Confrontation

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Les vacances étaient loin d'avoir été sereines pour Hermione. Tout d'abord, il y avait eu l'étrange demande de Blaise Zabini. Elle y avait beaucoup repensé et elle devait reconnaître qu'elle croyait sincèrement que les gens pouvaient changer et, si elle avait la moindre chance d'ouvrir les yeux de Malefoy sur son Maître et les pseudo-valeurs qu'il défendait, elle se devait de la saisir. Après tout, Zabini n'avait pas tort : Malefoy avait été élevé dans ces croyances depuis tout petit et elle ne pouvait pas objectivement lui en vouloir d'y adhérer.

Elle en était donc venue à la conclusion que manipuler Malefoy ne lui servirait pas qu'à essayer d'obtenir des informations sur les Mangemorts. Non, elle essaierait également de lui faire prendre conscience de toutes ces absurdités par la même occasion.

Hermione avait aussi beaucoup pensé à l'épée de Gryffondor. Cette dernière était donc un moyen pour détruire les horcruxes ; nettement moins dangereux que le Feudeymon, d'ailleurs, si elle en croyait ce qu'elle avait lu dans ses livres alors qu'elle séjournait au Terrier. Aujourd'hui, elle regrettait sincèrement leur présence... mais elle espérait aussi que son sac avait pu aider ses amis, où qu'ils soient. Après tout, elle avait toujours accès à la bibliothèque de Poudlard et eux étaient quelque part, elle ne savait où.

Malheureusement, ses espoirs de récupérer l'épée dans le bureau de Rogue avaient été réduits à néant lorsqu'elle avait surpris une discussion entre la Grosse Dame et son amie Violette le premier de l'an. Apparemment, elles se plaignaient du ramdam que causait Rogue depuis un moment en nettoyant son bureau. Elles étaient choquées qu'il ait ainsi osé toucher aux affaires que Dumbledore y avait laissées, y compris de nombreuses reliques ayant appartenu aux Fondateurs. Hermione avait essayé de leur demander ce qu'il en avait fait mais Violette lui avait répondu, d'un air qu'elle avait sans doute voulu hautain mais qui était surtout éméché, que ce n'était absolument pas ses affaires.

Le fait était qu'il y avait très peu de chances pour que l'épée de Gryffondor soit encore au château.

Et au milieu de tout ça, il y avait eu Ernie et ses relances plus ou moins discrètes pour l'AD. Hermione esquivait ses questions comme elle le pouvait, préférant attendre le retour de Neville et Luna pour planifier une nouvelle réunion.

C'est donc perdue dans ses pensées qu'Hermione attendait son ami, confortablement installée dans le canapé de la Salle commune qui faisait face à la cheminée. Un brouhaha joyeux lui signala les premiers retours de ses camarades et elle sentit l'impatience la gagner : si ça avait été reposant de ne plus avoir Malefoy sur le dos sans arrêt, ses amis lui avaient beaucoup manqué.

Au bout d'une vingtaine de minutes, Neville passa enfin l'ouverture gardée par la Grosse dame. L'air soucieux qu'il affichait interpella tout de suite Hermione.

- Hey Neville, bonne année ! le salua-t-elle gaiement malgré son appréhension.

- Merci Hermione, à toi aussi, lui répondit-il avec un maigre sourire.

- Ça ne va pas ?

- Je... je n'ai pas vu Luna dans le train... Je l'ai attendue à la gare de Pré-au-Lard, au cas où on se serait loupé mais rien... Déjà à l'aller, elle avait disparu le temps que j'aille aux toilettes, je suis super inquiet.

- Comment ça, disparue ?!

- Eh bien, je me suis éclipsé le temps de... enfin, tu vois... et le train s'est arrêté brusquement. Pas moyen de sortir des WC mais tout était étrangement silencieux. Au bout d'un moment, le train est reparti et la porte s'est rouverte. Mais en retournant dans notre compartiment, Luna n'était plus là. J'ai pensé qu'elle était partie rejoindre des amis de Serdaigle mais je ne l'ai pas revue... Et une fois à la gare, ma grand-mère n'a pas voulu attendre, on a transplané aussitôt. D'après Grand-mère, les disparitions sont de plus en plus fréquentes...

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