« Je crois qu'Alfrina a de l'affection pour moi. Sa voix est plus douce lorsqu'elle me parle même s'il lui arrive de m'appeler Joséphine. Je lui ai demandé qui était-elle et la cheffe m'a répondu d'un œil triste qu'il s'agissait de sa fille. Décédée, il y a longtemps. Et que je lui faisais penser à elle. »
Extrait du journal d'expérimentation d'Enola sous dilitírio
— Je vous ai amené le dossier d'enquête, articule avec difficulté Ethan. Nous pouvons l'étudier ensem...
— Non, le coupé-je. Vous m'avez engagée pour retrouver un assassin, pas pour coopérer avec vous. Je travaille seule.
Ils ne manqueraient plus que les chefs des Naufrageurs qui, je suis sûre, me font surveiller partiellement, sachent que je travaille avec le fils Thierness. Je mets déjà suffisamment en danger Lilou dans cette histoire.
— Et comment comptez-vous lire le dossier ? rétorque Ethan.
— J'ai toujours su me débrouiller. Vous m'avez piégée, je vous ai piégé. Maintenant, nous allons tous les deux remplir notre part du marché. Pas besoin de s'imposer notre présence.
Il ouvre la bouche, mais doit comprendre qu'il est inutile d'insister, car il la referme et pousse un soupir résigné.
— Je veux être tenu au courant de vos avancées.
Je veux, je veux. Tu auras ce que je te donnerais mon grand. Je ne réponds pas et tends la main pour qu'il me donne le fameux dossier. Il grince des dents et je manque de grimacer. Je déteste ce bruit vraiment ignoble. Il ôte son sac de son dos, y farfouille et le papier effleure ma paume. Mais lorsque je referme mes doigts dessus pour le prendre, mon adversaire résiste un instant. J'entends clairement le message subliminal. N'oublie pas ce que tu risques. Un sourire sans joie frétille au coin de mes lèvres. Toi aussi, chéri. Toi aussi... Ethan finit par lâcher l'affaire et je laisse retomber mon bras, les feuilles en main.
Un instant de silence passe, durant lequel aucun de nous deux n'effectue le moindre mouvement.
— Je compte sur vous.
C'est ça...
— Au déplaisir de vous revoir demain, le congédié-je froidement. Pardonnez-moi si je ne vous raccompagne pas. Vous avez su entrer, je pense que vous saurez trouver la sortie.
Il souffle. J'ignore si c'est de dédain ou d'amusement et je m'en fiche. Tout ce que je souhaite, c'est qu'il débarrasse le plancher. Après encore quelques secondes de flottement, Ethan se décide à faire demi-tour, faisant craquer son genou. Je penche légèrement la tête. Son léger sifflement de douleur ne m'a pas échappé. Il a donc une faiblesse dans la jambe droite. Intéressant. Il sort en claquant la porte. Je m'approche et la verrouille derrière lui.
J'inspire profondément en fronçant le nez, dégoûtée par les effluves laissés par l'enfoiré venant de partir. Je crois que si le piège et l'hypocrisie avaient un parfum, il serait ces fichus relents de pêche. C'est pas vrai ! Je frappe de ma paume le battant en bois. Comment peut-il avoir eu ces informations ? La famille Thierness est une famille de notre bourgeoisie moderne. Je vois mal leur fils fréquenter les dealers ou autres criminels. Bien que je ne doute pas de la bassesse de gens de la haute...
J'ai entendu parler du fils de cette famille, mais je n'ai aucun moyen de m'assurer qu'il s'agit bien de l'homme auquel je viens d'être confrontée. Je serre les dents. Pour la première fois, je maudis l'absence de caméra de surveillance dans la boutique. Juline aurait pu l'identifier. Tant pis. Je me reprends en m'assénant une claque mentale. Ok, donc première étape, vérifier l'identité de cet inconnu.
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My Life, My Hell
Mystery / Thriller" Toute personne assassinant sous l'emprise du dilitírio sera exécutée dans les mêmes conditions que ses victimes. Toute affiliation avec ces personnes se faisant appeler les Naufrageurs sera condamnée à perpétuité. " Se faire oublier, voici l'objec...
