Chapitre 8 - James

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Je refuse brusquement de laisser les larmes s'échapper de mes yeux. Pourquoi faut-il que je vive dans le mensonge et l'ignorance ? Pourquoi personne ne veut me parler ? Me raconter, c'est quoi le putain de problème ?

Le vent frais me caresse la joue, mais je reçois ce dernier comme une gifle. Et d'un coup, la colère remonte en flèche dans ma tête.

Je hais mon père, putain !

L'envie de taper dans quelque chose revient, et avant que je ne commette de la casse involontaire, je quitte la maison, après avoir pris mon sac de sport, et un sweat.

Je pensais que ma colère se serait dissipée, en marchant rapidement, mais pourtant, elle est bel et bien encore présente. Elle m'envahit, se plante dans mon cœur, et le compresse doucement, pour que je puisse exploser.

J'accélère encore plus le pas, et quelques minutes plus tard, je me retrouve dans la salle de sport, énervé et triste. Et je sais très bien que ces deux émotions ne font pas bon mélange.

Une paire de gants se retrouve entre mes mains, et je les enfile, sans prendre le temps de les scratcher autour de mes poignets. Et je frappe. Je frappe sans pouvoir m'arrêter, relâchant toute ma colère dans ce vieux sac qui a sûrement servi pour d'autres personnes aussi déchaînées que moi.

Mes bras ne me font pas mal, c'est mon cœur, qui a mal. Je contracte la mâchoire, cognant de plus en plus fort, de différentes manières, marquant ce sac de l'émotion que je ressens, qui me coupe en plusieurs morceaux, depuis plusieurs semaines.

- Putain !

Ce cri m'échappe, je ne peux le retenir. La douleur m'écrase la poitrine, comme un poids, et m'oblige à m'écrouler à terre.

Mais la colère ne m'a toujours pas quittée, et si la douleur que ressentent mes muscles ne comptent pas, alors je me relève.

Cette fois-ci, le sang dans mon corps, ne fait qu'un tour. Mes mains sont toujours en manque de contact avec le sac, et violemment, elles le rencontrent de nouveau.

- Merde, alors ! pesté-je, en sentant l'absence de mes gants sur mes poings.

Cela ne me stoppe pas, et bientôt je me surprends à sentir quelque chose de poisseux contre le sac. Aveuglé par mes propres larmes, je ne me rends pas compte que quelqu'un s'approche de moi.

- James ! C'est fini, tu arrêtes.

- Non ! Non, putain ! Je n'ai pas terminé ! m'exclamé-je, protestant contre cette personne qui veut m'empêcher de me noyer dans l'océan sans fond de la douleur.

Mais, on me saisit par les épaules, puis on m'éloigne de la source de mon remède.

- Calme-toi, James. C'est fini, d'accord ? Ça va aller.

Je me laisse aller contre le torse de cette personne, sans prendre vraiment le temps de savoir qui c'est, et pleure la douleur qui reste enfouie au plus profond de moi. Pourquoi ? Les sanglots secouent mon corps, et lentement, je finis par me calmer.

- Ça va mieux ?

- Ouais, soufflé-je, en essuyant mes yeux.

Tomy me sourit tristement, et soupire, avant de s'asseoir à côté de moi, contre le mur.

- Tiens, me dit-il, et je regarde le verre d'eau, sans le prendre pour autant.

- Non merci, ça ira, répondis-je.

Je l'entends soupirer de nouveau, et il pose le verre devant moi.

- C'est important de boire, tu viens de te dépenser.

Un rire nerveux quitte mes lèvres.

- Me dépenser ? Ça va, je n'y ai pas été trop fort, là.

- James.

Mon regard croise le sien, quand je tourne la tête, et il me réprimande silencieusement. Puis je vois ses yeux pâles se diriger vers mes mains, et je suis son regard.

- Putain, murmuré-je, en observant le sang tâcher le sol.

- Et après ça, tu vas me dire que tu n'y as pas été trop fort, c'est ça ? me demande Tomy.

Je secoue la tête, soudainement excédé de devoir m'exprimer sur cela.

- Je n'ai pas vraiment eu le temps de boucler les gants, grimacé-je, en me levant.

Je vais aux toilettes, pour me rincer les doigts, et j'entends les pas de Tomy me suivre.

- On en a déjà parlé, James, me repond-il, tout en conservant son calme remarquable.

- Je sais.

- Alors, pourquoi tu ne le fais pas !? C'est pas compliqué ! Tu pourrais te faire une facture du poignet, sans même t'en rendre compte, bordel ! s'exclame-t-il, en haussant les sourcils.

À travers le miroir, je le vois discrètement me regarder, comme s'il était inquiet, alors que je plisse les yeux sous la douleur qui parcourt mon poing, quand je le passe sous l'eau.

- La prochaine fois, tu me mets tes gants, comme je te l'ai appris. Si tu ne le fais pas, tu peux dire adieu à cette salle, conclue-t-il, le regard dur. Allez, montre-moi, ça.

Il s'approche de moi, et je le laisse palper mes phalanges douloureuses.

- Tu n'as pas l'air d'être gravement blessé, lâche-t-il, mais repose-toi, et n'use pas trop tes mains. Tu veux que je te mette quelque chose dessus ?

- Ok, non, c'est bon. Je vais m'en occuper chez moi, soufflé-je de nouveau, en reprenant mes mains.

- Tu le feras vraiment ? me questionne de nouveau Tomy.

- Mais oui ! ralé-je, devant son insistance, et il se contente de rire.

Non.

- On ne sait jamais, avec toi.

J'esquisse un sourire, qui doit plutôt ressembler à une grimace, et il rigole encore.

- Allez, rentre chez toi. Juste une dernière chose. Tu veux me dire ce qui ne va pas ?

Ma tête se tourne de droite à gauche, lui répondant négativement.

- Tout va bien, lancé-je doucement, en baissant les yeux.

- Tu es sûr ?

- Tomy ! Arrête, je te dis que je vais bien ! grogné-je.

- Bon, rentre bien, dans ce cas. Je ne sais pas quand je te revois, comme d'habitude ?

Il sourit, et je me rends compte qu'il a toujours été le père que je n'ai jamais pu avoir. Un père bienveillant, inquiet, et attentif. Un père que n'importe quel enfant aurait aimé avoir.

- Évidemment, lui dis-je, avec un clin d'œil.

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j'adore leur relation jfhfjf

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