Bon.
Est-ce que, SELON VOUS, „tu as l'air d'une vraie folle" sonne comme un compliment ?
...
C'est bien ce que je pensais, c'en est pas un ! Pour moi, ça a même plutôt l'air d'une insulte ! Eh bien, figurez-vous que pour notre très cher Till Lindemann, cette jolie observation est un compliment très flatteur ; il ne comprenait donc pas pourquoi, le jour des essayages des nouvelles tenues, je lui avais lancé un regard absolument glacial alors qu'il commentait mon nouveau look.„Was ?" S'était-il offusqué, installé avec les autres sur le petit banc de la salle d'essayage. Enfin, au moins, son commentaire déplacé avait eu le bénéfice de faire rire Paul et Richard...
Devant le grand miroir, je m'observais sur toute les coutures, me tournais et retournais dans tous les sens, grimaçant parfois en découvrant les quelques surprises que me réservaient ma tenue ; AKA le petit body déchiré et calciné... Donc, troué.„Mein Gesäß ist sichtbar..." Me plaignais-je, dans un Allemand encore un peu hésitant, mais que je m'efforçais d'améliorer chaque jour.
Sur ma hanche, un trou dévoilait une bonne partie de ma fesse droite, pour mon plus grand malheur... Pas que je sois exagérément pudique, mais enfin, j'allais devoir porter ce body devant des milliers de personnes ! Tout de même !D'autres déchirures dévoilaient une épaule, mon nombril, un morceau de cuisse et de mollet... Joie.
Richard, qui avait l'air de beaucoup apprécier mon nouveau look (il ne cessait de me sourire bêtement depuis que j'étais sortie de la cabine...), s'insurgea immédiatement, sur un ton très taquin :„Les flammes ne choisissent pas où elles brûlent !"
Je lui lançais un regard aussi glacial que celui que j'avais envoyé à Till, et répliquais :
„Ce ne sont pas LES FLAMMES qui ont imaginé ma tenue !"
Du coin de l'oeil, je vis Till dissimuler „„„discrètement""" les croquis de ma tenue dans son dos. Greuh... Il perd rien pour attendre...
Alors que je pestais contre la matière très élastique qui avait tendance à me rentrer entre les fesses dès que j'esquissais le moindre mouvement, la couturière déboula dans la pièce en me balançant milles compliments en Allemands, que je ne pus tous comprendre tant elle les enchaînait à toute vitesse sans respirer. Nan, vraiment... Elle avait une bouteille d'oxygène cachée quelque part ou...?
Tout en remuant ses longs cheveux noirs parfaitement raides, elle m'ordonna d'un geste de l'index de me tourner devant elle, afin qu'elle puisse m'admirer toute entière. J'obéissais, apeurée... Bah, ouais, vous auriez vu les ongles qu'elle avait ! De vraies griffes, toutes peintes en rouge ! Euark.
Alors que je terminais mon petit tour, elle se mit à applaudir en me souriant largement, ravie. Ne sachant trop comment réagir, je me mettais également à l'applaudir et Paul éclata de rire.
„Sehr schön !" me fit la couturière, absolument pas perturbée, avant de disparaître une nouvelle fois, perchée sur ses talons aiguilles. Je la regardais partir, puis revenir presque immédiatement les bras plein d'accessoires... Cette fois-ci, j'aurais l'honneur de choisir ! Bien sûr, comme je n'y connaissais trop rien, les membres m'aidèrent un peu à me décider ; j'optais finalement pour une double chaîne que j'accrocherais autour de mon cou, me donnant ainsi l'air de m'être échappée d'une cage ; une petite ceinture en cuir ornée d'épais clous et, enfin, une espèce de cape à capuche déchirée et à l'aspect très sale, que je porterais sur la chanson „Mein Teil".
Quant à mon maquillage... A part pour mes yeux, qui seraient largement maquillés de noirs pour me donner de grosses cernes, mon visage et les parties visibles de mon corps seraient maquillés de sortes à donner l'impression que je viens juste de sortir rescapée d'un incendie. Mes cheveux seraient ébouriffés, et je devrais adopter le comportement d'une sauvage que Till essaye tant bien que mal de maîtriser sur scène, d'où l'aspect „je te porte comme un sac à patate" ou encore „je te maltraite, te balance par terre et te menace à coups de micro" dès que mon personnage tenterais de se rebeller.Je me tournais vers le miroir, et eu un petit rire nerveux. Ainsi maquillée et habillée, je ne me reconnaissais qu'à peine... Le seul truc qui n'avait pas trop changé, c'était mes cheveux ; certes, ils étaient un peu plus décoiffés, mais... Pas beaucoup plus sauvages et désordonnés que d'habitude, finalement.
Vous vous en doutez... Je n'étais pas toute maquillée simplement pour essayer la tenue... Dans la pièce d'à-côté, un petit studio de photographie avait été installé, afin de présenter quelques photos en groupe sur les affiches de la tournée.
Je ne ferais sur cette séance de photographie qu'UN SEUL commentaire : Till s'est éclaté, ce bougre ! Sur certaines photos, j'apparais contorsionnée au sol, Till me tenant au bout d'une épaisse chaîne attachée autour de mon cou, pendant que les autres membres m'observent comme une bête de foire. Sur d'autres, je suis pliée en deux sur son épaule, portée comme un animal mort, les bras pendouillant misérablement et une expression horrifiée sur le visage ; les autres posent normalement, comme si tout était normal. Sur les dernières, je suis tenue en arrière par les épais bras de Richard, et Till me saisit le visage pour me forcer à regarder l'appareil photo ; Paul tient dans sa main une espèce de taser, au cas où il faudrait me maîtriser.
...Ouais, je me suis vraiment surpassée pour parvenir à incarner mon personnage. Mais finalement, je m'en sortais assez bien ! Bien sûr, je devais toute cette attention à Emu, qui avait trouvé pertinent que je sois mise en avant sur les affiches ; comme j'étais le „nouvel élement" et une actrice importante durant les scènes avec Till, il fallait bien que j'apparaisse sur les affiches !
Inutile de préciser que toute cette attention me rendait nerveuse au possible ; j'aurais préféré être au fond, cachée derrière Ollie...Mais Ollie ne pourrait pas me cacher, durant les concerts. J'allais devoir m'habituer à ma visibilité, et très vite...
Après tout, la tournée démarrait dans quelques mois seulement.
Tatatintin...
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Comment j'ai fais ? [RAMMSTEIN]
FanfictionTout allait bien, avant. J'allais en cours à la fac, je jouais sur mon synthétiseur, je mangeais mes patates smileys après la gym... Puis, un beau jour, mon père a eu la brillante idée de me faire participer à un casting. CONTRE MA VOLONTE. Oh, puis...