Ça fait bientôt trois putain d'heures que je tente de dormir, tournant dans mon lit, et hanté par des images qui ne font qu'aggraver la situation.
Comment pourrais-je dormir en paix, en voyant mon meilleur ami, au sol de sa salle de bain ? En revoyant cette putain d'assistante sociale, qui veut m'envoyer dans une famille d'accueil ? En pleurant ma mère, et en insultant mon putain de connard de père ?
Malgré ces pensées déstabilisantes, la fatigue finit par prendre le dessus, et pendant quelques heures, je flotte avec les étoiles, avec ma mère peut-être.
- Attention, à gauche !
Je me retourne brusquement, en entendant la voix de Peter me prévenir, et me baisse brusquement. La balle me frôle de justesse, et je sens ma poitrine se soulever rapidement.
Dans quelle merde me suis-je encore fourré ?
Je n'ai pas le temps de réfléchir une seconde de plus, que quelqu'un me tombe dessus, et m'écrase de tout son poids.
- Fuis.
C'est le seul mot que l'homme me murmure à l'oreille, et mon instinct me hurle de faire ce qu'il me dit.
- Peter ! crié-je, parmi les hurlements de peur des victimes. On s'en va !
- Quoi ? On ne peut pas les laisser dans cette merde !
Je ne prends pas le temps de lui répondre, et me dégage du poids mort de l'homme sur mon dos.
- Cours. Ne te retourne jamais.
La dernière phrase que l'homme prononce, avant que je ne ressente un souffle dans mon cou. Je devine qu'il a poussé son dernier soupir.
L'adrénaline qui coule dans mes veines, s'empare de ma peur comme une arme, et la torture, pour ne former qu'une seule pensée dans mon cerveau : courir.
Une main se joint à la mienne, et Peter me regarde.
- On y va, affirme-t-il.
Nous descendons les escaliers, nous rapprochant de plus en plus vers le rez-de-chaussée. Nous enjambons les corps au sol, tâchés de sang, ou avec une articulation tournée dans un angle anormale. Certains enfants sont affalés au sol, pleurant leurs proches, alors qu'ils ne comprennent pas ce qu'il est arrivé. Et en même temps, comment pourraient-ils le comprendre ?
Nous sommes une race à éliminer, alors la seule chose à faire est de fuir, pas de se laisser abattre par la tristesse.
- Ne bougez plus.
Perdu dans mes pensées, je n'ai pas vu ce soldat se planter devant nous.
- Qui êtes-vous ?
Je sais qu'il suffit d'un seul mot, pour que nos vies s'éteignent, aussi, je prie pour que Peter ne parle pas. J'échange un regard avec lui. Ses yeux bleus ciel sont marqués par une haine plus profonde que n'importe qui pourrait en éprouver, et je lui intime silencieusement de ne rien faire.
Comme d'habitude, il ne m'écoute pas, et s'écroule au sol. Je vois discrètement le soldat froncer les sourcils, et ranger son arme. Je secoue Peter par les épaules.
- Peter ! Putain, tu fous quoi ?! m'écrié-je.
- Que se passe-t-il ? Qui êtes-vous ? répète-t-il.
Il s'approche, méfiant, et quand ses jambes arrivent à la hauteur de celles de Peter, ce dernier le fait trébucher. En un instant, le soldat se retrouve au sol, sur le ventre, Peter posé sur son dos, lui enfilant des menottes.
- Bande d'incapa...
- Ta gueule. On n'a pas demandé à être tués, nous, articule Peter, la mâchoire serrée.
Quand le tueur est neutralisé, Peter attrape mon poignet, et me tire loin de lui.
- Vous êtes... foutus...
Les derniers mots du soldat me parviennent aux oreilles, plantant un poignard dans mon cœur. Dit-il vrai ?
- Ne l'écoute pas, me murmure Peter.
Pourtant, cinq minutes après, alors que nous étions proches du but, nous sommes encerclés par trois soldats, qui ne souhaitent qu'avoir notre peau.
- Tuez-les, ordonne celui qui semble être le chef, avec un regard impitoyable.
- Attendez ! s'exclame Peter. Tuez-moi. Ne le tuez pas, ajoute-t-il, en me désignant.
- Peter ! Tu ne peux pas faire ça ! sifflé-je, ahuri qu'il veuille mourir à ma place.
Il me rend un regard triste, et quelques secondes après, son sourire s'efface, et ses beaux yeux bleus deviennent aussi vides que des vieux coquillages.
- Tuez aussi le gamin, lance le chef, en plantant ses yeux dans les miens. Ces deux frères ne nous servirons à rien.
Je n'arrive même pas à sentir la douleur qui me transperce la poitrine.
En sueur, le cœur battant la chamade, et les paupières lourdes, je prends conscience que ce n'était qu'un cauchemar. Des larmes coulent le long de mes joues, et s'écrasent sur les draps de mon lit. Je les regarde, comme si elles pouvaient me calmer.
Pourtant, mon cœur ne ralentit pas, il cogne fort dans mon torse, comme si un marteau le faisait à sa place.
Le cauchemar était tellement réel, que je me suis vraiment imaginé dedans. Mais si je l'avais été, je serais sûrement mort, à l'heure qu'il est.
Dans le noir de ma chambre, je commence à prendre peur. Cette fois-ci, des sueurs froides me traversent, et m'effraient lentement.
Pourquoi fait-il aussi noir, soudain ?
Je sens la pièce tenter de m'écraser de son poids, de m'enfermer entre ses murs, de me faire plonger dans l'obscurité des plus totales, en m'ôtant la lumière que dégagent la lune et les étoiles.
À tâtons, je cherche l'interrupteur de ma chambre, mais le sol tangue, le lit bascule, et je crie.
Deux secondes plus tard, qui semblent durer des heures, mes mains s'affalent à terre, et je me rends compte que tout ce qui s'est passé n'était que le fruit de mon imagination.
Que m'arrive-t-il ?
Entre ce cauchemar effrayant, cette hallucination, il y a de quoi faire... Est-ce que je deviens fou ?
Les mains sur le visage, et les genoux repliés le long de mon torse, je cherche des réponses à toutes les questions qui me trottent dans la tête. Et pourtant, il n'y en a qu'une seule, à laquelle j'ai vraiment envie de trouver une réponse.
Comment puis-je encore avoir envie de vivre, après ce qu'il se passe dans ma vie ?
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vous allez bien ?
bon... pas un super joyeux chapitre, i know... vous en pensez quoi de ce cauchemar ?
et de James ?
(sinon euhh, je vais aux championnats de France d'équitation ?? enfin si ça a lieu
je pleure trop 😭)
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Prends ma main
Novela JuvenilUne déchirure. Des cicatrices. Des blessures. Une fille. Un garçon. Une rencontre. Une amitié. Des pleurs. De la peur. Un sourire. Un clin d'œil. Un baiser. "Prends ma main. Et ne la lâche plus." ⚠ Présence de scènes pouvant heurter la sen...
