Formalités festives

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Le grand jour était arrivé, tout le campus se comportait comme s'il allait accueillir la prochaine coupe du monde, et contrairement à ce que les doyens pouvaient penser, beaucoup d'étudiants espéraient faire de cette soirée, la meilleure de l'année. Voire, de la décennie. Le bal de fin d'année paraissait quasiment obsolète, pour dire. Étant donné que c'était la première fois que j'y participais, mes espérances ne volaient pas plus haut que l'espoir de ne pas vomir mes tripes.

J'avais hâte de découvrir les cavaliers et cavalières de chacun, même si pour la plupart, les pairs m'étaient déjà connues. Quoique, Jean m'avait parlé d'une personne qu'il avait invité il y a quelques jours, j'ai hâte de découvrir de qui il s'agissait et surtout, de savoir qui aura eu le courage – ou l'inconscience – de le supporter.

Les décorations florales étaient grandioses, j'admirais la précision et l'harmonie des couleurs que le club de jardinage avait choisi. Leur professionnalisme n'était pas reconnu à sa juste valeur, c'était indéniable. En règle générale, les clubs ou associations du campus n'avaient le droit à de la visibilité que quand le groupe en question mettait en exergue le prestige de l'université. L'élitisme évoluait à son paroxysme depuis que le conseil d'administration a pris la décision d'inclure des personnalités influentes dans les financements des masters et conférences en lien avec les intelligences artificielles. Le conseil misait énormément dans ce domaine d'étude... Au point d'en délaisser un bon nombre aussi prometteur...

...

Merde ! Ma cravate s'était encore desserrée... Quelle plaie ce truc. La plaisanterie de devoir se présenter comme si nous assistions au mariage du siècle ! Parce que les seuls papiers que j'irai signer pour témoigner d'un événement, seront ceux qui annonceront que je serai enfin autorisé dans le programme d'étude des souffrances psy.

Ici, l'horloge de l'accueil annonçait « 19 heures », il était désormais plus que temps de rejoindre les autres. De son côté, Livaï m'avait signalé son arrivée vers 20 heures, il allait encore mettre en place un de ses stratagèmes pour éviter de supporter les formalités les plus basiques de la courtoisie. Je me demande ce que sa mère penserait de cela... Livaï a-t-il toujours été ainsi ? Après cette soirée, nous partirons en vacances de Noël, la plupart d'entre nous s'attellerons à des activités diverses, des occupations qui nous feront oublier nos derniers résultats peu concluants.

À quoi Livaï pouvait bien un minimum s'intéresser dans ses périodes de pause ? Considérait-il le principe même de congé ? Je l'imaginais en train de décortiquer les ouvrages d'une bibliothèque voisinant sa maison, ou peut-être bien un château ? Où le fils de la septième fortune d'Europe pouvait poser son séant le temps de quelques jours de répit ? Avait-il des domestiques ? Des chambres à n'en plus savoir quoi faire ? Vivait-il avec sa mère ?... Argh quand je pense que ce crétin d'Eden a fréquenté la mère de Livaï, et qu'il continuait son speed-dating avec la mienne, eurk. Je n'étais pas toujours d'accord avec les opinions de Livaï mais concernant le cas d'Eden, il nous a fallu moins d'une seconde pour convenir de sa médiocrité écrasante.

« Oh Eren ! Tu mates quoi là ? Tu nous accompagnes au gymnase ? »

La voix qui me criait dans les oreilles me parvint si naturellement que j'eus reconnu de suite la voix de Jean. En me retournant vers lui je le vis au bras d'une grande fille, à l'instant où cette dernière releva la tête pour ma saluer, nous eûmes la même réaction. Elle lâcha l'avant-bras de son cavalier avant de courir vers moi, le sourire jusqu'aux oreilles.

« Eren ! Eren je suis si contente de te voir !

— Oh Mikasa ! Tu vas où là ?! C'est quoi cette embrouille ? Eren ! »

Les beuglements de Jean devinrent instantanément une douce mélodie dans mes oreilles tant les retrouvailles avec mon amie d'enfance était improbable. Depuis quand elle était en ville ? Comment connaissait-elle cet abruti de Jean ? Avait-elle vu Armin ?

« Mika tu es... Magnifique ! J'crois bien que c'est la première fois que je te vois habillée comme ça ! Attends il faut que tu m'éclaires sur une chose, t'accompagnes ce gars derrière toi ?

— « Le gars » t'emmerde Jäger ! C'est ma cavalière, va te chercher quelqu'un d'autre dans la rue ! Et puis c'est quoi ce bordel ?! Vous vous connaissez d'où ? J'ai toujours cru que t'étais un pommé fini sans pote avant ta vie ici Jäger ! Mikasa leva les yeux au ciel en constatant de la pertinence des paroles de mon ami.

— Je te laisse lui expliquer ? Je n'ai pas le courage.

— Ton ami est assez... Impulsif Ren. Tu crois qu'il sera toujours capable de parler dans un heure s'il continue de crier comme ça ?

— Laisses le croire qu'il est le roi du monde Mika, j'te jure que sous ses airs de poney, il peut se montrer vraiment cool.

— Il a intérêt, je ne compte pas rester toute la nuit alors ses heures sont comptées. Je suis désolée de ne pas t'avoir prévenu Ren... Ces derniers temps je fais tout à mille à l'heure et-

— Hey, pas de souci Mika. Je suis content de te revoir, même si c'est au bras du mec le moins futé de la ville. Tu es passée voir Carla ?

—... Non pas encore...

— Alors fais en sorte qu'elle ne soit pas encore au courant de ton arrivée, je ne pourrai pas te sauver si ça arrive!  On se voit plus tard ?

— Bien sur ! Attends Eren ! Elle m'agrippa le poignet.

— Oui ?

— Elle est où ta cavalière à toi ? »

Je piquai un fard.

« E-Elle arrivera ! Ne t'en fais pas ! Profites de ta soirée ! »

Ouf, sauvé par l'impatience de Kirstein ! Ce mec était une vraie tornade, je plaignais Mikasa pour l'épreuve qu'elle subira.


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L'université est un bataillon d'explorationOù les histoires vivent. Découvrez maintenant