Chapitre 19

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CHAPITRE DIX-NEUF

PARTIE UNE – DOULOUREUSES RÉVÉLATIONS

- Vas-t-en !, crie Aloïs., Laisse-moi !

Elsa ne comprend pas ce qui lui arrive. Elle s'était réveillée en sentant Aloïs bouger dans son sommeil, des larmes dévalant ses joues. Il faisait un cauchemar aussi elle avait tenté de le rassurer mais on aurait dit qu'Aloïs était encore dans son rêve, éveillé.

- Je te déteste ! Pourquoi tu m'as fait ça, hein?!

Ces paroles blessent profondément Elsa. Elle a l'impression qu'Aloïs délirait...

- Dégage ! Je te déteste, je te déteste, je te déteste...

Aloïs continue de répéter ces mots encore et encore, comme un mantra, recroquevillé, ses genoux ramenés contre lui. Elsa tente de le toucher mais elle rencontre brusquement le mur derrière elle.

- Ne me touche pas !, hurle Aloïs en la regardant sans la voir.

Ses yeux noirs inspiraient la haine à l'état pur et Elsa était effrayée. La douleur vibre dans son dos mais elle trouve la force de se lever et d'accourir vers la porte ; l'ouvre à la volée et se précipite dans le couloir, les larmes menaçant dangereusement de couler. Elle ne sait pas où elle va mais elle cours tant bien que mal. Elle fuyait. Elle s'éloignait d'Aloïs.

- Pourquoi tu m'as fait ça ?!, entend-elle dans l'écho de ses pas.

Aloïs délirait complètement et Elsa craint à ce moment-là qu'Aloïs allait de nouveau lui faire du mal.

Dans le hall, elle s'arrête et examine ses possibilités de fuite. Une porte, au fond, les marches qui menaient à l'étage ouvert où elle s'était cachée la dernière fois, ou... la grande entrée qui menait vers l'extérieur. Elle ne pouvait pas rebrousser chemin, elle entendait les hurlements d'Aloïs qui approchait. Elle devait faire vite !

La porte, l'étage ou dehors ?

- Je t'aimais ! Et toi, tu m'as laissé tomber !

Elsa ne réfléchit plus, et se précipite vers la porte du fond. Par miracle, la porte n'était pas verrouillée. Elsa crie et se tient à la porte à temps. À ses pieds, le vide, ou du moins, d'autres marches en béton qui menaient vers un sous-sol. Alors, à l'aveugle, elle dévale les escaliers tentant tant bien que mal de ne pas louper une marche et finir sa course la nuque brisée.

- Tu ne m'as jamais aimé !

Il fait froid dans cette grande pièce. Elsa n'a pas le temps de trouver un interrupteur, elle continue de courir jusqu'à trouver un petit renfoncement dans le mur. Puis, elle attend. Plus aucun bruit. Sa respiration est saccadée mais elle se retient de faire le moindre bruit. Les larmes ont séché dans la course mais elle est terriblement blessée. Elle pensait que cet Aloïs était du passé et pourtant, le revoilà, et d'humeur à vouloir faire du mal.

Une porte qui grince. Des pas qui se font entendre pas loin. Aloïs descend au sous-sol. Comme pour se protéger, Elsa ferme les yeux et couvre sa bouche. Elle ne pouvait rien faire d'autre dans le noir.

Une nouvelle respiration. Ce n'était pas la sienne.

- Je vais te faire souffrir autant que tu m'as fait souffrir !

Elsa retient un sanglot, la main toujours serrée contre sa bouche.

Soudain, la lumière s'allume ce qui éblouit la pauvre Elsa qui avait ouvert les yeux instinctivement. Une plainte sort de sa bouche.

Un bruit de claquement se fait entendre. Elsa sursaute. Elle essaie de rester immobile et silencieuse dans ce renfoncement. Les chances de se voir épargner le courroux d'Aloïs étaient faibles. Un deuxième claquement arrive. Plus proche. Plus reconnaissable. Le bruit d'un fouet qu'on claque. Une ceinture.

StockholmOù les histoires vivent. Découvrez maintenant