Chapitre 8 - Yui *1*

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Quelqu'un criait. Sans doute ce tout petit garnement, avec ses petits pieds, ses petites mains. Ce petit truc gigotait dans tous les sens. La bouche ouverte, elle avalait le plus d'air possible, tout en pleurant. Un cordon la reliait a une autre jeune femme, beaucoup plus grande et couverte d'une couverture assez épaisse pour ne rien observer d'un coin élevé de la pièce.

- C'est une fille ! Félicitations madame ! s'exclama une sage-femme.

La femme en question avait les yeux devenant de plus en plus sombre, signe de fatigue, avant de se ranger du côté de son lit d'hôpital. La femme, certainement un minimum âgée, manipulait les outils chirurgicaux pour couper ce cordon, ce bout de peau et le ranger dans une boîte. Elle plaça ensuite le nouveau-né dans un lit d'hôpital, a première vue normal. Je sentais à ce moment précis comme si l'on me faisait du mal à mon cœur, à ma tête. Même si je me mettais à crier, personne ne l'entendait. La petite se mit à immédiatement fermer les yeux, et ses mains se fermaient à peine.

Les heures défilaient a vue d'œil sur l'horloge située au dessus du lit de la nouvelle mère. Les médecins se changeaient les rôles au fur et a mesure, sortaient et entraient dans la chambre. Le placenta de la jeune femme retiré, on la laissait dans les bras de Morphée pour qu'elle reprenne des forces.
Le Temps. Il passait très vite, comme dans les dessins animés dans mon enfance. Je ne voyais jamais ces personnages dormir ou faire leur toilette par exemple.
Je voyais donc la jeune femme ouvrir ses yeux, dans la journée, puis un jeune homme ouvrir cette porte, située à la droite du lit. Puis, il s'assit aux côtés de la jeune femme, observant de loin sa fille, dormant à poings ouverts...

- Elle ressemble exactement à Yui, n'est-ce pas ? Un mélange de nous deux...
- Elle te ressemble beaucoup plus je trouve, fit la jeune femme tout en caressant la main du jeune homme blanc.
- Et en plus, maintenant, ce n'est pas juste dans un j...

Plusieurs médecins et infirmiers entrèrent dans la petite pièce assez pressés. Deux d'entre eux tenaient un berceau assez ancien, relié a une machine assez futuriste. Ils déposèrent le tout vers un coin de la pièce non utilisée.

- Vous qui étiez des piégés de ce jeu merdique, je ne vais pas vous le cacher, doivent, par le règlement, faire passer leurs enfants par cette machine. Commença un des infirmiers.
- Attendez une minute... C'est quoi ce berceau ressemblant à un cercueil ?

J'étais un peu d'accord avec le jeune homme, tout en ne savant pas ce que je faisais là, dans un rêve qui n'était pas mien. Le visage du bébé était complément flou depuis le début, comme ceux de la jeune femme et du jeune homme, qui semblaient être mariés.

- Un chercheur l'aurait créé suite à l'incident du jeu vidéo que je ne citerais pas. Il sert donc à vérifier si l'enfant n'est pas corrompu par ce processus, termina sèchement un médecin, comme si cela était une simple leçon.

Ce dernier prit l'enfant dans ses bras, armé de ses gants, et, avec l'aide de plusieurs infirmiers et médecins, placèrent le jeune né dans le berceau. Ils placèrent un a un des électrodes, puis tout devenait flou. Plus ils en ajoutaient, plus je voyais rien.

- Mirage créé.

Des voix criaient, horrifiés. J'entendais des pleurs, de la tristesse...

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- Maylis ! Maylis ! Lève toi bon sang ! Entendis-je d'une voix que je connaissais depuis peu.

Mes yeux s'ouvrirent peu après. Je me trouvais dans une tour, et le tout semblait un peu plus sombre depuis la fois dernière.
J'étais dans la réalité ? Le fictif ? Je touchais ma jambe qui semblait, elle, bien réelle. Qu'était donc ces visions ? Cette femme ? Ces électrodes qui floutait ma vision ? Cet enfant qui me donnait comme des coups de poignard ? Et surtout, qu'était ce rêve, tout court ?

- Il s'est passé quelque chose, Aelita ? demandais-je.
- Oui, et même beaucoup de choses à te dire.
- Explique-moi, alors.
- Tu es tombée a très faible points de vie, même en dessous de 0, mais tu ne t'es pas faite dévirtualisée. Ce qui était anormal, c'est que tu faisais couler du sang de ta bouche, qui détruisait les platformes de Lyoko. On a découvert certaines choses une fois que l'on t'a ramené ici, en plus de ce que l'on convoitait de base, finit-elle de m'expliquer.
- Et le cœur ?
- Sain et sauf, rassure-toi. Tu nous a un peu aidé à la tâche, conclua-t-elle.

Un vide de paroles s'installa dans l'atmosphère. Je regardais Aelita traiter des données depuis une palette, ainsi que la platforme principale au loin, tout en étant allongée. En me levant, je pris le soin d'observer les gestes de mon amie.
Énormément de fenêtres minuscules s'affichaient sur la console, et la jeune femme s'en servait avec habileté. Tout en marmonnant dans sa barbe, elle jouait avec les onglets, même si son travail était primordial et très sérieux.

- Les autres sont avec toi ? posais-je comme question.

Aelita semblait très concentrée dans son travail. J'avais même l'impression qu'elle n'avait pas entendu.

- Ils sont partis se coucher, Ulrich, Yumi, Odd et William se sont fait dévirtualisés durant le combat, et le plus souvent juste après ton évanouissement. J'étais la seule présente pour tout remettre a peu près dans l'ordre pour que le cœur puisse se régénérer, et suis également restée pour te surveiller, comme Jérémie ne pouvait pas te dévirtualiser dans ton état critique, finit-elle.

Elle se remit ensuite sur son travail. Je me déplaçais vers le bord et m'y assit. Je me regardais attentivement. Des traces de sang séché restait sur mes doigts blancs. Et pourtant nous étions que des avatars dans cet endroit, je ne comprenais pas comment ce sang est apparu, nous étions dans un monde virtuel et non réel... Le reste de mon corps semblait ne pas avoir été touché, et ce qui était taché de sang le restait. Le plafond ne semblait pas exister, tout était sombre.

Soudain, la jeune femme en rose s'exclama d'une manière un peu brusque. Elle frappait avec son poing l'écran.

- Mais pourquoi on l'avait pas vu avant ? C'était juste des maths appliquées ! Juste sous mes yeux ! Bon sang !
- Il se passe quelque chose, Aelita ? Demandai-je.
- Oui, je crois avoir compris ce que XANA t'a fait, comme à nous tous. Je dois prévenir Jérémie au plus vite...
- J'ai rien compris.
- Ce dernier nous avait transplanté du code en nous, il pouvait tout simplement prévoir nos mouvements, comme ton cas, commença-t-elle.
- Et ensuite ?
- Et toi... Trente-cinq et soixante-six, ça fait cent un, je me trompe ?

Je ne voyais vraiment pas où elle voulait en venir. Le tout semblait flou et étrange dans ma tête.

- Je peux te confirmer que nos codes allaient jusqu'à cent, me fit-elle part.

8 Worlds - First PartOù les histoires vivent. Découvrez maintenant