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Acte1🟤: Mariage et poids du devoir
"Un mariage est comme une forteresse assiégée, ceux qui sont dehors veulent entrer , ceux qui sont dedans veulent sortir "
Proverbes africain
Ryan.
Je rentre à la villa,
une ombre parmi les ombres,
après l'avoir déposée chez elle.
À peine passé la porte, l'odeur familière des épices et de la cuisson m'accueille, me rappelant que, malgré tout, il y a des choses qui restent constantes.
Ma mère est dans la cuisine, enchaînant gestes et pensées, un ballet silencieux.
— Bonsoir, maman.
— Bonsoir, mon grand. Tu rentres bien tard ?
Sa voix n'est pas accusatrice, mais le commentaire perce à travers moi, une épine de plus à éviter. Je décide de ne pas répondre. À quoi bon ?
Sur la table, un bol de graines d'arachide, abandonné là, probablement par les neveux.
Je m'en empare, laissant les clés de la voiture sur l'îlot.
Ces petites choses sont addictives, presque autant que les pensées sombres qui ne me quittent jamais. Je fais craquer la coquille entre mes doigts, me concentrant sur ce geste simple. Mais la patience n'est pas mon fort ce soir, alors je me sers de mes dents. Pas élégant, non, mais efficace.
Je me demande brièvement pourquoi on ne les prépare pas directement sans la coquille. Est-ce que le goût changerait vraiment ? Peut-être, peut-être pas.
— Hé ! Mange pas tout, proteste mon frère en entrant dans la cuisine.
— Apprends à fermer les yeux, lui rétorquai-je. Tu es parent de trois gosses, non ?
— Et c'est quoi le rapport ? C'est le reste de mes enfants ! réplique-t-il, les yeux pétillants de ce mélange d'amusement et de fatigue qui ne le quitte jamais.
— Ce sont mes neveux, lui rappelai-je.
— Il reste des arachides ? Ne vous battez pas, intervient maman, la voix douce mais ferme.
Je lui laisse le bol et me dirige vers l'armoire pour en trouver d'autres. Maman a toujours des réserves. Je m'installe contre l'îlot, cherchant une position confortable, ou peut-être une manière de me sentir ancré.
— Alors, tu es retourné la voir de ton plein gré aujourd'hui ? insiste-t-elle.
— Ouais, répondis-je, espérant clore la discussion avant qu'elle ne commence.
— Et tu la trouves comment ?
— J'ai pas mon mot à dire sur le sujet, tu te rappelles ?
Elle soupire, et je sens que ça la blesse. Mais la vérité, c'est que ni elle ni moi n'avons eu notre mot à dire dans cette histoire. Nous sommes tous des pions sur un échiquier, bougés par des mains invisibles.
— T'inquiète, maman, il regardait déjà ses fesses, lance mon frère sur un ton moqueur, brisant l'ambiance lourde avec sa légèreté habituelle.
Je lui donne une tape sur la nuque, plus pour le geste que pour la correction, et quitte l'îlot avec mon bol. La terrasse m'appelle, sombre et paisible.
Il me suit.
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JUSTE 5ans, pour t'aimer
RomanceRyan, un homme façonné par les attentes implacables de sa famille, porte le fardeau d'une perte qui l'a laissé froid et distant. Préparé depuis toujours à succéder à son père à la tête de l'empire Longuti, il s'est résigné à vivre selon les règles i...
