Une heure s'est écoulée depuis le début de l'évènement, les enseignants allaient de-ci, de-là pour rencontrer – enfin – les adultes qui accompagnaient leurs élèves, « les prodiges de demain » comme aimait si bien le dire notre enseignant d'art.
J'observais attentivement mes homologues, ça m'amusait de voir qu'Historia se plaignait de l'attention excessive de sa mère et de voir la tête en décomposition de Connie quand son père prit son fameux bulletin en main. L'angoisse qui me paralysait avait foutu le camp, je profitais enfin de l'ambiance festive. D'un léger signe de la tête je prévins ma mère et son compagnon – dont je n'avais pas encore eu la force de demander son prénom – que je partais rejoindre mon colocataire. Il se retrouvait seul, à fixer à travers la grande vitre qui donnait vue sur le bassin de la cour inférieure.
Sur le chemin je piochais des amuse-gueules sur le plateau des serveurs, la prochaine étape était de réussir à chopper une coupe de vin :
« T'as faim ? Livaï sursauta en posant sa main sur sa poitrine, s'il n'était pas entouré de tous ces gens, il m'aurait certainement insulté de tous les noms.
— Je suis allergique au saumon. T'as vraiment pas de bol.
— Sérieux ? Tant pis, ça en fera deux pour moi. Dis, loin de moi de remettre en cause le perfectionnisme de la jardinière sur ses œuvres florales mais, la fête elle se passe, ici. J'attrapai son menton pour diriger son regard vers le centre de la salle.
— Tu sais que ça me met mal à l'aise. Je baigne en pleine superficialité, ça m'énerve.
— Livaï c'est comme ça que ça fonctionne, que ça te plaise ou non. Je te rassure, tout ce bordel de protocole m'a vite fait vriller aussi mais, ce n'est qu'une fois dans l'année, on peut bien réussir à leur faire plaisir pour cette fois ?
— En vérité il y a une deuxième rencontre en juin.
— Quoi ? Grognais-je.
— Tu ne lis jamais tes mails ou quoi ? Peu importe. Je n'arrive pas à m'y faire, de plus, ma mère ne cesse de solliciter l'attention du président du conseil, quelle sangsue quand elle s'y met.
— D'ailleurs, tu me la présentes ? Il haussa le sourcil, j'veux dire, de loin.
— Crois moi, tu sauras qui elle est quand elle reviendra. Elle ne passe jamais inaperçue. J'acquiesçai silencieusement avant de chopper un énième met sur un plateau.
— Et bien en attendant, je peux te présenter ma mère et son- j'en sais rien, ce mec qui la suis et... Cette femme ? Putain plus je recroise ma mère, plus elle agrandit sa bande. Livaï se retourna vers le centre de la salle en fixant dans ma direction.
— Ta mère c'est la femme au long manteau blanc qui tient un verre de vin blanc en souriant à la grande femme brune ?
— Ouai heu... C'est très descriptif mais tu touches dans le mille.
— Alors je te présente ma mère. Un blanc s'installa entre nous, qui décidément ne gênait que moi.
— Livaï, c'est ma mère.
— Oui ça je l'ai compris. Je dis que je te présente la mienne, qui se trouve être la grande femme brune. Oh putain de merde, de bordel de chiotte de merde ! Le malaise !
— Tu rigoles, dis ?
— Pourquoi je le ferai ? Ma mère est celle qui accompagne la tienne. Je me demande bien pourquoi d'ailleurs, elle doit chercher des nouveaux clients je suppose.
— Clients ? Pour quoi ? Elle est avocate ? Livaï me toisa nonchalamment avant de bouger la tête négativement.
— Tu dois être le seul humain de cette Terre à ne pas avoir ouvert de magasines depuis cette dernière décennie. Respect Eren, t'es un champion. Mon visage se crispa, d'abord de honte, puis de peur.
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L'université est un bataillon d'exploration
FanfictionEN COURS Je venais de rentrer dans l'une des universités les plus prestigieuses de l'Angleterre : Oxford. Oui, l'une des plus prestigieuses universités dans le monde. Oh, beaucoup ne croyait pas que je puisse accomplir un tel exploit, à commencer...