- Et voici la perle de la soirée ! Notre objet le plus cher !
Nalia aurait voulu que le sol s'ouvre sous ses pieds pour l'engloutir entièrement, plutôt que d'affronter cette masse d'hommes attablés par cinq ou six autour de tables rondes. Leurs regards la traversaient comme des lames : certains sifflaient, d'autres la détaillaient sans pudeur, leurs yeux brillants d'un désir écœurant. Elle sentit son estomac se nouer, ses jambes trembler, son cœur battre si fort qu'elle avait l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine.
Poussée sans délicatesse, elle monta sur un plateau. Elle avança vers le vendeur qui l'attendait déjà, un sourire malsain collé au visage. Lorsqu'elle fut à sa hauteur, il glissa sa main autour de sa taille et la colla contre lui, son torse appuyé contre son dos.
Nalia se raidit de tout son être. Sa peau se couvrit de frissons glacés, comme si chaque pore de son corps criait. Elle haïssait le contact physique depuis qu'elle connaissait son père.
- Comme vous pouvez le voir, mes chers messieurs, cette jeune fille est assez timide, mais extrêmement sauvage et pleine de surprises quand il s'agit d'autres choses... si vous voyez ce que je veux dire ! lança-t-il avec un clin d'œil, déclenchant des éclats de rire dans la salle.
Nalia sentit sa vision se brouiller, ses yeux piquant sous la pression des larmes qu'elle refusait de laisser couler. Quand l'homme se décolla d'elle pour tourner autour, son souffle empestant l'alcool lui effleura le visage.
- Elle possède une bonne paire de fesses et une poitrine à en faire baver même les aveugles ! s'exclama-t-il, sourire carnassier aux lèvres.
C'en était trop. Une étincelle de révolte monta en elle, une bouffée de rage incontrôlable. Elle se retourna brusquement et le repoussa violemment. Le silence tomba, lourd, sur l'assemblée. Les hommes la fixaient, stupéfaits, comme si elle venait de commettre l'irréparable.
Le vendeur, fou de rage, s'approcha et attrapa son poignet, serrant si fort qu'elle crut que ses os allaient se briser.
- Lâchez-moi ! Non, je ne veux pas ! hurla-t-elle, sa voix tremblante, brisée par la panique.
Elle tourna la tête vers les hommes, tremblante de la tête aux pieds, ses lèvres sèches et ses mains glacées.
- S'il vous plaît... aidez-moi... implora-t-elle, son regard suppliant cherchant désespérément une once d'humanité dans cette mer de visages.
Mais il n'y eut rien. Juste des regards froids, avides, comme si elle venait de franchir une limite interdite : celle de parler.
Une gifle violente s'abattit sur sa joue. La douleur brûla sa peau, ses oreilles bourdonnèrent, et elle chancela, manquant de tomber. Le goût métallique du sang remonta dans sa bouche. Elle arrêta immédiatement de se débattre, terrifiée.
- De plus, elle est très obéissante ! ricana le vendeur, reprenant son rôle en la touchant sans la moindre gêne.
Nalia se laissa faire, les yeux vides. À quoi bon ? pensa-t-elle. Personne ici n'avait de cœur, personne n'oserait risquer sa vie pour elle. Ces hommes étaient sûrement des mafieux venus des quatre coins du monde, des monstres déguisés en hommes, habitués à ce genre de spectacle.
- La somme initiale s'élève à 700 000 euros !
Ça y est. La vente commençait.
Nalia sentit ses poumons se comprimer. Elle n'arrivait plus à respirer. Elle savait que supplier ne servait à rien, cela ne lui avait apporté que des gifles et de l'humiliation. Quand elle entendit les prix grimper, sa gorge se serra. Les voix s'entrechoquaient, avides, impatientes. Elle était devenue un pot de miel au milieu d'une ruche d'abeilles enragées.
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Le Sort Du Destin
RomansaCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
