Appelez-Moi Il Et Oubliez-Moi

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06.10.19

Je devrais être en train de réviser mon bac blanc de demain, mais je me retrouve là à la place.

J'suis encore non-binaire. Mais j'sais pas, je sens qu'après 1 mois je change de phase. Je deviens un gars mais c'est beaucoup moins directe que d'habitude. Ça me touche de plus en plus qu'on m'appelle Elle et Marjorie. Ça me perturbe. Ça me surprend à l'oreille. Quand je fais pas attention, je ne réagis même plus quand on m'appelle comme ça.

Beaucoup de choses m'énervent ce soir.

On a fait un débat con. Et Owen m'a dit "Timo t'es pas un exemple non plus". C'est incroyable les mots qu'on peut employé sans se rendre compte qu'on fait mal aux autres parce qu'on ne connait pas leur situation. Ça m'a fait me souvenir de trucs. Ça m'a donné envie de fermer ma gueule, en continuité de jeudi.

Jeudi j'avais l'impression d'être inexistant. J'avais beau parler, crier, faire des trucs, on me voyait pas, on m'entendait pas. J'avoue que même moi je ne m'entendais pas crier ni même penser. Et je me suis dit que moi aussi, j'avais déjà dû ignorer inconsciemment des gens comme on me le faisait. Et j' me suis senti con, comme un salop. Alors j'ai fermé ma gueule. J'ai essayé de partir. Je voulais être seul. Au début, je me suis caché derrière une étagère dans la librairie mais les autres m'ont retrouvé, puis j'ai marché très lentement dans la rue pour mettre de la distance mais paolo m'a attendu, puis je suis "allé aux toilettes" pour aller en A400. Tout ça parce qu'une fois dans ma vie on ne m'écoutait pas. Tu vois, quand je te dis que j'ai un besoin maladif d'attention que j'arrive pas à soigner.

J'ai froid. Très froid. Et ça fait 2 semaines et demi que j'ai envie de vomir. Quand j'en parle à ma mère, elle me répond que c'est parce que je me couche trop tard le soir. Merci pour ton réconfort.

Sinon à part ça, cette semaine ça allait a peu près, mieux que la semaine dernière en tout cas. Enfin, je me suis engueulé avec Chloé après ce que je lui ai dis, sinon pas grand chose d'autre.

Arrêtez de me demander si ça va en face. Soit je répondrai oui, soit je dirai que je sais pas pourquoi ça va pas. Alors ça sert à rien. De toutes façon pourquoi on demande ça ? Ça sert à quoi puisque souvent on peut rien y faire ? Ou on ne compte rien faire ? Ou on s'en fiche ?

J'aimerai beaucoup qu'on m'oublie actuellement.

Putain j'ai toujours pas fait de lettre de stage.

J'ai envie d'être au milieu d'une foule, de me lever, et d'oser dire : "En anglais, ce matin, le prof a lu une phrase qui ne m'a pas laissé indemne. "Crooks feel bitter about his life as he knows no good change can come". Je vais pas bien. Et si on me demande si ça va, je répondrais que non. Je sais pas pourquoi je vous dit ça, je sais pas pourquoi je dit au monde que je vais pas bien. J'ai plus envie de mentir, de sortir un faux sourire aux autres, de dire "ouais, tkt ça va et toi?", j'ai envie de leur répondre "honnêtement, pas trop en ce moment et toi ?" et d'ignorer l'amère pitié dans leur yeux. Pourquoi je n'ai plus envie de mentir ? Peut-être parce qu'inconsciemment je recherche de l'aide quelque part, d'une quelconque personne, ou peut-être que j'en ai plus rien à foutre de ce qu'on pense de moi, qu'on me regarde avec un peu de tristesse quand je dis que ça ne va pas, que ça me fait plus rien maintenant. Ça me fait plus rien parce que je me suis habitué, je me suis habitué à être mal, je me suis habitué à subir tout ce qui se passe, je me suis habitué à ME subir, je me suis habitué à subir la vie, je me suis habitué à subir mes parents, subir la société, subir le monde, les gens incomprehensif, l'école et le trop de travail qu'on peut avoir en ce moment, mon genre, mon corps et mon sexe aussi, parce que je vais pas vous le cacher : j'suis trans. Bon, c'est pas exactement ca mais on va dire ça comme ça parce qu'on est pressé. Je me suis habitué à tout ça. Mais si je parle aujourd'hui, c'est parce que je pense qu'on ne devrait pas laisser les autres s'y habituer aussi. Parce que ce genre de problèmes, c'est comme un manque ou une blessure. Quand tu te foule là cheville par exemple, au début ça fait mal, mais avec le temps, même si tu ne sens plus la douleur le problème est toujours la.
Bref, tout ça pour dire une millième fois que ça ne va pas, pour le crier au monde, qu'on me voit un peu pour une fois. C'est sûrement égoïste. Mais là où je vis, on ne m'entend pas. Je vis dans une cave. Au lycée, je suis dans une cave, constamment, avec des personnes qui sont mes amis. Le problèmes c'est que pour s'entendre c'est à celui qui parle le plus fort, ce qui revient à ce qu'on cri tous en me temps. On s'entend meme plus penser. Des fois ça fait saturer mes oreilles et mon cerveau si c'est pour dire. Et j'ai l'impression que quoi que je dise on ne m'entend pas. Quoi que je fasse, on ne me voit pas. J'suis inexistant. Rien, de l'air, un fantôme. Au fond on est tous un peu ça, non ? On est constitué d'atome, les atomes sont constitués de vide. Donc on est du vide. On est rien.
La vie nous emprisonne derrière des barreaux sans qu'on s'en rende compte, puis elle fait de nous des moutons de la société et si on a l'audace de nous différencier, elle nous met en coup dans les couilles. Mais regardez-vous, vous êtes tous les mêmes, propres sur vous, bien beaux comme il faut. Ça m'écœure la société. Tout ce que je vois en elle, c'est une louche de vers de terre écervelés. Pourquoi sortiriez-vous de votre confort ?"

J'ai pas finit d'écrire, mais je mets ça la quand même.

Everything is OreoDes histoires addictives. Découvrez maintenant