Chapitre LXXXII : Fire babe

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( démarrez la vidéo, détendez vous. Bonne lecture 📖)

Acte 5 : Passions et confrontations



J'ai cru que mon cœur allait éclater de tendresse en entrant dans le tien.— Marguerite Duras





Ryan.




Sur le balcon, l'air frais de la nuit glisse contre ma peau et s'engouffre dans mes poumons. Je ferme les yeux, inspire longuement, laissant le froid me traverser les poumons, comme si l'oxygène pouvait aspirer la fatigue et le stress accumulés au fil des heures. Une journée de plus s'achève.

Une journée de plus vers la succession. Ce n'est plus qu'une question de temps.

Le soupir profond de mon frère fend le silence. Je tourne la tête vers lui.

— Provoque pas un sexisme, on pourrait crever ici, lance-t-il d'un ton semi-sérieux, en regardant par-dessus la rambarde.

— Tu tiens à la vie, toi, maintenant ? je réplique, un rictus en coin.

— Ouais... J'ai envie de vivre. En un seul morceau.

— Pour la belle Adeola ? taquine-t-il, malice dans la voix.
Je ne dis rien. Un sourire discret étire mes lèvres. Il comprend.

— C'est devenu si sérieux que ça ?

Je ne réponds pas. Je me contente de fixer l'horizon, les lumières diffuses de Johannesburg ondulant dans la nuit. Mais il lit la réponse dans mes silences. Entre nous, les mots sont parfois superflus.

Depuis qu'on a commencé à fréquenter des femmes, une règle tacite nous lie : quand l'un de nous tombe vraiment amoureux, on arrête de parler des détails. C'est une façon de dire : "Elle compte." Et l'autre respecte ça.

Il me tend la main avec un sourire plus large.

— Toutes mes félicitations, murmure-t-il.

— Fous-moi la paix, rétorque-je , plus pour la forme que pour le repousser.

Il rit doucement, ce rire tranquille qui a toujours su désamorcer mes silences. Son rire  se mêle au mien.

Je me laisse happer par la vue : le ciel au-dessus de nos têtes est parsemé d'étoiles ,Johannesburg tapissée de lumières, palpite comme les étoiles. Les tours découpent le ciel, les néons vibrent sur les vitres, et quelque part derrière nous, la porte vitrée s'ouvre dans un glissement. Des voix s'élèvent, des rires étouffés se mêlant aux effluves de whisky et de cigare.

Les mêmes hommes, les mêmes cinquantenaires aux visages trop bien rodés pour le pouvoir. Ils ne m'effraient plus autant qu'avant. Ce ne sont plus que des vieillards usés, encore assis sur des trônes, mais conscients qu'ils devront les céder. Une ère s'effrite. Une autre se prépare.

Mon frère bâille bruyamment, ce qui me fait bâiller à mon tour. Je sens la fatigue s'épaissir dans mes muscles. J'ai envie de rentrer. Ade doit encore m'attendre. Et cette idée, contre toute logique, me réchauffe.

Un éclat de voix résonne derrière nous, et la porte claque de nouveau. Puis, une bourrasque d'énergie : Harry nous rejoint, son parfum épicé flottant autour de lui, ses bras jetés sur nos épaules.

— Virée en ville, les gars ? Jozy vaut bien mieux que Kigali pour s'amuser !

— Désolé, fait mon frère. Ma femme doit m'attendre.

— Pareil pour moi, je réponds sans détour.

Harry nous dévisage, faussement scandalisé. Lyan me jette un regard lourd de sous-entendus. Je l'ignore.

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