Chapitre XXII : Crazy - J2

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« Les médecins ont dit que j'étais enceinte. Je porte un bébé. Un bébé d'Eden. Il n'est pas trop tard pour avorter. Mais est-ce que je veux ? Je veux retrouver le meurtrier de ma sœur. Je veux qu'il paye. Pourquoi la confrérie n'a-t-elle toujours rien fait ? Pourquoi mes parents et la police ont-ils tous abandonné ? »

Extrait du journal d'Enola sous dilitírio

Je sors de la pièce avec difficulté debout sur mes bras. Ma blessure au dos a l'excellente idée de se rappeler à moi à cet instant. Une personne se lève d'un bond et une chaise à roulettes cogne contre un mur.

— Elle est avec moi, affirme Ethan qui devait attendre à l'entrée avec le nouveau gardien.

Je commence à avancer vers lui, vers Lilou. Ma jambe toujours aussi inerte traîne derrière moi. J'appelle vainement mon genou à se plier mais la ligne doit être occupée car personne ne répond au niveau de mes articulations. Mon souffle est court, mes bras me lancent, souffrant du poids de mon corps. Un pas. Deux pas... Allez Enola... Trois pas. Quatre... Quand soudain une béquille est violemment attirée en avant. Je pousse un cri de surprise. Mais une main sûre me rattrape par le coude avant la chute et me redresse.

— Merci, soufflé-je à Ethan.

Je tente de récupérer ma respiration. Je suis déjà hors d'haleine alors que je viens de parcourir à peine dix mètres. Une vive douleur pousse dans ma cage thoracique et me fait grimacer à chaque inspiration. Je tente de reprendre mon chemin, mais je manque de glisser à nouveau. Mes bras tremblent.

— Bon, ça suffit, marmonne Ethan. Restez-là. Je dépose Lilou à la voiture et je reviens vous chercher.

La peur me fait redresser aussitôt la tête.

— Non ! On ne peut pas la laisser seule ! Elle pourrait...

— Je vais verrouiller la voiture, on la voit d'ici, et j'ai mon arme. Lilou ne craindra rien, me rassure-t-il.

Je secoue la tête, obstinément en essayant d'avancer. Mais je glisse à nouveau. Ethan me rattrape encore.

— Faites-moi confiance... souffle-t-il. Je ne vais pas vous lâcher.

Je tente de faire un pas de plus mais soyons réaliste. Je n'arriverai jamais à la voiture. Je tourne la tête vers Ethan et le fixe à travers mon obscurité. Lui faire confiance... Je finis par acquiescer, à contre-coeur. L'homme me lâche avec précaution et s'éloigne à pas vifs. Je guette la direction dans laquelle il se dirige comme si j'allais pouvoir le rattraper s'il s'enfuyait maintenant avec ma fille. Je l'entends ouvrir la porte de la prison et plus rien. Je tente de raisonner mon cœur qui s'emballe.

— Tu viens bêtement de lui confier ce que tu as de plus précieux, là ? me questionne ma sœur.

Je sursaute, manquant de tomber à nouveau.

— Elle vient vraiment de lui confier ce que nous avons de plus précieux, confirme Eden. Alors comme ça, tu penses à me retrouver fille-aux-serpents ? Mais qu'est-ce qui te dit que je voudrais te revoir ?

— L'espoir fait vivre à ce qu'on dit, commente Laurie.

Je l'ignore, attendant qu'Ethan revienne. Car il va revenir...

— Mais oui, il va revenir... Jo te l'a dit. Ce mec est un épris de justice, pas un monstre. S'il avait voulu te faire chanter avec Lilou, il l'aurait déjà fait.

— Moi, je l'aime bien cet Ethan. Il sait ce qu'il veut et ne s'abrite pas derrière de faux semblant.

— Tu aimais tout le monde, Eden, tu n'es pas une référence.

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