Chapitre 2

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Il a l'air mal en point. S'étant étalé à terre, je ne distingue que son dos. Il porte une chemise blanche, qui paraît avoir été à demi brûlée par le feu. Celle-ci surplombe un jeans slim noir. Il est pied nu, et ces derniers semblent aussi avoir été brûlés, peut-être est-ce seulement de la suie. Je pense directement à la comète d'hier soir. Et si elle s'était écrasée à quelques kilomètres, sur une habitation et y avait mis le feu ? Emmy stop, ça peut aussi être un tueur en série qui a réussi à rentrer dans ta maison et qui simule. Enfin, non, ce serait inutile de pousser le vice si loin. Je suis divisée entre l'envie de crier et de fuir et l'envie de l'aider. J'opte pour un mélange des deux. Je me recule précautionneusement et l'interpelle, hésitante.

-Vous... Vous allez bien ?

Emmy, la reine des situations gênantes ! Bien sûr que non il ne va pas bien idiote. Je ne sais plus quoi dire, je me mets à bafouiller, en me fustigeant à voix haute.

-De l'eau. Dans le dos. Vite, articule difficilement l'homme, d'une voix rauque.

-Je... De.... De l'eau. Un verre d'eau ? Une bouteille ?

Il soupire lourdement, visiblement agacé par mon manque de sang-froid.

-Une douche. Il me faut une douche.

J'écarquille grand les yeux. Je ne vais quand même pas emmener un inconnu dans ma douche ! Mais... je doute avoir le choix. Et je ne veux pas être accusée de non-assistance à personne en danger. Il se met accroupi en grognant et je me dirige vers la salle de bain.

-Un coup de main peut-être ?! s'énerve-t-il.

Idiote que je suis ! Je fais immédiatement demi-tour et j'enroule son bras autour de mes épaules. Il pousse de faibles gémissements. Je l'amène dans la pièce, et me retire de son emprise. Il ne s'y attendait visiblement pas puisque ses genoux flanchent et il se rattrape de justesse au meuble qui fait face à la douche, tout en poussant un grognement. Mon visage se décompose, je ne sais pas si je devrais avoir honte ou m'insurger de son comportement. Je le contemple, l'observe depuis son arrivée mais lui semble éviter mon regard à tout prix. Assis sur le carrelage froid de la pièce, il tente d'ôter sa chemise, en vain. La douleur est-elle donc si forte ? Je le détaille. Il possède une masse de cheveux brun foncé décoiffés et légèrement bouclés, qui ne demande qu'à être domptée. Des yeux d'un bleu à la fois si foncé et si clair a d'autres endroits que ça en est effrayant. Une musculature normale, un peu fine. Les grands musclés, ce n'est pas joli de toute façon. Même avec quelques imperfections, ce type est un vrai apollon. Si je dois mourir un jour assassinée, je veux bien que ce soit par lui.

-Ce serait possible d'accélérer, s'il vous plaît ? s'énerve-t-il.

Cela a dû lui coûter un certain effort de parler car il grimace aussitôt.

-Je, je... je contemplais l'ampleur des dégâts, désolée !

-Les « dégâts » comme vous dites, se trouvent hors de votre champ de vision.

-Bon, vous voulez de l'aide oui ou non ?!

Je m'approche, le visage renfrogné, et m'apprête à lui enlever brusquement sa chemise, en guise de vengeance. Il me stoppe net dans mon élan en attrapant fermement mon bras. Son contact, au lieu de me paraître agressif, m'apaise.

-Écoute-moi bien maintenant. J'ai une douleur abominable au dos et si on ne met pas ça sous l'eau, je pourrais mourir. Donc si tu pouvais te taire et m'aider à retirer cette putain de chemise délicatement, j'apprécierais !

Je suis sidérée par sa façon de me parler et je ne trouve rien de mieux que de lui rétorquer :

-Alors comme ça on passe au tutoiement ?

Mon ange [terminée]Des histoires addictives. Découvrez maintenant