Chapitre 28 - Le plan

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Nous venions de sortir du labo. On était un peu silencieux après ce que Yumi venait de dire.

"Partez sans nous."

Est-ce que les autres étaient déjà au courant ? Sans doute. Ils étaient déjà tous groupés. Ils ont dû donc se prévenir l'un l'autre.

Le chemin semblait interminable. Ce n'était plus le chemin emprunté par le monte-charge, car on devait faire un détour toujours aussi interminable. Je voulais terminer cette journée, et explorer Lyoko plus en détails. Ce tuyau m'intrigrait au plus haut point, car bien que je le sache, il y avait jamais un conduit comme tel raccordé au 5e Territoire.

- Dis Jérémie, on est d'accord que le Skid doit sortir de son garage et du 5e Territoire avant de pouvoir entrer dans la mer numérique ? Demandais je.
- Oui, car le 5e Territoire est une coquille. On risquerait de le casser sinon, et je parle du Skid.
- Bien... Alors c'est bizarre.

Il ne répondit pas. Nous venions de sortir de l'usine. Nous prîmes le chemin inverse d'il y a un certain temps déjà, avant de rejoindre la grille, en compagnie du groupe qu'il restait.

Le chemin se fit en silence. Même Sissi était silencieuse.

- Je vous avoue que c'est assez bizarre de ne pas entendre Sissi sur un trajet, s'exclama Odd.
- On ne t'a pas demandé de commenter, fit William. Vu la situation, je pense que ce soit normal qu'elle garde le silence.
- Merci William, conclua Sissi elle-même.

Si Yumi était présente, je pense qu'elle aurait réagit comme tantôt, en lui criant dessus, même si cela n'était pas très approprié en lieu public.

Le soleil commençait à tomber. Je le fixais, comme si ce dernier me disait quelque chose.
Il me manquait une case dans la tête ou ?

C'était tout de même assez nouveau de ressentir cela.

Cependant, et très vite, j'oubliais ce sentiment, comme s'il était effacé de mon être. Et le reste. J'avais le visage livide, dans ma tête. Je n'avais qu'une mission : rester avec les lyoko-guerriers.

Personne ne prit la parole depuis Odd, car le respect semblait se voir dans le visage des autres.

N'oublions pas que le principal, le père de Sissi, était aux urgences.

Nous étions arrivés devant la porte vitrée, qui s'ouvrit devant nous à notre passage.

Nous attendions comme demandé par Aelita et Jérémie, puis Sissi se dirigea vers l'accueil pour demander certainement à rendre visite.

Cela prenait du temps, alors chacun d'entre nous ici présents se firent un café, un chocolat ou encore un thé. Pour ma part, cela restait café, quelque chose de classique. Comme beaucoup d'aliments, cela n'avait pas de goût pour moi. C'était un breuvage qui m'alimentait, rien de plus.

- Bon, Einstein, c'est pas tout mais tu nous a pas dis ce que tu comptais faire, commença Aelita.
- Ah oui, je devais vous expliquer... Alors...

Il y eut un blanc de quelques secondes, où tout le monde regardait Jérémie dans le blanc des yeux.

- Ce soir, je vais travailler un peu sur le programme du Skid. Maylis restera au labo, on sait jamais si XANA attaque. Demain matin, je la laisserais toujours au labo pour qu'elle puisse écouter le discours qui va être annoncé dans le gymnase. L'après midi, je continuerais d'ébaucher la mise à jour du Skid pour vous intégrer tous. Vous allez également faire votre premier sale boulot.
- J'ai pas compris où tu veux en venir, réagit Odd.
- Aelita et Maylis ont enterré Tyron dans le collège, mais l'affaire est sans doute en cours avec ce que j'ai vu quelques jours avant. On doit brûler le cadavre.

- Dit leur non, je sais que tu as pensé à cette possibilité, mais là tu vas te faire démasquer. On ne doit pas se faire remarquer.

Je fis immédiatement un non de la tête. Aelita me tendit une feuille et un stylo qu'elle avait au préalable, avant d'écrire un pavé expliquant le fait que l'on pouvait se faire remarquer. Je ne voulais pas la prison pour quelque chose qui me semblait totalement... Inutile.

En effet, je l'avais tué. En effet, j'avais touché un corps. Mais ce sentiment était rapidement parti, lui aussi.

- Bon bah changement de plan, vous irez mettre des graines sur la tombe, on va le camoufler davantage. Vous n'expliquerez rien à Sissi, sauf le fait que vous devez chercher des fleurs pour son père. Pigé ?

C'était bien lugubre tout ça... Comme si lui aussi n'avait plus de sentiments.

- Ouais, firent tout le monde en coeur.
- La nuit, je lancerais enfin le programme, et Maylis restera au labo. Lundi on s'occupe du bal, vous avez déjà vos partenaires, on va voir nos tenues et tout.
- Einstein qui s'occupe de la m-
- Odd, stop, fit Aelita.
- À tissouais !
- ODD !! Firent tout le monde.
- On a compris, ajouta Jérémie.

Tout le monde finit par accepter ce qui devait se produire.

Sissi finit par arriver, et que les visites étaient encore possible pour 10 minutes.

- T'étais longue quand même ! Fit Odd.
- Tu sais, la France et l'administration... Ça fait deux.

Tout le monde se tut et se dirigea vers la salle que la nouvelle indiquait. Elle toqua à la porte, et finit par y entrer. Elle nous fit signe de la suivre ensuite.

Le principal était couché sur le lit. Il y avait un masque de respiration à côté de lui. Je n'arrivais quasiment pas à l'entendre.

- Je l'ai bien échappé belle...
- Mais papa...
- Ne pleure pas devant tes camarades.

Elle pleurait tout de même à chaudes larmes. Je ne comprenais pas le pourquoi du comment de cette situation. Elle devrait en être contente, normalement, on est content quand quelqu'un vit, je me tromperais peut-être ?

Je n'en savais rien et la réponse ne serait jamais là.

Après cela, le groupe échangea quelques banalités avec l'adulte, en donnant des nouvelles de l'établissement auquel il tenait beaucoup.

- Faites... Que ma fille ne fasse pas de bêtises, je vous fais confiance.

Tout le monde hocha la tête, avant de partir la tête haute de la salle.

Les visites étaient terminées pour la journée.

Nous quittâmes le bâtiment, puis Jérémie m'indiqua le chemin à prendre pour me rendre au labo. Suite à cela, je le pris, non sans pas inspecter mes alentours, pour m'en souvenir si il y avait un soucis. Après tout, des années étaient passées, et en vérité, je n'étais quasiment jamais sortie de la maison où j'étais.

8 Worlds - First PartOù les histoires vivent. Découvrez maintenant