Chapitre LXX : Le luxe de te voir

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Acte 4 : Fragilité et révélation.






"Il n'a pas eu besoin de tout voir pour tout désirer, juste assez pour comprendre que mon corps, c'est un secret qu'il mérite de découvrir."— Bruniverte





Ryan.



J'éteins ce maudit réveil dont les vibrations sourdes tentent de lacérer la fine couche de paix qui m'enveloppe encore. Un soupir discret s'échappe de mes lèvres alors que je tends l'oreille, attentif au silence. Elle dort toujours.

Elle dormait encore  quand je me suis réveillée.

Je me glisse contre son dos, lentement, jusqu'à sentir la chaleur douce qui s'échappe de sa peau sous le drap. Elle bouge à peine, juste assez pour me faire sentir qu'elle est vivante. Elle s'est retournée sur le ventre pendant la nuit, comme à son habitude lorsqu'elle est contrariée.Son bras cache la moitié de son visage, mais je peux entrevoir la courbe de sa joue, ses lèvres entrouvertes et ses paupières qui hier avant écoulé une partie de l'eau présent dans son corps... trahissant ce que je lui ai infligé hier. Une douleur que je n'avais ni prévue ni mesurée.

Un pincement invisible me serre la poitrine. Je ne m'étais pas rendu compte que mon comportement l'avait blessée à ce point. J'aurais cru qu'elle me criait dessus. Je m'attendais à des reproches, à de la colère. Mais elle... elle a pleuré en silence.Une fois de plus, je réalise que je ne la cerne pas. Pas encore.

Je balaie la pièce d'un regard. La pénombre épouse les murs avec douceur, interrompue seulement par les premiers reflets d'un matin timide filtrant à travers les rideaux tirés. Elle les a fermés, pour moi. Même la clim a été baissée — elle a dû grelotter dans la nuit, mais elle l'a fait sans hésiter. Pour que je sois à l'aise.

— Désolé darling, murmuré-je en remontant doucement la couverture sur son épaule nue.

Ma main effleure sa peau, et mes doigts dérivent vers une de ses longues nattes. Elle tombe en cascade sur son dos, douce comme du coton tressé. Je joue distraitement avec ses pointes. J'espère qu'elle n'aura jamais l'envie soudaine de les couper. J'aime ses cheveux. J'aime tout ce qu'elle est, même ce qu'elle cache encore.

Elle remonte le drap jusqu'à son menton, tirant sur la couverture dans un mouvement presque enfantin. Ça la rend plus proche. Elle grogne, une plainte paresseuse à moitié avalée par l'oreiller. J'étouffe un sourire.

J'ai envie de mordre son nez. Ou ses lèvres. Ou peut-être un peu de tout. Mais je me retiens. Mes envies sont là, brutes, prêtes à exploser, mais ce matin, je ne céderai pas à mes pulsions. Pas maintenant. Pas après hier.

Mon cœur s'est fissuré hier en la voyant prête à se donner, juste pour ne pas me perdre. Comme si son corps était la seule chose qu'elle pouvait m'offrir pour rester. Je l'idolâtre, oui. Mais pas de cette façon. Si elle pouvait se voir à travers mes yeux, tout serait plus simple.

Je lui ai dit que je voulais plus que du sexe. Maintenant, il va falloir le lui prouver. Je veux cette femme. Pas seulement sa peau. Je veux ses pensées, ses humeurs, ses colères, ses rires. Tout.

Elle grogne doucement quand mes doigts frôlent son oreiller. Je m'arrête net pour ne pas la réveiller tout de suite. Puis je reprends doucement ses cheveux, les effleurant du bout des doigts. Un frisson me traverse quand sa jambe se frotte contre la mienne sous la couverture. Elle cherche la chaleur. La mienne.

JUSTE 5ans, pour t'aimer Des histoires addictives. Découvrez maintenant