Tarik Andrieu x Zeyna Zaïr
Elle ? Douce, souriante, discrète
Lui ? Sérieux, loyal, discret
Comment deux personne vont elles réussir à construire une relation tout en restant des inconnus aux yeux de leur proches
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— Zeyna, comment tu dates !
— Je suis enfin là, désolée, c'est la course en ce moment, je sais plus de quand datent mes dernières vacances.
— Avec les urgences, tu m'étonnes, mais repose-toi, belle, tu vas finir par craquer.
— Jamais, tu me connais bien.
— Malheureusement oui. Bon, je te laisse, je dois aller voir le reste des invités. Meryem est près du buffet, vu que j'imagine que c'est elle que tu cherches.
— T'imagines bien.
Avec un rire, la jeune femme partit en direction du buffet afin de rejoindre sa sœur de cœur. Elles avaient été conviées à l'anniversaire de Celia, une bonne connaissance datant du lycée avec qui elles avaient toujours eu de bons contacts et qu'elles revoyaient de temps en temps. Pour ses 28 ans, elle avait organisé une réception dans une petite salle des fêtes en conviant une cinquantaine de personnes.
— T'es vraiment une grosse dalleuse à squatter le buffet.
Sa meilleure amie se retourna vers elle, les mains portant une assiette remplie de petits fours en tout genre.
— Si tu veux, mais quand y aura plus rien à grignoter, tu viendras pas piocher chez moi.
— Tu sais très bien que si, je vais me gêner, tiens.
— T'es déjà en retard, tu devais pas finir à 19 h ? Il est 20 h 30.
— Si, mais tu connais les urgences, on tombe toujours sur des cas... spéciaux ?
— Mdr, il t'est arrivé quoi encore cette fois ?
— Oh, trois fois rien, j'ai juste aidé une collègue à l'accueil avec une vieille qui voulait obligatoirement qu'on s'occupe de son chat... Va lui expliquer qu'on n'était pas vétérinaires.
— Oh la merde, ça a fini comment ?
— Je sais pas, je me suis enfuie avant la fin, j'ai envoyé l'équipe de nuit à la relève.
Comme à chaque fois qu'elles se retrouvaient, les discussions ne s'arrêtaient pas, passant par tous les sujets possibles. La folle journée que la médecin avait passée la rattrapa bien vite lorsque la fatigue se fit ressentir.
Jetant un coup d'œil à son téléphone, elle vit que le temps était venu pour elle de rentrer à l'appart. Dieu merci, elle ne travaillait pas le lendemain.
— Bon, désolée les filles, mais moi je vais bouger.
Meryem, qui était assise à ses côtés au niveau du bar, se tourna vers elle.
— Il est quelle heure ?
— Bientôt trois heures et je t'avoue que je tiens pas du tout.
— T'inquiète pas, c'est normal, je vais pas tarder non plus. Tu m'envoies un message quand t'es arrivée ?
— Bien sûr, la miss, comme d'habitude.
Après une légère étreinte à sa meilleure amie et une bise à Celia, qui essaya de la retenir quelques minutes, elle sortit enfin de la salle. Rejoignant sa voiture jusqu'au parking, elle ne fit pas trop attention à ce qui l'entourait, trop concentrée à rentrer son adresse sur son téléphone afin de prendre le chemin le plus court.
— J'avoue que je m'attendais pas à vous revoir, encore moins ici.
La voix d'homme retentissant dans son dos la fit sursauter et se retourner d'un seul coup. La main sur sa poitrine, la brune reconnut l'homme qu'elle avait soigné la semaine dernière. Il était adossé à une voiture à quelques places de la sienne, une cigarette entre les lèvres.
— Smeh, je voulais pas vous faire peur.
— C'est rien, mais aborder une femme seule sur un parking à 2 h du matin, c'est pas ce qu'il y a de plus rassurant.
— Je veux bien vous croire.
Il avait toujours son sourire en coin rieur affiché sur son visage, bien loin du visage blasé qu'il avait affiché quand il avait su qu'il allait être en béquilles.
— Votre jambe va mieux ?
— Tutoie-moi, j'ai l'impression d'avoir 60 piges. Et ouais, merci, c'est grâce à toi en plus de ça.
— Oh, c'est du repos en soi, je pense pas qu'on puisse dire que ce soit grâce à moi.
— Si tu m'avais pas dit quoi faire, ce serait toujours dans le même état, donc techniquement c'est grâce à toi.
— C'est pas faux.
— Sinon, tu fais quoi ici, mademoiselle ?
D'un air désintéressé, il souffla la fumée de sa cigarette sans pour autant la lâcher du regard. S'accoudant à sa voiture, elle lui renvoya son sourire moqueur, amusée par la situation.
— Je te trouve quand même bien curieux pour un simple patient.
— Je suis pas n'importe quel patient, je suis ton meilleur patient, avoue-le.
— Meilleur patient... Elle ne put retenir un rire devant ces paroles. Je te trouve bien confiant quand même.
— Ah, il le faut bien, hein.
— Tu as raison, mais je suis pas très sûre que tu sois le meilleur patient comme tu le dis.
— Tu blesses mon cœur.
— Oh, pauvre petit, j'en suis désolée.
— Pas si gentille que ça, la médecin.
— Cette fois, c'est toi qui brises mon cœur.
La réplique lui arracha un rire sincère.
— Pas mal, mais sinon, tu as toujours pas répondu à ma question principale.
— Ah bon ?
— Ouais.
— Quel dommage... Bon, c'est pas tout, mais je vais te laisser, il est assez tard.
— Tu vas pas répondre ?
— À quoi bon ?
— Je vois. Je pourrais avoir un numéro, alors, au minimum ?
— Mmmh, ce serait trop simple, non ?
— Comment ça ?
— Essaye de trouver tout seul, ça devrait pas être très compliqué.
— Un nom, alors ?
— Non plus. Bonne soirée...
Sans attendre sa réponse, la jeune femme grimpa dans sa voiture et démarra cette dernière. Sortant de sa place de parking, elle lança un regard à cet homme qui était toujours près de sa voiture, le regard suivant la sienne. Passant devant lui, elle lui adressa un petit sourire accompagné d'un signe de la main avant de s'engouffrer dans les rues sombres.