Chapitre 9

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J'entends Sam faire les cent pas dans la salle à manger. Il est au téléphone avec quelqu'un. Avec qui ? Je ne sais pas, je pleure bien trop bruyamment pour ça. Quelques secondes, minutes ou que sais-je, passent. Je n'arrive pas encore à réaliser ce qui vient de se passer. Une chose est sûre, je suis marquée à vie par cette vision d'horreur. Si quelqu'un pouvait l'effacer de ma mémoire, j'accepterais volontiers. Je suis convaincue que ceci n'est qu'un de mes sempiternels cauchemars et que je vais bientôt me réveiller. Ça ne peut pas être vrai. Je refuse de croire qu'on m'ait enlevé ma famille d'une telle façon. On n'a jamais rien fait de mal à personne alors pourquoi eux ? Qu'est-ce que je vais faire moi ? Je n'ai plus personne. On m'a enlevé les deux êtres que j'aimais le plus. Je... Je ne peux pas vivre comme ça. Je me relève, difficilement et dans un état proche de la catatonie. Je me dirige dans la salle de bain, comme muée par une force extérieure. Comme si j'étais en mode pilote automatique. J'ouvre le meuble qui nous sert de pharmacie et extrais le plus de médicaments possibles dans ma main. Je m'apprête à tout avaler, convaincue que les rejoindre reste la meilleure solution. Avant que je n'aie pu le faire, je sens une prise ferme et chaude se refermer sur moi et me porter, faisant tomber ce que j'avais dans la main à terre.

–Pas aujourd'hui mon ange.

Ce sont les seuls mots que j'entends avant de m'évanouir.

***

J'ouvre doucement les yeux. Alors comme ça, j'ai fait un mauvais rêve. Il me tarde de leur parler en visioconférence afin qu'ils puissent me rassurer ! Une vague de soulagement m'envahit. Celle-ci fut courte car tout s'effondre à nouveau lorsque je réalise que je ne me trouve pas dans ma chambre. Elle est plus simple et plus petite que la mienne. Les murs sont lattés d'un bois clair. Le mobilier est partagé entre le rustique et le moderne. Il y a une commode en chêne en face du lit dans lequel je repose. J'observe ce dernier et constate, émerveillée, que c'est un lit à baldaquin, avec des rideaux attachés. Et dire que j'en rêvais étant petite... Ma mâchoire se décroche d'autant plus lorsque je découvre, au-dessus de ma tête, un espèce de toit vitré par lequel je peux admirer les nombreux nuages. C'est magnifique. De chaque côté du lit se trouvent deux tables de nuit assorties à la commode. Un fauteuil trône également a côté d'une porte-fenêtre, à gauche du lit. Et, justement, Sam est affalé dessus. Nos yeux s'ancrent, comme toujours, et sa voix suave me sort de mon observation.

–Bonjour, Aemiliana.

Il a les traits tirés. D'énormes cernes entourent ses yeux. Et, aussi incroyable que ça puisse l'être, il est encore plus pâle que d'habitude.

–Ce n'était pas un cauchemar, n'est-ce pas ?

Il secoue la tête, résigné.

–Il temps que j'aie mes réponses, Sam.

Il soupire lourdement.

–Je sais.

–Pourquoi m'as-tu ramené ici ?

–La police a investi ta maison.

Ma maison est donc devenue une scène de crime... Génial. J'ai tout sauf envie de ressasser la scène à cause des questions des policiers. Une part de moi ne peut s'empêcher de se sentir soulagée d'être ici, je n'avais pas tellement envie d'y rester après tout ça. Mais... Et mes affaires ? Comme s'il lisait dans mes pensées ou qu'il était doté d'une excellente intuition, Sam devance ma question.

–Ne t'inquiète pas pour tes affaires, j'y suis retourné après t'avoir amené ici et j'ai emballé les trucs que je pensais t'être utile.

–Ok, merci.

J'attrape mon téléphone sur la table de nuit et le consulte.

–Il n'y a pas de wifi ici ?

Il hausse les épaules en secouant la tête.

–Qui a besoin de ça quand on vit dans la nature ?

Certes mais bon... Heureusement qu'il me reste plein de 4G, je n'aurais pas su tenir sinon. Je consulte la date et tombe des nues.

–J'ai dormi pendant deux jours consécutifs ?

–Ouaip, mais je pense que t'en avais bien besoin.

Alors là, pour une surprise c'en est une. Moi qui suis incapable de dormir plus de 9h de suite.

–Comment en sais-tu autant sur moi?

Il soupire lourdement, ce qui me semble être une vilaine habitude chez lui. Il ouvre la bouche, puis la referme. Il paraît perplexe. Je me débarrasse des couvertures et m'assieds au bord du lit, afin de réduire un peu la grande distance qui nous sépare. Je continue de sonder son regard. Lui, évite à présent le mien. Lorsqu'il repose ses yeux sur moi, il change. Sa prestance devient plus imposante. Il émane un tel sérieux de lui que ça me donne des frissons. Une lueur de peur traverse son regard. Furtive, mais visible.

–Promets-moi quelque chose avant.

Je me tais mais l'invite d'un signe de tête à poursuivre.

–Promets-moi de ne pas t'enfuir.

Euh... Va-t-il m'avouer que c'est un stalker qui m'a suivie et espionnée ? Que je lui ai tapé dans l'œil et qu'il va maintenant me séquestrer ?

–Je... Je ne sais pas. Tu m'effraies un peu là.

–Je ne suis pas un mec bizarre avec un fétiche sur toi.

Je plonge dans son regard. S'il avait voulu abuser de moi, il l'aurait déjà fait. Et ses beaux yeux bleus me semblent si innocent. En plus, ce ne sont que des mots...

–Ok. Je ne fuirai pas. Je te le promets.

Il se mord la lèvre inférieure, signe de la nervosité qu'il essaie de me cacher. Il se lève et s'approche de moi. Il s'accroupit entre mes jambes. Nos visages sont maintenant assez proches pour que je sente son haleine mentholée. Un parfum que je rêve de goûter. A cet instant, je ne regrette pas mon choix de lui faire confiance. Je pense qu'il sait l'effet qu'il a sur moi. Il en joue probablement. Peu importe. Je ne pourrais jamais me séparer de lui alors que son contact me fait tant de bien.

–Je suis... Enfin, J'étais ton ange gardien.

Mon sourire béat s'évanouit.

Mon ange [terminée]Des histoires addictives. Découvrez maintenant