Chapitre XLV : Ce soir

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( démarrez la vidéo la vidéo, détendez vous et Bonne lecture )

Acte 3: Vers l'inattendu.....



Chaque seconde qui me sépare de toi s'étire comme une éternité, et pourtant, l'attente enflamme mon cœur d'une joie impatiente.
Jean Racine,





Adeola.

Je tourne en rond dans cette maison depuis mon retour, incapable de trouver une quelconque distraction. Même Minou, après quelques tentatives de jeu, a fini par se désintéresser de moi. Dieu seul sait où il s'est enfui à présent dans cette grande maison. Le silence me pèse, chaque recoin semble résonner de mon agitation intérieure.

Je monte les escaliers, redescends, ouvre le réfrigérateur, bois un verre d'eau... puis emporte carrément la bouteille avec moi. Mes pas m'entraînent de ma chambre à celle de Ryan. Je ne tiens pas en place, incapable de rester immobile plus de cinq minutes.

Je dois être folle.

Ryan rentre ce soir.

Il me l'a dit ce matin, dans un ton calme et assuré, lors de notre appel avant que je ne parte travailler. Depuis, je n'ai pas l'esprit tranquille.

Peut-être que c'est parce que ces deux derniers jours, je me suis montrée plus provocante que d'habitude. Peut-être un peu trop. Et maintenant, je stresse comme une idiote.

Pourquoi est-ce que je stresse, déjà ?

C'est Ryan, après tout. Rien de nouveau sous le soleil. Ce n'est pas comme si je ne le connaissais pas... Pourtant, cette idée de son retour me fait tourner en bourrique.

Je finis par attraper mon téléphone, comme si le simple fait de regarder l'écran allait me rassurer. Pas d'appels manqués, pas de messages. Rien. Ryan n'est pas du genre à m'envoyer des nouvelles spontanées. Il est sûrement en route. Mais comment ? Train ? Bus ? Avion ? Probablement l'avion. C'est plus rapide, et ça colle avec son esprit pragmatique.

Un bruit soudain me fait sursauter.

Je tends l'oreille, figée. Mais ça vient de la rue. Aucune porte n'a claqué dans la maison. Mon cœur redescend, même si mon esprit continue à s'emballer. Je soupire, nerveuse, et décide de passer un appel. Ife sera peut-être ma bouée de sauvetage, même si je crains qu'elle ne soit avec « Monsieur à lunettes ». Si c'est le cas, elle me snobera, c'est sûr.

À ma grande surprise, elle répond au deuxième appel.

« Yo, Adé... Je dormais », grogne-t-elle d'une voix ensommeillée.

Sa voix traîne, mais je m'en moque.

« T'as demandé après moi, ces derniers temps ? »dis-je d'un ton faussement accusateur

Je cale mon téléphone sur l'oreiller me laissant une vue floue sur son visage encore endormi. J' imitant son geste, posant mon téléphone sur le coussin.

Ife me fixe à travers l'écran, un sourire en coin.

« T'étais pas occupée avec ton mari, toi ? Il est où, pour que tu m'appelles à cette heure ? Vous devriez vous câliner, non ? »

Je fais une grimace qui la fait éclater de rire.

« Lâche-moi, Ife. Il est parti en voyage. »

« Ho... Madame s'ennuie sans le beau-frère. Il est parti où ? »

« Juste au Cap »

« Et tu portes un décolleté quand il est pas là ? T'as un mari de nuit à impressionner, ou quoi ? »

JUSTE 5ans, pour t'aimer Où les histoires vivent. Découvrez maintenant