Chapitre 27

269 19 15
                                        

Après une heure et demi de travail intensif, je m'écroule sur l'un des transats. Az me tend une bouteille d'eau que je m'empresse de boire. J'ai surtout appris à puiser dans mes émotions afin de déclencher mes capacités spéciales. Je pose ma tête sur le siège et contemple les majestueux nuages qui défilent dans le ciel. Au loin, une énorme masse bleu foncé se rapproche doucement. Je ne serais pas surprise d'apercevoir des éclairs parmi ces cumulus. Cette différence entre le ciel bleu qui nous entoure maintenant et cet amas de noirceur qui se rapproche me fascine. Le contraste est tel qu'il me donne des frissons. C'est presque apocalyptique. Depuis petite déjà, j'ai toujours eu la frousse des orages. Après tout, c'est très effrayant comme phénomène. Et dire que je serai probablement dehors, entrain d'affronter Méphisto lorsque tout ceci se déchaînera au-dessus de nous. J'observe Az, dont le regard est posé sur le ciel, tout comme le mien l'était jusqu'à maintenant.

–Tu es au courant que je suis censée y aller seule ? Tu veux vraiment prendre ce risque ? J'ai déjà causé beaucoup trop d'ennuis à ta famille et à toi. Et puis, maintenant que je sais qu'il y a quelque chose là-haut, c'est un peu moins difficile de me dire que c'est peut-être mon dernier jour.

Il affiche un air grave.

–Tu iras seule.

Il est vrai que, dans toute la foule de possibilités faisant partie de son plan, je n'ai jamais envisagé une seule fois celle-ci. Une sensation de honte m'envahît.

–Oh, euh, oui. Évidemment ! C'est la meilleure solution.

Comment compte-t-il m'aider en ne venant pas avec moi ? Mais quelle idiote. Peut-être que m'entraîner c'était sa façon de m'aider. Quoiqu'il ne voudra pas abandonner son frère. Peut-être envisage-t-il d'attendre le moment où toute l'attention sera sur moi pour s'enfuir avec Rémiel.

–Fais-moi confiance.

Encore et toujours cette phrase... Je me relève, me tourne vers lui et le toise.

–Il y a à peine quelques heures, tu me déposais ici pour que je quitte ta vie ainsi que celle de tes frères. Tu as été odieux et tu m'as laissé seule. Tu me détestes depuis le jour où j'ai posé mon pied dans votre maison. Pourquoi cela a-t-il changé subitement ?

Il se lève et s'agenouille près de moi.

–Aemiliana, je ne t'ai jamais détesté. Ce que tu as pris pour de la haine, c'était tout simplement...

Il s'interrompt brusquement et se lève en me tournant le dos.

–Qu'était-ce alors ? Parce que tes paroles et tes actes ne me semblaient guère très gentilles.

Ses poings se contractent. Il se retourne, le visage déformé par la colère.

–J'ai jamais été attiré par personne et puis là, tu débarques avec tes cheveux blonds, ton putain d'air innocent qui cache pourtant quelque chose, ta sensibilité, ton caractère de merde, tes principes à la con. En plus de ça, mon frère te ramène et clame que t'es à lui. T'as pas idée de la torture que ça a été de voir une étoile briller dans mon ciel noir et de devoir me contenter de l'observer sans pouvoir l'approcher. J'ai su que tu étais spéciale dès la minute où tu es entrée dans la cuisine. Si tu penses que j'en avais quelque chose à foutre de ce qui se trouvait autour de moi avant que tu débarques. Je veux t'entendre t'extasier sur la beauté des nuages, de la nuit, de l'air frais du matin et du soir, je veux que tu illumines un peu mon monde parce que j'étais mort avant que tu ne viennes.

Mon ange [terminée]Des histoires addictives. Découvrez maintenant