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— Mais tu racontes n'importe quoi !

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— Mais tu racontes n'importe quoi !

 — Mais laisse-moi rire, tu bosses h24 et quand t'as des vacances, tu pars je ne sais où avec je ne sais qui.

 — C'est grave faux, c'est toi qui n'es jamais libre, toujours en procès !

 — Trouve des excuses, trouve !

Un éclat de rire m'échappa. Après plus d'un mois sans nous être vues, Meryem et moi nous étions retrouvées cet après-midi en plein centre de Paris. Nous avions profité du beau temps pour aller boire un verre.

— Au fait, tu as des nouvelles de ton mec ?

Meryem avait rencontré son "mec", Ayoub, il y a maintenant trois ans de ça, alors qu'elle était encore étudiante. Très vite, les deux étaient devenus inséparables, mais bien évidemment, rien ne restait rose très longtemps. Étant sur le point d'obtenir son diplôme, elle était restée focalisée sur ses objectifs de vie, ce qui n'avait pas plu à ce dernier qui s'était, selon lui, senti délaissé. Et en tant qu'homme qui se laissait guider par son ego, il avait commencé à lui faire la misère en justifiant ses actions par le manque d'attention que lui portait ma copine. Bien que Meryem fût plus qu'attachée, elle avait fini par jeter l'éponge après avoir découvert qu'il était parti voir d'autres filles pour se réconforter. Mais autant dire qu'il n'était pas d'accord et que sa connerie n'avait d'égale que sa ténacité.

— Oh s'il te plaît, ce clochard est tout sauf mon mec ! 

— Je dois en déduire qu'il n'a toujours pas lâché l'affaire ? 

— Zeyna, j'ai dû ramener mon cousin !! Je ne sais pas si tu te rends compte : il attendait devant mon boulot jusqu'à ce que je sorte pour me parler parce que je l'ai bloqué de partout. 

— Il est revenu depuis ?

 — Non, je crois que le coup de pression qu'il s'est pris lui a fait comprendre la leçon, j'espère. 

— Insha'Allah qu'il ait enfin compris. 

— Je te promets que s'il revient, je porte plainte et je demande une mesure d'éloignement.

Son air exaspéré me faisait plus rire qu'autre chose. Derrière son air fermé et de fille hautaine se cachait une vraie crème. Elle avait grandi orpheline et fille unique, élevée par sa tante maternelle entourée de ses cousins et cousines qui étaient devenus des frères et sœurs. Sa tante habitant l'étage au-dessus, c'est tout naturellement que nous étions devenues amies, d'autant plus que ma mère, prise d'affection pour la jeune enfant qu'elle était, s'était naturellement mise à la considérer comme sa propre fille.

— Sinon et toi, Nana, avec ton rappeur ? 

— Alors déjà, c'est pas "mon" rappeur. 

— Ouais, si tu veux...

Meryem était la seule au courant de ma rencontre avec Tarik et de sa continuité. Elle était la seule avec qui je me sentais assez libre pour me confier, et puis j'avais égoïstement envie de garder tout cela pour nous.

— Non, mais il n'y a rien à dire sincèrement... ça se passe bien, quoi.

 — Je suis heureuse pour toi alors, hbiba.

Son sourire bienveillant m'apaisait. Je savais que peu importe ce qui suivrait, je serais toujours entourée.

[FLASH-BACK]

— Fais attention à toi s'il te plaît. 

— T'inquiète pas, c'est promis. 

— Ouais, ouais... Si la police se ramène, tu ne restes pas là-bas. 

— Zeyna, je ne suis pas débile. Si je vois que ça dérape, je rentre directement.

Je le regardais avec inquiétude. Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais un mauvais pressentiment. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il sortait à des heures tardives, mais aujourd'hui n'était pas un jour comme d'habitude. Comprenant que quelque chose n'allait pas, il prit mon visage entre ses mains, bloquant nos deux regards l'un dans l'autre.

— Rien ne va m'arriver, ok ? Je te tiens au courant de quand je rentre, comme d'habitude, il n'y a rien qui change.

Je me disais que c'était seulement moi qui devais me prendre la tête. Il est vrai que la fac me prenait beaucoup de temps et que j'accumulais de plus en plus de fatigue ces derniers temps. Après quelques secondes à le dévisager, j'hochai doucement la tête pour acquiescer à ses paroles. Avec un léger sourire, il embrassa longuement mon front, comme à son habitude, avant de me saluer et de sortir.

Si j'avais su, j'aurais tout fait pour le retenir avec moi ce soir-là...

Discrètement...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant