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Je vais le trucider ce gosse

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Je vais le trucider ce gosse...

— Attends, t'es sah là ?!!

— Ouais, smeh, mais j'vais pas pouvoir venir.

— Nabil, je vais te rentrer dedans. T'aurais pas pu me prévenir à l'avance au moins ? En plus tu sais qu'on a une tonne de choses à régler.

— Je sais, mais vas-y, un shab a eu une galère, je pouvais pas le laisser dans la merde.

— Quel shab ?

— Tu connais pas, t'inquiète.

— J'espère elle est bonne au moins.

— Hein ? De quoi tu parles encore !

— Eh vas-y, fais pas ton mytho avec moi, je te connais par cœur et surtout on a les mêmes shabs. Je sais que t'es avec une meuf.

— Je suis avec aucune meuf, igo, tu t'inventes des trucs.

— Oe si tu veux, allez passe-lui le salam.

Sans attendre sa réponse, je mis fin à l'appel en soufflant un bon coup. Putain, et dire que je m'étais dépêché parce que je pensais arriver en retard au studio, tout ça pour que ce débile m'appelle à la dernière minute pour annuler notre séance. J'avais même failli mettre à terre une femme, mdrr. D'ailleurs, je sais pas ce qu'elle faisait dehors solo vu l'heure, mais c'était pas le choix le plus safe. Après, chacun ses affaires.

Bon, quitte à s'être déplacé, autant que ce soit pour quelque chose. Je montai les marches qui menaient au studio, bien décidé à me poser tranquillement. En réalité, on avait une tonne de papiers administratifs à régler et même si c'était généralement Nabil qui s'en chargeait — faut dire que j'étais pas une flèche dans ce domaine — ça ne m'empêchait pas de prendre de l'avance.

Surtout qu'en ce moment il semblait assez pris par sa meuf, car même s'il était déterminé à me mentir, j'y croyais pas une seconde. Il était trop le genre de mec à avoir des histoires d'un soir pour se prendre la tête avec des « je dois rentrer tôt », « je suis occupé » ou autres conneries.
En plus de cela, il avait ralenti les sorties avec les gars, sorties que je ne suivais plus depuis un bon moment déjà, ennuyé de passer mes soirées entouré de meufs à moitié nues seulement là parce qu'elles m'avaient reconnu, à me bourrer la gueule et fumer des joints. Nan, c'était plus pour moi ces conneries.

J'espérais au minimum qu'il avait bien choisi sa meuf, vu la dernière en date qu'il nous avait ramenée et qui avait fini par se casser dès qu'elle avait compris que la vie d'artiste ne se résumait pas à gagner un maximum d'argent et partir en voyage tous les mois, mais que cela s'accompagnait aussi de nuits blanches en studio pendant de nombreux mois.

Mettant fin à mes réflexions, je décidai de me mettre au boulot. Me connectant à l'ordi et sortant le premier dossier à traiter, je vis déjà la migraine qui allait m'accompagner en cette fin de soirée. Alors, avec le peu de courage que j'avais et une canette de Red Bull pour tenir la route, je plongeai enfin dans les papiers.

Discrètement...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant