Nalia n'avait pas bougé du lit lorsque Angelo lui a ordonné de descendre manger.
Elle ne connaît pas cette maison et ne sait pas où se situe la cuisine. La jeune femme avait peur de s'aventurer dans ces couloirs aussi somptueux que terrifiants. Elle avait peur de faire une bêtise qui pourrait également mettre, par la même occasion, Angelo en colère.
Nalia n'a pas bougé du lit lorsque la voix d'Angelo lui avait ordonné de descendre pour manger. Ses yeux s'écarquillèrent, la panique s'emparant doucement de son esprit. Elle ne connaissait rien de cette maison, ni le chemin vers la cuisine, ni même la disposition des pièces. Chaque couloir somptueux semblait être un piège, chaque porte une menace. Elle craignait de faire un faux pas, de provoquer la colère d'Angelo, et pire encore, d'aggraver la situation déjà catastrophique dans laquelle elle se trouvait.
Avec précaution, elle s'assit sur le rebord du lit, les doigts crispés sur le drap blanc immaculé. Son regard parcourut la chambre, comme pour chercher des repères. Le lit était immense, digne d'un roi, et les draps d'un blanc éclatant reflétaient la lumière qui se frayait un chemin à travers des énormes fenêtres. Une armoire massive, également blanche, trônait en face d'elle, ses portes ornées de grands miroirs qui reflétaient chaque mouvement, chaque imperfection, chaque frisson de peur.
Elle se leva doucement et s'avança vers le miroir, se postant devant pour s'examiner. Son reflet lui renvoya exactement ce qu'elle redoutait : rien n'avait changé depuis hier. Son visage pâle, ses yeux vides, ses traits fatigués et amaigris témoignaient de sa fragilité. Les vitamines manquaient à son corps frêle, et si elle continuait sur cette voie, elle savait que son existence ne serait qu'un calvaire.
Elle tourna les talons et remarqua une porte près de son lit. La curiosité mêlée à la peur la poussa à l'ouvrir. Une salle de bain se dévoila à elle : une baignoire, plus petite que celle qu'elle avait utilisée auparavant, mais suffisante, et un lavabo imposant surmonté d'un miroir. La pièce respirait le luxe, mais pour Nalia, elle respirait surtout l'inconnu et l'angoisse.
Elle ressortit et se réinstalla sur le lit, les pieds pendant dans le vide. Pourquoi cherchait-elle encore à explorer cette chambre ? Tout cela était temporaire. Bientôt, elle retournerait dans les cellules froides du sous-sol, à pourrir là-bas avant qu'Angelo ne retrouve son père et ne mette fin à leurs vies. Un frisson glacé lui parcourut le dos rien qu'à cette pensée. Mais son opinion ne comptait pas : elle n'a jamais eu le choix.
Elle se leva de nouveau et fit face au miroir. Ses yeux s'écarquillèrent en découvrant les traces de doigts autour de son cou. Elle savait déjà qui en était l'auteur. La peur l'envahit, mais elle savait qu'elle ne pouvait plus rester dans le déni. Ses plaies, encore douloureuses malgré sa tentative de désinfection, lui rappelaient chaque instant de sa vulnérabilité.
Après une longue inspiration, elle attrapa le bord de son pull et hésita avant de le relever pour examiner son ventre. Une larme solitaire glissa le long de sa joue en découvrant l'état de ses blessures. Les bleus marqués commençaient à s'estomper, un soulagement bienvenu malgré les cicatrices persistantes qui parsemaient sa peau. Elle releva son pull un peu plus, pour tenter d'apercevoir son dos. Là, les cicatrices étaient plus nombreuses et profondes, de la nuque jusqu'au bas du dos. Certaines avaient cicatrisé, mais elles restaient effrayantes dans leur étendue.
Nalia ne laissa échapper aucune réaction. Les pleurs ne feraient rien pour réparer son corps. Un sourire triste se dessina sur son visage, nostalgique d'un corps intact qui n'a jamais vu le jour, et pleine d'un espoir fou que peut-être, un jour, elle pourrait retrouver une vie normale.
Soudain, un bruit sec à la porte la fit sursauter. Elle tenta de baisser son pull, mais ses mains tremblantes et le stress la rendaient maladroite. La porte s'ouvrit avant même qu'elle n'ait eu le temps de réagir.
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Le Sort Du Destin
RomanceCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
