Chapitre 22

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Nous étions maintenus au poste de police depuis plus d'une heure. Tamsir était dans une cellule. Et moi, j'étais à l'accueil, en train de supplier tous les hommes en uniforme afin qu'on nous laisse partir. Puis, soudain, par je ne sais quel miracle, Tonton Abdoulaye arriva. Qui l'avait appelé ? Je me disais que, sans doute, Tamsir leur avait donné son numéro pour qu'il puisse intervenir. Il arriva avec une mine sévère qui se détendit quand il me vit.

– Bouba ! Tu vas bien ? demanda-t-il inquiet.

Avant que je ne puisse lui répondre, un officier de police vint à notre rencontre. Celui-ci conduisit Tonton Abdoulaye dans son bureau tout en prenant le soin de bien me faire comprendre que je devais les attendre dehors. J'aurais bien aimé savoir ce qu'ils allaient se dire à l'intérieur.

Ils ressortirent une demi-heure après, avec un air de satisfaction. Un autre officier nous ramena Tamsir qui était encore bien amoché à cause des coups de matraque qu'il a reçus. Son père murmura quelque chose d'inaudible quand il le vit. Et, on s'en alla.

– Je me demande comment on peut être aussi intelligent à l'école et bête dans la vie, commença Tonton Abdoulaye dès que nous fûmes dans sa voiture.

Tamsir, assis à côté, se contenta de baisser la tête et d'écouter les réprimandes de son père.

– Je me demande même si tu ne triches pas pour avoir d'aussi bonnes notes parce que t'es tellement con, parfois, rajouta-t-il. En un soir, j'ai dû dédommager le vieil homme que tu as cogné, l'accident ne sera pas couvert par l'assurance et ce sera à moi de tout payer. Mais, ce qui me fait le plus mal, c'est que tu as bu. Tu as bu de l'alcool Tamsir, au point d'en être ivre. Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Je t'ai éduqué comme ça ? Dis-moi, est-ce que je t'ai éduqué comme ça ?

–...

– Réponds-moi, hurla-t-il en lui donnant une claque.

– Non Papa, répondit faiblement Tamsir.

– Et le comble, c'est que tu as osé entraîner Bouba dans tout ça ! Il t'as dit qu'il est venu ici pour ces conneries là ? Le policier ne t'as pas bien frappé. Fais-moi confiance ! Tu as voulu te jouer au rebelle, tu verras.

Il conclut sur ces mots. Tamsir me faisait de la peine. Mais, je comprenais la réaction de son père. Le mien aurait fait pareil si je m'étais comporté ainsi.

On arriva à la maison. Lorsqu'on descendit de la voiture, je m'aperçus que tout le monde était déjà debout. La mère de Tamsir accourut aux nouvelles, visiblement inquiète.

– Mon bébé, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

– Oh Maï, tu m'arrêtes ça ! C'est à cause de tous tes chichis là qu'il fait toujours n'importe quoi !

– Bien dit, approuva Léa.

Cette femme avait déjà pris ses aises dans la maison. À croire qu'elle s'était préparée, depuis belle lurette, à être la troisième femme de Tonton Abdoulaye.

– J'ai fait quoi de mal ? s'étonna Tantie Maïmouna.

– Fous-moi la paix ! Je vais dans mon bureau. Que personne ne me dérange !

L'insolence de Tonton Abdoulaye vis-à-vis de sa deuxième femme me choqua tellement que finalement, ça m'irrita. Elle ne méritait pas qu'on lui manque de respect à ce point.

La pauvre dame prit la main de son fils qui assistait à cette scène avec désolation. Ils s'en allèrent, toujours main dans la main, dans la chambre de ce dernier. J'en profitai pour aller rattraper la prière de Fajr avant de me reposer vu que j'avais ultra sommeil. Avant de me laisser dormir, Habiba qui s'était introduite dans ma chambre, me mitrailla de questions.

BOO BAH !BxB! Où les histoires vivent. Découvrez maintenant