Tarik Andrieu x Zeyna Zaïr
Elle ? Douce, souriante, discrète
Lui ? Sérieux, loyal, discret
Comment deux personne vont elles réussir à construire une relation tout en restant des inconnus aux yeux de leur proches
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— C'est terminé.
Ces paroles créèrent un sentiment d'horreur qui lui arracha un sursaut. Et d'un seul coup, elle se retrouva dans son lit, haletante et sentant la sueur couler sur son front et le long de son dos. Un cauchemar... ça faisait longtemps, tiens. Regardant l'heure sur son téléphone posé sur la table de chevet, elle comprit que la nuit était finie pour elle et qu'elle ne réussirait pas à se rendormir. S'asseyant alors au bord du lit, la fraîcheur émanant du sol la réveilla un peu plus et la fit revenir à la réalité.
— C'est fini, c'est bon, murmura-t-elle comme pour se convaincre.
Elle passa à la salle de bain afin de se passer un coup d'eau fraîche sur le visage et se changer, puis, en observant la nuit qui était toujours présente, se motiva à sortir courir. Un peu de sport ne pourrait pas lui faire de mal, de toute manière, bien au contraire : cela lui permettrait même d'oublier et de se changer les idées. Enfilant alors rapidement une des tenues de sport qui traînaient dans son armoire et nouant une paire de baskets, elle s'engouffra avec vitesse dans la pénombre. Le quartier était silencieux, comme vidé de ses habitants. En réalité, comme à chaque fois que cela se passait, se dit-elle avant de commencer à courir.
Très vite, ses pas se calèrent à un rythme, bientôt suivis par son souffle qui se fit plus lourd. L'air froid et matinal frappait son visage de pleine face, anesthésiant les extrémités de son corps. Elle tenta de focaliser son attention sur son corps et ses sensations : ses foulées qui se faisaient plus rapides, ses poumons qui la brûlaient à force d'inspirer l'air glacé, les branches qui craquaient sous ses pas... Mais non, la tâche s'avisa être plus compliquée que prévu. Son cerveau ne faisait que ressasser les événements : les lumières aveuglantes, les cris, les détonations, les hurlements, le silence.
Pilant d'un seul coup, elle tenta de reprendre son souffle, les yeux fermés, comme si fermer les paupières allait effacer les images. Sentant les battements de son cœur ralentir, elle les rouvrit doucement puis, observant que le soleil s'était levé depuis un moment déjà, décida de faire demi-tour.
Arrivant à son bâtiment, elle vit que certains jeunes hommes traînant habituellement devant l'immeuble discutaient à voix basse, un air grave sur le visage. Et parmi eux, Samir. Ce dernier releva la tête à l'entente des pas et vint à sa rencontre.
— Salam, ça va, ma sœur ?
— Hamdoullah, et toi ?
— Hamdoullah... tu fais quoi dehors aussi tôt ?
— J'arrivais pas à dormir, je suis sortie courir un peu.
— Zeyna... Il soupira doucement en lui lançant un regard sévère. Tu sais que c'est dangereux, arrête de sortir comme ça.
— Je pouvais pas rester chez moi, Samir, wallah.
Son regard lui transmettait toutes les souffrances qu'elle intériorisait. Il savait qu'elle était forte. Elle avait été élevée dans leur culture : chez eux, la femme était le pilier du foyer, toujours là pour épauler sa famille sans laisser paraître sa tristesse ou sa fatigue. Comprenant qu'il ne pourrait rien faire pour la jeune femme, il se contenta de lui embrasser le front en signe de respect et d'affection. Elle lui offrit un sourire qui se voulait rassurant avant de rentrer dans l'immeuble afin de se préparer, laissant derrière elle le jeune homme qui rejoignit ses amis tout en soupirant.
— Ça lui a rappelé...
— Ouais, je pense.
— C'est une guerrière, cette fille, de toute manière.