Chapitre 36 - On se casse !

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Mercredi. Jour du bal.

Tout était prêt pour que je parte dans le troisième secteur. Le mini Skid était prêt, j'étais rétablie, j'avais dormi entre temps, et rien de grave ne s'était produit. Aujourd'hui allait être un jour grave pour X.A.N.A., car ils allaient encore perdre en puissance. Plus de questions à se poser, je devais juste foncer vers mon objectif, et me tirer d'ici.

Avant de sortir regarder le temps, car je n'avais plus l'heure pour le moment, je pris soin de bloquer le monte-charge à l'aide d'un mémo papier qui était quelque pars au sol. Une chance qu'il était présent. Personne n'allait passer par ici certes, mais je ne le sentais pas trop.

Je finis par faire l'ancien chemin que l'on empruntait afin de rejoindre l'extérieur. Il était toujours aussi long, mais moins que la fois passée. C'était sans doute la dernière fois que j'allais passer ici.

Une fois dehors, je pus remarquer que le crépuscule s'était installé. Parfait, je suppose que le bal commençait à ce moment précis de la journée.

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L'accès vers le gymnase était bloqué. Celui vers le parc était surveillé, mais possible.
Il y en avait un autre que je ne connaissais pas, mais qui faisait partie aussi du parc.
Il y avais aussi la grille, mais c'était surveillé.

Il m'était quasiment impossible d'arriver vers la salle sans me faire remarquer et emmené dans un poste de police.

J'avais l'impression d'avoir déjà fais ça...

Il n'y avait pas forcément de caméras de surveillance vers le stade, qui pouvait donc mener vers le gymnase. Et de loin, je voyais immédiatement que l'entrée était surveillée... Par des élèves. Sissi en faisait partie.

- On joue à Hitman ? Cette fois c'est pour de vrai.
- Ouais... J'ai pas le choix de toute manière.

La voix masculine ne semblait pas trop apprécier.
Pendant ce temps-là, je regardais les environs pour trouver une issue.

- D'après les caméras que j'ai en visuel... Élisabeth Delmas est à l'entrée, en compagnie de deux camarades, nommés Hervé Pichon et Nicolas Poliakoff. Ensuite selon les caméras à l'intérieur, il reste des adultes qui installent le matériel, Suzanne Hertz ainsi que Gilles Fumet.
- Je ne le connais pas mais passons...
- Les élèves sont de l'autre côté, vers les dortoirs. Jean-Pierre Delmas arrive également vers l'entrée en fauteuil roulant. Ton groupe d'amis se situe dans les dortoirs : Aelita et Yumi dans la chambre de Sissi, Jérémie avec Odd, et Ulrich seul dans la chambre. William est en revanche devant le réfectoire et doit certainement attendre Yumi.
- Ok, tu as le moyen de savoir qui compte être avec qui ? Ils ont dû le dire dans la chambre de Jérémie.
- Attend une minute...
Ah voilà je l'ai : Yumi avec William, Aelita avec Jérémie, Odd avec Sissi. Et Ulrich était absent à ce moment.
- Ok j'ai trouvé. Faut que je contourne le grillage, normalement on ne me verra pas.
- Victime en cible ?
- Ulrich Stern. Il est tout seul, je peux le forcer à m'aider.
- Je te préviens du danger.
- Bien, sire.

Je regardais autour de moi sans cesse pour ne pas me faire avertir par la voix masculine. Je me souvenais que je jouais souvent à ce genre de choses pour m'entraîner. C'était plus ludique selon lui. Et effectivement, mes pas ne s'entendaient pas. Je m'arrêtais derrière le gymnase, devant la piste. Il y avait quelqu'un.

Merde !

Je filai à toute vitesse vers un des chemins du parc, avant de le suivre tout bêtement. La voix masculine ne disait absolument rien.

Je finis par contourner le bâtiment administratif et atterrir dans la cour. Elle semblait pas si vide : il y avait des élèves vers le distributeur. Bon tant pis, je devais ressembler à une collégienne pour pouvoir passer.

J'essayais tout de même de passer très vite vers l'intérieur diu bâtiment.

- Où est la chambre de Ulrich ? Dis-je à voix basse. C'est bien beau mais si je suis seule je ne me repère pas.
- Hum... Je te dis cela.

Silence quelques secondes pendant que je pris la peine de monter un étage. Je savais bien que les dortoirs se situaient à l'étage, je m'y étais rendue.

- Premier étage, 6e porte vers la droite. Si je suis pas fou, elle est entre-ouverte.

Je me dirigeai vers la porte menant aux dortoirs. Je faisais vraiment attention. Parfois, des élèves vêtus élégamment se baladaient, sans se soucier de mon apparence, ou même de savoir qui j'étais. Sans doute d'être étonnés de voir une fille à l'étage des garçons.

Finalement, j'arrivais vers la chambre de Ulrich et Odd. La porte était effectivement entre-ouverte, et il était seul, en position fœtale, sur son lit. Il n'était même pas habillé, ni rien. Juste dans sa tenue habituelle.

J'ouvrais la porte. Elle commençait à grincer. Il me regardait alors, les yeux complètement rouges avec ses pleurs.

- Maylis..? Dit-il à voix basse.

Je le regardais tout en entrant dans sa chambre, sans permission. Je fermai la porte. Il commençait alors à se lever, et me considérer tout en continuant à faire couler des larmes.

Je savais ce que cela voulait dire... Il était...

- ...triste. Réconforte le et prend le pour la mission.

Je pris une inspiration alors pour essayer de trouver les bons mots.

Mode réconfort.

- Il s'est passé quelque chose durant mon... Absence ?
- May...lis... Dis moi que je rêve... Hallucinait complètement Ulrich.
- Calme-toi. C'est bien moi. X.A.N.A. n'attaque pas. Tu sais ce qu'il s'est passé. Ça va aller. Je gère. Répond moi.

Il finit par s'assoir. Je posais une main sur son épaule comme me dirait de faire la voix masculine. Et bizarrement Ulrich ne me poussait pas.

- Je me sens seul... Ça ne commence pas sans une cavalière... On s'est tous bien entraînés hier à faire nos pas. Et au moment de faire nos couples... Elle s'est laissé faire... Yumi avait choisi de danser avec William, comme il était bien plus doué que toi.
- Eh t'en fait pas, il n'y a pas de mort.
- Dis, tu n'es pas venu pour me tenir compagnie pour le bal, je doute que ce soit cela...
- En effet. Je n'ai pas la tête à danser. J'ai plus la tête à buter X.A.N.A. dans le troisième secteur. Et vraiment commencer mon voyage...
- Ton voyage ?
- Je n'aurais pas dû dire ça... Dis, au lieu de rester là à pleurer, on se défoulerait pas un peu sur l'ennemi ? Normalement on peut s'en occuper à deux.
- J'ai pas tellement envie de faire ronchonner le groupe en leur donnant raison... Mais bon, c'est mieux que rester là à ne rien faire. Je te suis. En échange, tu m'explique ce que tu voulais dire par "voyage"
- Il était temps ! Beaucoup trop simple ! Mission réussie.
- D'accord... Alors... On se casse !

Sans même se changer, nous prîmes le chemin inverse que j'avais pris quelques dizaines de minutes plus tôt. Ulrich semblait reprendre de la couleur à chaque pas qu'il effectuait.

Le passage Kadic-Usine semblait assez long, mais en valait la peine selon moi.

8 Worlds - First PartOù les histoires vivent. Découvrez maintenant