● Chapitre 11

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M. Vincello desserra très lentement la prise qu'il avait sur son bras, comme pour la faire ressentir encore un peu sa terreur.

Nalia regretta immédiatement son geste. Son cœur battait à une vitesse folle, cognant douloureusement contre sa poitrine, et elle n'arrêtait pas de se confondre en excuses, les lèvres tremblantes, ignorant presque la douleur cuisante qui lui parcourait le bras.

— Je suis désolée, je ne voulais p—

Elle n'eut même pas le temps de finir sa phrase. D'un geste brutal et rapide, M. Vincello s'était déjà saisi de sa gorge, ses doigts se refermant autour de son cou fragile avec une violence qui lui coupa le souffle.

Nalia ouvrit grand les yeux, figée de choc. Sa bouche s'ouvrit dans une quête désespérée d'air, mais seul un sifflement étranglé en sortit. Ses poumons brûlaient et son esprit hurlait. Dans un réflexe de survie, elle attrapa ses poignets, ses doigts s'accrochant à sa peau rugueuse, essayant vainement de desserrer cette emprise mortelle. Mais avec le peu de force qu'il lui restait, c'était comme lutter contre une montagne.

— Écoute-moi bien, gronda-t-il d'une voix gutturale, chaque mot roulant comme une menace. C'est la première et la dernière fois que tu oses lever la main sur moi ! Je ne sais pas pour qui tu te prends, mais ce n'est surtout pas une gamine dans ton genre qui peut lever la main sur moi, t'as compris ?!

Il la secoua violemment, comme une poupée de chiffon, et la douleur lui arracha un gémissement étranglé. Ses oreilles bourdonnaient et ses tempes martelaient, comme si son crâne allait exploser.

Nalia secoua vivement la tête de haut en bas, ses yeux embués de larmes, espérant qu'il la relâche.

— Je veux des mots ! rugit-il, ses doigts se serrant davantage, la peau de sa gorge criant sous la pression. Commence pas à jouer avec mes nerfs, j'ai pas ton temps !

— O... oui, réussit-elle à articuler dans un souffle brisé, réprimant de toutes ses forces l'envie de pleurer.

Il la relâcha subitement. Elle s'écroula lourdement au sol, ses genoux heurtant la pierre froide et humide de la cellule. Elle porta aussitôt ses mains tremblantes à sa gorge endolorie, là où la brûlure de ses doigts restait imprimée comme une marque invisible. Sa respiration se fit haletante, désordonnée. Chaque bouffée d'air arrachée lui brûlait la gorge, mais la présence écrasante de cet homme devant elle l'empêchait de retrouver un souffle régulier.

— Tu as de la chance que j'ai encore besoin de toi, sinon je t'aurais déjà tuée, lâcha-t-il, sa voix dégoulinant de dégoût, de haine et de colère. Et crois-moi, ce n'est pas l'envie qui me manque.

Il se redressa, imposant, la dominant de toute sa hauteur. Ses mains disparurent dans les poches de son pantalon, comme s'il se donnait une contenance, et il se détourna vers la sortie. À quelques pas de la porte, il s'arrêta et lança un dernier regard vers elle.

Nalia devait être pathétique à ses yeux. Elle portait encore la même tenue que le soir de cette vente cauchemardesque. Sa peau, recouverte de poussière et son corps trop faible, trop fragile. Un simple coup de vent suffirait à la faire tomber, comme une vulgaire feuille sèche.

— Ça me tue de le dire, mais t'as intérêt à finir ce plateau si tu veux pas avoir affaire à moi, dit-il froidement.

Il allait sortir quand sa voix, tremblante mais décidée, l'arrêta net.

— Je ne vous donne pas le droit de me parler de cette façon sans même me connaître. Je sais que je suis faible, que je peux mourir d'une minute à l'autre, mais vous n'avez pas le droit de me juger ainsi sans savoir une part de la vérité.

Le Sort Du DestinOù les histoires vivent. Découvrez maintenant