Mon alarme sonna, comme d'habitude, à cinq heures du matin. Je n'eus pas à me réveiller dans la mesure où je ne dormais même pas. Je n'y suis pas arrivé. J'avais aussi du mal à quitter le lit. Ça m'aurait bien arrangé de rester là, couché, comme quelqu'un qui n'avait pas de problèmes. Mais le peu de foi qu'il me restait encore m'obligea à me lever pour effectuer ma prière quotidienne.
C'était un jour bizarre. Je n'étais ni de bonne, ni de mauvaise humeur. Je ne faisais qu'exister sans ressentir quelque chose de particulier. Inhabituel comme situation, surtout pour moi. Je ne me comprenais pas et je n'avais pas, non plus, la force pour chercher à me comprendre.
Après la prière, je me recouchai jusqu'au lever du soleil. Adrien frappa légèrement à la porte avant de l'ouvrir et m'annonça que le petit-déjeuner était prêt. Je l'écoutais sans vraiment l'écouter, dans la mesure où il répétait la même chose chaque matin. Là où il attira mon attention, c'est lorsqu'il se rapprocha de mon lit après m'avoir déversé sa réplique quotidienne.
– Bouba, on peut parler ?!
– Je ne suis pas d'humeur là !
– Ça ne va pas durer.
– Bon, je t'écoute !
– Je t'avoue que ce que Tamsir m'a dit la dernière fois m'a beaucoup troublé.
– Hum.
– C'est tout ce que tu trouves à me dire ?
– Bon, ça t'a troublé. Que veux-tu que j'y fasse ?
– Il s'est quand même passé quelque chose de fort entre nous. Je croyais que...
– Écoute-moi bien Adrien ! Je ne suis pas intéressé par toi. Tu comprends ça ? La dernière fois, j'ai couché avec toi juste parce que j'étais excité. C'est tout. Alors, tu arrêtes de m'embrouiller avec tes balivernes là !
– Il a quoi de plus que moi ?
Je soufflai d'exaspération. Il commençait vraiment à m'énerver.
– Je vais te parler comme les Français. Peut-être que là, tu vas comprendre : la vie d'ma mère, tu me casses les couilles !
– Ok ! Je crois que je me suis un peu trop bercé d'illusions. Désolé de t'avoir dérangé. Bonne journée à toi, conclut-il déçu.
Il sortit précipitamment. Une fois tout seul, je regrettai mes paroles. En vrai, tout ce que j'avais dit, je le pensais. Mais, j'estimais que j'aurais dû être tempéré dans mes mots. J'étais, peut-être, allé un peu trop loin. Était-ce le prix à payer pour qu'il me laisse enfin tranquille ? Seul l'avenir nous le dira.
Je descendis prendre mon petit-déjeuner. Il n'y avait que Tamsir à table.
– Bonjour !
– Comment tu vas Bouba ?
– Bien.
– Ça t'intéresse pas de savoir comment je vais ?
– Tamsir ça va ?
– Ça va super bien.
– Ok !
– Tu es bizarre aujourd'hui. Il y a quelque chose qui ne va pas ?
– Non, y'a rien !
– Ah ! Je t'avais pas dit : Sarah et moi, on s'est remis ensemble.
– Hum, c'est bien pour vous.
Il me fixa étrangement durant quelques secondes et prit son téléphone.
– Ta famille te manque ?

VOUS LISEZ
BOO BAH !BxB!
Romance« Je n'arrivais pas à fermer les yeux. Inconsciemment, mon esprit l'attendait. Je me posais mille questions en une seule. Et s'il recommençait ? Mes souvenirs me tiraillaient de tous les côtés. Cependant, j'essayais tant bien que mal de rester opti...