● Chapitre 17

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Adelasia entra dans le bureau d'Angelo sans prendre la peine de toquer.
La porte claqua derrière elle, et l'écho résonna contre les murs, brisant le silence pesant de la pièce.

M. Vincello, d'abord surpris par cette intrusion soudaine, fronça immédiatement les sourcils en voyant qu'il s'agissait d'Adelasia. Son visage se durcit, mais au fond de ses yeux, un éclat d'inquiétude perça.

— Adelasia ? Qu'est-ce qui te prend d'entrer comme une furie ? Tu toques toujours d'habitude. demanda Angelo en se relevant lentement de son bureau, contournant la table pour se poster devant elle. Sa voix était ferme, mais une pointe de curiosité trahissait son irritation.

Adelasia, droite comme une flamme, s'avança vers lui, le menton relevé, la démarche déterminée. Ses poings étaient crispés le long de son corps, et chaque muscle de son visage vibrait d'une colère contenue.

— Je n'ai pas le temps pour ça. Je suis venue te parler d'un sujet sérieux. lâcha-t-elle sèchement, le regard brûlant de résolution.

La colère qui émanait d'elle était si intense qu'Angelo en resta un instant interdit. Il arqua les sourcils, surpris par tant de fougue venant de celle qu'il considérait comme une figure de sagesse.

— Et puis-je savoir quel est ce sujet si sérieux ? répliqua-t-il, d'un ton volontairement détaché, avant de pivoter pour se diriger vers le canapé. Il s'y installa avec une fausse décontraction, croisant les jambes comme pour montrer qu'il ne se laissait pas atteindre.

Adelasia, elle, ne céda pas un pouce.

— Ce sujet sérieux s'appelle Nalia. déclara-t-elle, glaciale.

Le nom claqua dans l'air comme une gifle.

Angelo se figea net. Ses épaules se tendirent, ses yeux s'assombrirent. Il fit volte-face, traversant la pièce d'un pas brusque pour réduire la distance qui les séparait. Son souffle s'accéléra, ses narines se dilatèrent sous l'effet d'une colère fulgurante.

— Qu'est-ce que t'as dit ? demanda-t-il, la voix vibrante d'une rage à peine contenue, bien qu'il connaissait déjà la réponse.

— Tu m'as très bien entendue. répondit-elle sans flancher.

— Qu'est-ce qu'elle a fait, cette garce, encore ?! rugit-il en la fusillant du regard. Elle t'a insultée ? Elle a profité du fait que tu sois une femme pour t'amadouer, pas vrai ? Sa voix résonna dans la pièce comme un coup de tonnerre, emplissant l'air d'une violence palpable.

Adelasia roula des yeux, exaspérée par son emportement.

— Arrête de dire des bêtises, Angelo. Tu te trompes sur toute la ligne. dit-elle calmement, mais chaque mot vibrait d'une fermeté inébranlable.

Angelo la fixa, immobile, l'invitant d'un regard lourd à développer. Ses mâchoires se contractaient, et la veine de sa tempe battait sous l'effet d'une tension extrême.

Adelasia inspira profondément, sentant que ses paroles allaient allumer un incendie, mais consciente qu'elle devait les prononcer.

— Nalia n'est pas la femme que tu crois. Je l'ai senti dès que j'ai franchi la porte de sa chambre. dit-elle, d'une voix posée, presque maternelle, comme pour l'empêcher d'exploser. Ce n'était pas du jeu, ni une mascarade. C'était de la peur pure, Angelo.

Le poing d'Angelo claqua dans sa paume, ses veines palpitaient sous sa peau tendue.

— Et qu'est-ce qui te fait croire ça ? Elle a tremblé devant toi, versé quelques larmes ? Tu crois vraiment qu'elle n'est pas en train de jouer avec ton cœur de femme trop compatissante ? cracha-t-il avec mépris.

Le Sort Du DestinOù les histoires vivent. Découvrez maintenant