Chapitre 17

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N'y connaissant pas grand-chose en politique, encore moins chez les humains, je fus contraint les jours suivants de passer mon tour pour participer à la campagne de Kammo.

J'alternais entre m'occuper de Lenn et Puly à la maison et des missions toute les plus ennuyeuses les unes que les autres. Mes journées se ressemblaient bien trop à mon goût et mes nuits étaient toujours aussi courtes.

Donc quand Akada me proposa de l'accompagner pour aller faire un compte rendu à Kammo dans l'après-midi, j'acceptais ravis.

Après avoir soigneusement dissimulé mes oreilles sous mon bonnet, je suivi Akada hors de la cour. Nous quittâmes très vite les ruelles pour une rue bondée. Depuis que l'annonce des élections avait été faite l'agitation avait doublée. Il était même arrivé de voir une voiture avancer au milieu de la foule, crachant une fumée noire, un haut-parleur criant de voter pour un des candidats, attaché à son toit.

Je me faufilais entre les gens, essayant de ne pas perdre la rouquine des yeux. Elle finit par pénétrer dans une grande auberge que je reconnue aussitôt. C'était là que m'avait emmené Akada le jour de notre première rencontre. Cette dernière me lança un petit sourire avant de commencer à zigzaguer entre les tables. A ma grande stupéfaction ce n'est pas à la table d'un grand roux qu'elle prit place, mais à côté de deux hommes à la peau bronzée et aux cheveux d'un brun sombre.

Je questionnais mon amie du regard sans succès. Je fini néanmoins par prendre place à leur côté, mal à l'aise.

" Quatre Tadoit s'il vous plaît !"

Cria l'épéiste au serveur, avant de se concentrer vers les deux inconnues.

"-Ça fait un bail les gars. Sourit-elle.

-On peut dire ça oui, qu'est-ce que tu nous veux ? Demanda froidement le plus grand des deux.

-Pas besoin d'avoir l'air aussi agressif, je veux savoir votre avis.

-Sur quoi ? crachat le second

-Les élections."

Elle se fit couper par le serveur revenant avec des boissons violettes a la main. Toujours sans un mot je saisi la mienne et commençais à boire doucement. Écoutant attentivement la discussion.

"-Rien à battre des élections, c'est toujours la même chose. Trois quatre richards essayent de faire comme s'il nous comprenaient pendant plusieurs semaines et dès que c'est fini, ils n'en ont plus rien à carrer de notre poire.

-Dans l'idée je suis d'accord, dit Akada en buvant une gorgée, mais je pense que ça peut changer."

Les deux hommes échangèrent un regard intrigué avant de demander des explications.

"Et bien, d'ici peu, un des candidats vas passer la porte de l'auberge, s'asseoir ici et boire avec nous. Ce mec n'est peut-être pas un génie capable de sauver le monde, mais il sait ce qui se passe, et il peut améliorer les choses."

Nos interlocuteurs éclatèrent de rire, j'avais décidément beaucoup de mal à voir l'intérêt de cette entrevue.

"-Ils ont réussi à t'avoir, toi, je ne pensais pas que c'était possible. Ricana l'un.

-Comment tu t'es débrouillée pour te laisser convaincre je te pensais pas aussi naïve ! Ajouta l'autre."

Akada n'eut pas le temps de répliquer, la porte s'était ouverte, et, Kammo balayait la pièce du regard. Dès que ses yeux se posèrent sur la rouquine il vint s'assoir à côté de nous.

"Je vous laisse en juger par vous-même" Sur ces mots l'épéiste fini sa chope et se leva me faisant signe de la suivre, ce que je fis sans rouspéter. C'est deux hommes me m'étaient vraiment mal à l'aise.

Un sourire aux lèvres Akada se dirigeait vers la maison, je la dévisageais incrédule.

"-A quoi ça a servi ce que tu as fait ?

-Ils n'auraient jamais acceptés de parler à Kammo sinon, et je t'assure qu'il saura les convaincre.

-Oui, mais pourquoi les convaincre ??

-Oh, et bien juste parce qu'ils ont de l'influence, et qu'ils sont incapable de la fermer. S'ils soutiennent quelqu'un, tout le monde va vite être au courant, et ils acceptent mal les avis qui diffèrent des leurs."

J'avais toujours du mal à comprendre, tout cela me paraissait aussi improbable que tordu.

Quand nous arrivâmes dans la cour, Puly s'y trouvait, allongé sur le mur, et il regardait le ciel. Il se redressa avec un sourire quand il nous vit arriver.

Il avait du mal à accepter qu'il ne pouvait plus sortir. Avec la foule constante dans les rues ces derniers temps, c'était devenue trop dangereux. Il le comprenait mais ça ne rendait pas la chose simple. Il détestait rester enfermé toute la journée. Et le fait qu'il était constamment mis à l'écart sous prétexte qu'il était un peu plus jeune n'aidait en rien.

Je m'assis à côté de lui tandis qu'Akada rentrait, refermant le passage derrière elle.

"-Tu vas bien ?

-Ouais... Lenn fait la sieste à l'intérieur, et Akuma et Nali sont partie faire je ne sais pas quoi... Je m'ennuie un peu."

Ne sachant pas trop quoi répondre je posais ma main sur son épaule en signe de soutien.

Je frissonnais doucement, l'hiver approchait. Je n'avais pas la moindre idée de comment il pouvait se manifester dans le désert. Dans certaines zones de la forêt il neigeait, mais ce n'était jamais arrivé dans mon village.

"-On rentre ? proposai-je

-Pas de problème"

J'ouvris le passage à l'aide de mon bâton avant de m'engouffrer à l'intérieur. Le salon était désert, je pris place sur le canapé sans trop savoir quoi faire.

"Tu crois que se sera toujours comme ça ?" fini par dire Puly brisant le silence qui s'était installé. Je réfléchi un instant avant de répondre.

"-Non... Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça me parait évident que si Kammo est élu les choses changerons...

-Je comprends... Ça peut paraitre idiot, mais j'aimerais rester avec vous quoi qu'il arrive, je sais que vous me considérer juste comme un enfant. Mais je comprends bien ce qui se passe... J'ai pas envie de faire comme si je ne savais rien. Et j'ai encore moins envie de ne rien faire"

Il plongea ses deux grands yeux violets dans les miens. Bien sûr qu'il comprenait, et bien plus que moi il avait vécu dans la tour de lumière ou il avait subi des choses que je ne pouvais même pas imaginer.

"Je te promet que je ferais tout ce que je peux pour que tu restes avec nous"

Il me sourit avant de se blottir dans mes bras, comme l'aurait fait un petit frère. 

 

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Existium SilvamOù les histoires vivent. Découvrez maintenant