Le monde tel que je le connais, est né il y a des milliers d'années. Une époque où les gens comme moi, n'existaient pas, où nous n'étions que des fantasme sortis de l'imagination des hommes. Pourtant, des scientifique ont un jour décidé de transform...
J'allais rentrer dans l'usine désaffectée quand je vis une silhouette en sortir. Mayel se stoppa en m'apercevant. Il me regarda un instant, ses deux yeux bleus me donnaient l'impression de n'être qu'un petit tas de vide, mais j'étais incapable de détourner les miens. Son regard avait quelque chose que j'étais incapable d'expliquer.
"-Tu a l'intention de venir ici tous les jours ? Me questionna-t-il avec un sourire.
-Peut être bien."
Ma réponse avait été bien plus froide que ce que je l'aurais voulu. Je détournais le regard et commençais à écarter le grillage quand le garçon stoppa mon mouvement.
"Elle est en train de dormir, si j'étais toi je ne prendrais pas le risque de la réveiller. "
Voyant que je ne m'arrêtais pas et ne répondais pas il reprit.
"-J'ai quand même l'impression que tu n'as pas trop confiance en moi...
-Tu aurais confiance en quelqu'un qui t'a plusieurs fois menacé avec une arme qui ne quitte jamais sa ceinture ? Dis-je en montrant le pistolet se trouvant toujours a porté de ses mains. Et puis toi tu as confiance en moi ?
-Tu marques un point, souffla-t-il en passant par le passage que je venais d'ouvrir et en se plantant devant moi. Mais je te promets qu'elle dort vraiment là-bas."
Je ne pus m'empêcher de sourire.
"-Bon vue que tu es apparemment bien décidé à m'empêcher de rentrer, qu'est-ce que tu proposes à la place ?
- Rien de spécial. En fait je partais juste travailler, et j'ai profité de l'occasion pour sauver ta vie en t'évitant la colère d'Effo.
-Et en quoi il consiste ton travail ?
-Viens, tu verras."
Sans trop réfléchir je le suivi. Il avait les yeux posés sur un petit appareil ou brillait plusieurs points lumineux organisés à intervalles réguliers sur ce qu'il m'expliqua être un schéma minimaliste du cercle extérieur de la ville ou nous nous trouvions. Nous nous dirigions vers un point à l'ouest du cercle qui ne brillait plus. En arrivant dans le quartier je compris en quoi devait consister le travail de Mayel. Les rues étaient noires, les immeubles trop hauts, la pollution bloquait les rayons du soleil et aucune lumière n'était allumée. On se serai cru en pleine nuit. Je frissonnais malgré moi, l'atmosphère avait quelque chose d'inquiétant.
"On s'habitue te n'inquiète pas, et puis il y a des bons côtés, me souffla Mayel".
Comme pour mêler paroles et actions il m'entraina dans un dédale d'escaliers. Nous finîmes par atteindre les toits. Sur l'un deux se trouvait de nombreux panneaux et colonnes desquels partaient un nombre impressionnant de fils. Le garçon plaça ses grosses lunettes sur son nez, sortit deux ou trois outils et s'attaqua aux nombreux câbles se trouvant là. Après une dizaine de minutes toutes les lumières du quartier se rallumèrent. Je restais abasourdit. Voir tous ces petits points briller d'un seul coup sous nos pieds était incroyable, comme si un océan d'étoiles venait de s'étaler juste sous nos yeux.
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"-Et encore c'est bien plus joli de nuit. Rigola l'électricien amusé devant mon sourire béat.
-Et tu passes vraiment tes journées à faire ça ? Je veux dire une fois que tu as réparé une fois ça doit être bon non ?
-Pas vraiment, la tour de lumière n'envoie pas à notre cercle assez d'électricité pour tout alimenter. En plus la plupart des installations sont fabriquées à la main. Au moindre problème tout pète."
Je baissais les yeux sans trop savoir quoi dire. Mayel me tapota amicalement la tête avant de prendre le chemin du retour.
Je l'accompagnais un peu partout dans le cercle durant toute la matinée. Je me sentais étrangement bien en sa compagnie et je ne vis pas le temps passer. Aux alentours de midi, il prit à mon grand étonnement la direction du second cercle.
"j'ai quelqu'un à voir là-bas, ça ne vas pas durer longtemps."
Me dit-il comme seul réponse à mon regard circonspect. Nous arrivâmes bientôt devant une immense usine. Devant cette dernière, de nombreux ouvriers prenaient leur pause-déjeuné. Mon regard fut très vite attiré par plusieurs groupes de personne me semblant bien trop jeunes pour les vêtements de travailleurs. Il y avait des groupe d'adolescents, le visage encore recouvert d'acné, ou pire de simples enfants. Mayel s'arrêta devant un groupe de garçons ne pouvant pas avoir plus de 10 ans. La simple idée qu'ils étaient tous obligé de travailler malgré leur jeune âge me faisait mal au cœur. L'un d'eux avait de courts cheveux bleu nuit ébouriffés lui tombant sur le visage, et de grands yeux bleus. Mayel lui tendit un sandwich et lui embrassa le front avant de revenir vers moi, les deux garçons se ressemblaient énormément.
"-C'est ton petit frère ? demandais-je alors que nous allions rejoindre Effo.
-Ouais... Ça lui fait plaisir que je passe. Répondit-il en souriant
-C'est mignon. Et tu n'as pas peur que je te trahisse soudainement et me serve de lui pour te faire chanter ?
-Non, je crois que je peux te faire confiance.
-Et pourquoi ça ?
-J'ai juste envie."
Il poussa ses cheveux lui tombant sur les yeux d'un geste de la main. Je baissais le regard. Aussi sympathique qu'avait pu être cette demi-journée je n'avais rien appris sur ce qui m'amenais.
"Puisque tu me fais confiance, tu connais des choses sur des révolutions a Capisis ?"
Un long silence durant le quel seul résonnais nos bruits de pas suivit ma question. Mayel semblait hésiter, chercher ses mots. Après une longue inspiration il finit par entamer une réponse.
"-J'ai vraiment trouvé Effo par hasard tu sais... Je ne suis pas le grand révolutionnaire convaincu que tu aurais aimé trouver. Je suis plus du genre à éviter les ennuis.
-Je comprends.
-Vas pas penser que je n'aimerai pas que ça change. Repris-t-il comme pour se justifier. J'aimerais bien que mon frère puisse grandir normalement, qu'il se butte pas à travailler alors qu'il n'a pas l'âge, qu'il puisse manger à sa faim... Mais je peux pas risquer le peu qu'il a sans certitude que ça marche.
-Je comprends, et puis tu en fais déjà beaucoup en gardant Effo caché."
Je posais une main se voulant réconfortante sur son épaule.
Le mur de l'extérieur fini par apparaitre au loin, et à ses pieds, l'usine désaffectée. Nous mangeâmes tous les trois à l'intérieur avant que Mayel ne reparte travailler. L'après-midi fut bien plus calme, et je fus contraint de partir avant le retour du garçon pour ne pas rentrer en pleine nuit à la tour de lumière.