Tarik Andrieu x Zeyna Zaïr
Elle ? Douce, souriante, discrète
Lui ? Sérieux, loyal, discret
Comment deux personne vont elles réussir à construire une relation tout en restant des inconnus aux yeux de leur proches
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— T'es sûre de toi ?
— Sûre et certaine.
Le regard de l'un plongé dans celui de l'autre, chacun affichait un air compétiteur.
— Alors, en place madame.
Se positionnant au niveau de la bouche d'égout que l'on avait prise comme point de départ, Tarik m'attendait accompagné de son fameux sourire moqueur.
— J'arrive monsieur.
Je me dépêchai de me positionner à côté de lui avant de mettre en place.
— À trois. Un... deux... tr... TARIK ESPÈCE DE TRICHEUR !
Avant même que je finisse le top départ, l'Algérien avait déjà tracé en direction de la ligne d'arrivée. Bien décidée à ne pas abandonner dès le début, je tentais tant bien que mal de rattraper le brun qui était mort de rire et avait plusieurs mètres d'avance sur moi. Comme il fallait s'en douter, je ne réussis pas à le rattraper et arrivai complètement à bout de souffle plusieurs secondes après lui.
— Bah alors mademoiselle, on est essoufflée ?
— Ta gueule.
Ma réplique le fit éclater de rire, tandis que je le fusillais du regard. Il tenta d'entourer mes épaules de son bras, tentative que j'essayai d'esquiver tant bien que mal, mais je me retrouvai malgré moi bloquée contre son torse. Comprenant que je ne faisais absolument pas le poids face à sa force et que je n'avais aucun moyen de me défaire de son étreinte, je décidai de complètement l'ignorer, regardant au loin avec une moue blasée.
— Bah alors qualbi, t'as perdu ?
Bien décidée à ne pas le calculer, je ne répondis pas, bien trop impliquée dans mon observation des alentours.
— Tu sais, c'est pas grave hein, ça arrive de perdre... surtout face à moi... Voyant mon absence de réponse, il continua son discours :
— En fait, c'est toi qui boudes dans l'histoire.
Piquée au vif par sa réplique, je ne pus m'empêcher de répliquer :
— Non mais c'est une blague ! De un, t'as triché, donc t'as aucun mérite à avoir gagné. Et de deux, je te rappelle que c'est toi qui as câblé pour une simple story, hein !
— Ouais, ouais, si tu veux, madame mauvaise foi.
— Mais alors toi !
Je mis toutes mes forces pour me retourner et tentai de lui asséner un taquet derrière la tête.
— Calme-toi la tigresse. Toujours violents les Arabes de toute manière.
Je ne pus retenir un rire face à sa réplique, rire dans lequel il ne tarda pas à me rejoindre. Nous étions maintenant torse contre torse, ses bras me maintenant toujours contre lui. Je sentais son souffle s'échouer sur mon front dû aux, minimum, dix centimètres de plus qu'il mesurait comparé à moi. Le silence avait pris place, avec pour seul bruit de fond les quelques voitures qui passaient dans les rues adjacentes.
— Au fait, je t'ai même pas demandé, t'as revu la copine de ton frère depuis la dernière fois ?
— Oui, il a voulu la présenter au reste du groupe, donc il l'a ramenée à une de nos soirées.
— Ça s'est bien passé ?
— Mmmmh.
Je lâchai un ricanement face à la moue mitigée qu'il affichait suite à ma question.
— Pourquoi tu rigoles ?
— T'as pas l'air totalement emballé, je me trompe ?
Le brun lâcha un grand soupir avant de répondre :
— C'est pas ça. C'est juste que j'ai du mal avec ce genre de trucs. C'est mon petit frère, j'ai toujours eu pour habitude de m'occuper de lui ou de le protéger. Ça me fait bizarre de le voir construire sa vie, et puis j'ai toujours peur qu'elle lui mette à l'envers.
— T'as peur de donner ta confiance.
— Je donne pas ma confiance aux inconnus. Y'a que ma famille qui compte.
— Et je compte comme une inconnue pour toi ?
La question m'était venue naturellement, sans vraiment réfléchir à l'importance de cette dernière. Mais le silence qui régna pendant de longues secondes me fit réaliser le sous-entendu qui résonnait derrière cette absence de réponse. Poussant doucement sur mes mains qui étaient posées sur son torse, je parvins à mettre une légère distance entre nous, ses bras n'exerçant plus la pression du départ. Sondant son visage de mon regard, je tentais de déceler une réponse plus claire.
— À ce point...
Ma voix n'avait été qu'un murmure. Dire que je ne ressentais rien serait mentir ; j'étais blessée par cette constatation. De voir que le minimum de confiance que j'avais placée en cet homme n'était en fait peut-être même pas réciproque. Je baissai la tête ne sachant quoi dire, me détachant totalement de son corps au passage. Le silence qui régnait n'avait plus rien d'apaisant. Bien au contraire, il était plus que lourd et me donnait une impression de poids sur la poitrine.
— C'est pas ça... C'est juste que c'est... compliqué.
Sa tentative de rattraper la chose ne me rassura pas du tout. J'hochai la tête d'un air résigné sans relever vraiment la tête.
— Il est tard. On peut rentrer s'il te plaît ?
— Ouais, pas de problème.
Je commençai alors à marcher en direction de la voiture sans vraiment l'attendre. Je n'avais qu'une envie à ce moment : rentrer et dormir sans attendre. Autant dire que j'avais du mal à comprendre comment une soirée ayant bien commencé avait pu se terminer comme ça. Je comprenais que la confiance n'était pas quelque chose de simple à accorder, mais nos nombreuses discussions m'avaient poussée à un minimum d'espérance vis-à-vis de cela. Le chemin se déroula dans un silence des plus complets... Bonne soirée, hein.