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— Nana ?

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— Nana ?

Je levai les yeux du courrier que j'étais en train de lire pour regarder mon petit frère qui venait de m'appeler. En effet, j'avais profité de mon week-end de repos pour le passer chez mes parents. Cela m'avait permis de les retrouver, eux que j'aimais d'un amour fusionnel, et de passer un peu de temps avec mon petit frère et ma petite sœur.
Ayoub et Selma. Dieu sait à quel point on s'était chamaillés enfants, mais aussi à quel point je donnerais ma vie pour eux. On était les premiers à se moquer les uns des autres, mais aussi les premiers à accourir quand l'un avait besoin.

— Oui ?

— T'as prévu de rentrer à quelle heure ?

— Je sais pas, pourquoi ? T'es pressée que je parte ? Fais gaffe, je vais me vexer hein.

— Quoi ? Non, pas du tout ! Même si j'avoue que vas-y, tu saoules un peu... Aïe, mais c'est bon, pas besoin de me lancer la télécommande, je rigole

— T'as intérêt, microbe.

— Alors déjà, entre nous deux c'est toi le microbe avec tes un mètre vingt de hauteur, là.

— T'oublies trop que je suis ton aînée et que tu me dois le respect, toi.

— Respect ou pas, ça changera rien au fait que t'es un microbe.

— Baba ! Ayoub, il m'embête !!

Oui, j'étais encore une enfant et je savais qu'en tant que fille chérie, mon père prenait toujours ma défense. Ce que je me faisais un plaisir d'exploiter.

— C'est pas vrai, Baba !

— Ayoub, laisse ta sœur tranquille !

— Mais elle ment !

— Laisse-la, je t'ai dit !

Quitte à être une gamine, à la fin je jouai des sourcils avec un air provocant tout en le fixant.

— T'es vraiment une manipulatrice.

— Et fière de l'être.

— Sorcière... sinon j'ai besoin de toi.

— Oula, oui, par rapport à quoi ?

— Y a moyen que tu me déposes quelque part ? Ma voiture est au garage et vas-y, flemme de payer un Uber ou prendre les transports

— Vas-y, tu veux que je te dépose où ?

— Corbeil, s'il te plaît.

— Ah oui, tu me fais faire le tour de l'Île-de-France, quoi.

— Je sais, mais s'il te plait, promis c'est exceptionnel.
— Vas-y, mais tu vas faire quoi là-bas ?

— J'vais juste voir des shabs, ils m'ont proposé un five.

— Ok, bah tu dois être là-bas à quelle heure ?

— Vingt heures, c'est bon pour toi ?

— Oui, oui, t'inquiète.

— Tu gères, nana.

Il déposa un bisou sur le haut de ma tête avant de filer en direction de sa chambre



**Ellipse 2 h**

Mon Dieu, ce que je détestais la circulation parisienne.

— T'as fait quoi à ta voiture, au fait ?

Profitant d'être à l'arrêt, je tournai la tête vers Ayoub, assis côté passager.

— Moi rien, mais y a un petit con qui était sur son phone et qui m'a pas vue freiner, il m'est rentré dedans.

— Ah la merde, y a beaucoup de dégâts ?

— Sah, ça allait, mais ça me fait chier quand même. Heureusement que je suis assuré, quoi.

— Après, comme t'as dit, c'est pas comme si c'était de ta faute, donc tranquille.

— Oui, hamdoullah. Et sinon toi, quoi de neuf en vrai ?

— Comment ça, quoi de neuf, mdr ? On était ensemble tout le week-end.

— Tu m'as comprise, joue pas sur les mots, je te parle de la vie en général.

— Bah écoute, rien à déclarer. Je bosse, je sors de temps en temps et puis voilà.

— T'arrives quand même à faire autre chose que bosser ?

— Oui, t'inquiète, je me prends quelques moments à moi et puis tu sais, j'ai une vie sociale aussi.

— Permets-moi d'en douter. Déjà à l'époque, tu sortais que quand c'était Meriem qui te proposait, et encore, vous étiez deux flemmardes.

Je rigolai en repensant à mes années étudiantes. Meriem était ma meilleure amie depuis la petite enfance. Habitant dans le même immeuble, on avait grandi ensemble, toujours l'une avec l'autre.
Il faut avouer qu'Ayoub avait raison : on détestait déjà sortir à l'époque, préférant rester chez l'une ou l'autre devant un film ou une série.

— Alors excuse-nous de préférer rester au calme.

— Vous aviez juste la flemme de sortir.

— Aussi.

— Vous avez vraiment pas changé, en fait.

— Et non, un problème ?

— Aucun.

— D'ailleurs, elle devient quoi ? Ça fait longtemps qu'on l'a pas vue.

— Elle bosse dans un cabinet d'avocats, c'est pour ça, elle est à fond boulot en ce moment.

— Faut pas qu'elle se tue à la tâche non plus.

— Tu la connais, on l'arrête pas malheureusement.

Suivant le GPS, je tournai pour entrer sur le parking et me garai rapidement histoire de laisser mon frère descendre.

— Et vous voici arrivés, monsieur.

— Grand merci à vous, madame.

— Mdrr, allez vas-y, bouge de là, microbe.

— Bisous ma sœur, rentre bien. Tu m'envoies un message une fois arrivée, hein.

— Promis, bisous.

Sans plus attendre, il ferma la porte derrière lui et se dirigea vers le bâtiment au fond de la cour. Je décidai alors de bouger à mon tour et enclenchai la marche arrière, direction la maison...

Discrètement...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant