peux être des leurs et nous mentir hein !
- C'est impossible, car je suis partie peu après ton départ.
Il fit une tête alors que je n'avais pas forcément bien vu : de l'étonnement. Il tremblait un petit peu, pour des raisons inconnues. Il tourna la tête vers les autres qui n'écoutaient pas notre conversation puis se tourna vers moi près à tour entendre.
- Après mon départ ? Demanda-t-il.
- On était les deux seuls vrais humains du groupe.
- J'ai pas forcément l'image, mais continue.
- Le projet des réplikas. Ton entraînement, énonçais-je en liste.
- Comment tu sais ça ? Fit-il avec le même étonnement.
-Ah, j'avais oublié que c'est la seule partie que tu n'avais pas oublié. Sinon oui. C'était avec moi que tu t'entraînais.
- Et pourquoi le reste ne me reviens pas en tête ?
- Car tu l'as oublié. Ils te l'ont fait oublier, dis-je d'un ton sec.
Il posa ses mains sur son menton comme une pose de réflexion. Il buvait mes paroles et y croyait. Et c'était la réaction que j'attendais, car en effet il devait se rejoindre de mon côté. Il était le seul à en savoir davantage sur moi. Et donc pour savoir quoi faire pour me débarrasser de cette merde.
- Mon entraînement... Soufflait-il.
- Tu comprends ce que je souhaite maintenant ? La même chose que tes amis t'ont fait, dis-je d'un ton faussement mélancolique.
Il hocha la tête, et prit cette réflexion pour lui. Mon ton mélancolique semblait fonctionner, car il ne fit aucune réflexion sur cela.
- Je m'entraînais avec une femme aux cheveux argentés, pas aux cheveux noirs... Ça me revient... Soufflait-il à nouveau.
- C'était chez XANA, dis-je. Je n'ai pas la même forme là-bas et ici.
- Donc...
- Oui. C'est moi, dis-je d'un ton bas.
Son regard passait de son groupe à moi, et de moi à son groupe. Il m'observait d'un autre regard, avec celui qu'on donnerait à un ami de toujours. Un regard rempli de compassion.
- Contente de te revoir, William, m'exclamais-je en tendant ma main.
- Heureux de te voir de nouveau, Trey, ou devrais-je dire, Maylis, fit-il en me serrant la main.
Je tirais une sorte de... comment on appelait ça déjà ?
Je ne pouvais rien faire d'autre pour le moment, pour avoir cet homme dans mon camp. Les autres gens du groupe remarquèrent que notre discussion touchait à sa fin. Ils nous demandèrent alors de les rejoindre.
Cette scène était la même quand on nous appelait pour terminer le projet des replikas, ou encore quand on nous appelait pour nous entraîner. On était proche de l'autre, prêt a écouter ce que notre interlocuteur avait à nous dire.
VOUS LISEZ
8 Worlds - First Part
FanfictionMirage. Je me souviens de mon père qui jouait avec moi. De ma mère qui me donnait à manger. Je me souviens de Kadic, où je me faisais souvent laminer, comme l'autre, que je n'ai jamais osé approcher. Je me souviens de Jim, le professeur de sport et...
