Ethan
J'arrive sans mal à la maison désignée par Joeffrey. Je me gare dans la cour de la maison. J'ai fait énormément de détours, grillé un nombre infini de feux et priorités pour être sûr que personne ne me suive. Et j'en suis absolument certain au moment où je coupe le moteur. Je soupire en passant une main sur mes yeux. Cette histoire aura ma peau. Si ce n'est pas la confrérie, c'est la fatigue émotionnelle qui me tuera. Ma fille...
Je me détache et descends. Jo n'a rien précisé donc j'imagine que la porte est ouverte. Ou alors il est encore plus débile que ce que je pensais. Soudain, une sonnerie me fait sursauter. Je décroche mon téléphone de service. La voix de Will me parvient, étouffée.
— Ethan, comment ça se passe de votre côté et pourquoi diable, je n'ai pas eu de nouvelles ni de toi ni de Jo ?
Je retiens un soupir. J'avais déjà oublié mon petit mensonge.
— Euh, ouais... Pardon, c'était une fausse alerte. Le mec a fini par rentrer chez lui. Il décuvera là-bas.
Will bougonne.
— J'ai bien cru que vous étiez entre-tués et qu'on allait retrouver l'un de vos corps dans la YouCry demain...
Je ricane. L'animosité entre Joeffrey et moi est connue des services. Je sais que j'en suis le seul responsable. Mais quand j'ai découvert son affiliation avec Enola, je n'ai pas pu résister. Je ne pouvais pas continuer à lui parler comme si de rien n'était. Jo n'a fait que répondre à mes provocations après plusieurs tentatives de discussions pacifiques que j'ai déclinées impoliment.
— Enfin Will tu sais bien que si c'était moi le meurtrier, personne n'aurait jamais retrouvé son corps. Et je suis sûr que tu m'aurais couvert au besoin.
Mon ami émet un rire sardonique sans me détromper. Lorsque je suis arrivé à la brigade, j'étais un jeune trou du cul plein de haine, de désespoir et avec un besoin de vengeance surpassant tout le reste. C'est grâce à Will que je n'ai pas fait plus de conneries. Grâce à lui, je suis toujours un petit trou du'c mais au moins, je me sers de ma colère pour être efficace. Notre seule divergence d'opinion a été le dossier de mon père... Pourtant, je ne peux pas lui en vouloir. Le complot est parfaitement monté...
— Bon je vais te laisser, je retourne à mes occupations.
Avant que les dites occupations ne se réveillent...
— Ethan, m'appelle mon ami avant que je ne raccroche. Je sais que tu veux continuer à être de garde au cas où, mais prends soin de toi... Et... pour ce que ça vaut, je suis désolé.
Je déglutis difficilement. Pas autant que moi, Will... Pas autant que moi.
— Merci, mon pote...
Je mets fin à la conversation et me secoue pour rassembler mes idées. Je tourne la tête vers ma maison décrépie et fronce le nez à cause de l'humidité régnante. Dire que j'ai un jour vécu dans ses quartiers pouilleux... J'ai beau ne pas apprécier la froideur de chez mes parents, il n'empêche que je ne crache pas sur le confort. J'imagine que quand on est heureux, on arrive à vivre malgré certaines mauvaises conditions. Alors que si tu n'as déjà aucune source de bonheur...
Je m'approche de la porte et appuie sur la poignée. Le battant s'ouvre aussitôt. Bon Jo n'est peut-être pas plus idiot que ce que je pensais. Je fais rapidement le tour de la maison et heureusement il n'y a personne. Je choisis la pièce la plus reculée, sans fenêtre et surtout la seule qui se verrouille de l'extérieur pour y installer mon invité inconscient. Je remarque les anneaux en fer ancrés dans le mur, comme installés pour accueillir des chaînes. Je grommelle en ressortant. C'est quoi encore cet endroit...
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My Life, My Hell
Mystery / Thriller" Toute personne assassinant sous l'emprise du dilitírio sera exécutée dans les mêmes conditions que ses victimes. Toute affiliation avec ces personnes se faisant appeler les Naufrageurs sera condamnée à perpétuité. " Se faire oublier, voici l'objec...
