Notre repas prit fin, mon groupe avait décidé de prendre une autorisation de sortie pour deux heures dans la vieille-ville, nous étions vendredi, c'était le jour de la sortie :
« Dites les gars, personne ne sait pour quelle raison mon voisin de chambre à l'air d'être un humanoïde ? Il est vraiment dépourvu de sentiment, ça commence sérieusement à me faire peur.
— À qui le dis-tu Eren ? Même les professeurs commencent à se demander s'il ne souffre pas de troubles du spectre autistique. Je crois qu'il y a un professeur dans l'équipe pédagogique qui accompagne en dehors de ses heures de cours des personnes atteint de ces troubles neuro-développementaux. Le mec a un CV impressionnant, il a rédigé trois livres sur la situation de ce publique, livres reconnues nationalement. Il arrive facilement à repérer les comportements liés à leur difficulté de communication et de sociabilisation. Pour toi, Ackerman aurait un profil de ce type ? Quand bien même il le serait, ça ne nous concerne pas finalement. Maintenant qu'Historia posait cette hypothèse sur la table, je revis les moments passés en sa « compagnie ». Il était clair qu'il n'avait aucune aisance avec les interactions humaines, il se renfrognait vite et évitait toute dialogue allant plus loin que la formule de politesse. Tout ce qui se disait là, restait des suppositions, des théories. Personne à cette table avait vocation de poser des diagnostiques aux gens. Pour cause, personne ici encore était tenu au courant pour ma maladie. Donc, je ne souhaitais pas qu'on s'acharne à trouver celle des autres. Sans doute fallait-il que j'accepte l'idée de passer mes deux prochaines années avec un voisin dont je ne connaîtrais rien. C'est comme ça.
— Toujours est-il que, il arrive parfois qu'il entrouvre la bouche pour commencer à discuter et instantanément, il éjecte l'idée de sa tête. Comme si rien n'en valait réellement la peine. Je suis sure qu'il a plein de choses à dire, en cours il lui arrive de marmonner des réponses intéressantes. J'veux dire, qui donnent du sens au débat quoi. C'était comme si il s'interdisait de partager sa pensée, ça me fait de la peine. Exemple, en cours d'histoire de l'art, quand tu as parlé Eren, il avait eu envie de rebondir sur ta remarque. La prochaine fois, tu observeras. Poursuivait Sasha en sortant une pomme de terre chaude emballée de son sac. Attends, à quel moment elle- argh, peu importe. Je ne cherchais plus.
— Pour remarquer ça, tu dois sacrément le mater quand même Braus, plaisantais-je. Cela dit, j'y penserai la prochaine fois, merci pour l'information ».
Voilà le résultat, nous nous embarquions dans une expérience sociale étrange dont Ackerman en étant principal sujet. Notre éthique était-elle à revoir ? Carrément. Cela dit, j'aimerai qu'on puisse trouver des alternatives pour pourvoir instaurer une relation avec lui. Premièrement, ça commençait pour moi de connaître son fichu prénom. Je ne me voyais absolument pas l'appeler « Ackerman » tout le restant de l'année, l'angoisse.
Sans transition, cela faisait combien de temps que je n'avais pas appelé ma génitrice ? J'crois bien depuis que j'ai posé les pieds ici. Merde.
...
L'heure de rentrer sonnait, nous nous quittions dans la cour pour nous diriger vers nos dortoirs respectifs. Habituellement la porte de ma chambre restait ouverte, mon voisin y passait la quasi totalité de son temps dedans. Je me sentis bien con quand je réalisais que j'avais pris goût à cela, à déprendre de sa présence dans la chambre. De cela, je m'exemptais de prendre mon propre pass, la bonne surprise quand je réalisai que je ne l'avais pas pris ce soir. La loose, je n'avais plus qu'à attendre son retour...
Une heure passait, puis deux heures, je commençais sérieusement à m'assoupir tel un clébard au pied de la porte attendant sagement son maître. Wow, ma comparaison était quelque peu- :
« Quand je pense que tu ne peux pas faire pire que le jour précédent, tu me prouves toujours le contraire. Tch, qu'est-ce que tu fous là ? C'est ton tripe de dormir par terre ? C'est à l'entente de cette voix morne et froide que je relevais la tête. Bien qu'il ne soit pas enchanté de me voir, moi je l'étais affreusement. Mon lit m'attendait !
— Non c'est que- puis laisses tomber. J'ai seulement que, j'ai zappé mon pass.
— Pourquoi ? Mes yeux s'écarquillaient, comment ça : « pourquoi » ? C'était pas l'heure de débattre sur ma liberté d'action là !
— Que veux-tu ? Je suis une tête de linotte. Soufflai-je en me relevant difficilement. Je n'allais pas lui dire que je prenais plus le pass parce qu'il était toujours terré dans la chambre et que je comptais sur lui pour m'ouvrir. Le culot. Quand je fus enfin debout, un élément m'étonna : sa petite taille. Je le pensais pas immense, mais de là à faire trois têtes de moins que moi, wow.
— Qu'est-ce que tu mates comme ça ? Pousses toi de là, je vais ouvrir. Ses yeux gris, d'un léger reflet bleuté me fusillèrent, j'avais vraiment le sentiment de lui arracher un poumon tant l'effort lui parût exagéré.
Nous rentrions enfin dans la chambre. D'un ton moralisateur il rajouta :
« À l'avenir, penses à le prendre. Je ne suis pas ton tuteur, ne comptes pas sur moi. Aussi, oui, il m'arrive de sortir de la chambre. Je te conseille à l'avenir de ne pas croire que tu connaisses par cœur mes habitudes. Occupes toi de tes affaires et je m'occupe des miennes, ça ne sera que plus bénéfique. Compris Jäger ? Je me raidis complètement après la remarque austère. Sa capacité de déduction me perturbait, je me sentais tellement con.
— Entendu. » Acquiesçais-je presque d'une voix militaire.
...
Personne ne parlait, la pièce était, comme toujours, plongée dans un silence de mort. Il fallait que j'engage une conversation, n'importe laquelle ou j'allais devenir fou :
« Est-ce que tu écoutes de la musique ? Le sujet restait simple, aucun questionnement était susceptible de toucher un certain vécu douloureux, tout du moins je priais pour ça, sinon, sa vie était vraiment pas fun.
— Non.
— Aucune ? Tentais-je de poursuivre. Mes mains trituraient mon oreiller, c'était étrange l'effet qu'il me faisait ressentir. J'avais l'impression de ne pas jamais réussir à attirer son attention de façon complète. Ça me rendait si transparent, je détestais ça.
— Non, aucune. Grogna-t-il en soufflant sur ses bouquins.
— Tu veux que je mette ma play-
— Sans façon, je ne veux rien de ta part Jäger. Ne te sens pas obligé de meubler, ça rend le dialogue ridicule et épuisant. Laisses moi bosser maitenant. Coupa-t-il en se tournant en tailleur vers le mur de son lit. Il m'agaçait franchement là, ses remarques devenaient presque hautaines. Je concevais de devoir prendre sur moi, même si sa réponse était digne d'un nerd agacé de l'humain. Pour autant, je n'acceptais pas qu'on me parle comme si j'étais le dernier des bâtards.
— Tu fais bien chier toi il faut le reconnaître. Pour information, mon putain de prénom c'est « Eren », retiens au moins ça putain. Moi je fais l'effort de me caler sur ton humeur pour le moins imbuvable, rend la pareille si t'es un tant soi peu poli. Il était vraiment putain de détestable ce type.
— Je sais comment tu t'appelles, tout le monde le sait Eren. T'es l'élève qui jacte le plus dans le troisième rang, il est assez compliqué de ne pas remarquer ta présence. Je me mordis la langue pour me contenir du mieux que possible.
— Au moins moi je cause. Attends, comment tu sais que je fais parti du troisi-
— J'viens de te le dire, ta présence écrasante à tendance égocentrique se remarque. » Putain, je vais me le faire, que mes aïeux me retiennent, pitié.
...
Une fois que je fus revenu de ma douche, je revins dans la pièce principale pour ranger mes effets. C'est là que je vis Ackerman mouvoir la tête sur une musique douce qu'il passait dans ses écouteurs. Le salopiaud écoutait bel et bien de la musique, le principe même de me contredire l'amusait. Si moi j'étais égocentrique, lui était clairement le premier des sadiques. Je retirais toutes formes de compassion pour ce mini diable, il était machiavélique.
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L'université est un bataillon d'exploration
Fiksi PenggemarEN COURS Je venais de rentrer dans l'une des universités les plus prestigieuses de l'Angleterre : Oxford. Oui, l'une des plus prestigieuses universités dans le monde. Oh, beaucoup ne croyait pas que je puisse accomplir un tel exploit, à commencer...